Manguin, la volupté de la couleur

Henri Manguin, « le peintre voluptueux », désigné comme tel par Guillaume Apollinaire rend hommage au bonheur de vivre à travers des thèmes arcadiens, des nus, des paysages méditerranéens, des scènes de la vie de famille et des natures mortes au travers de 90 oeuvres qui retracent la carrière de l’ami d’Henri Matisse.

La Pinède à Cavalière - Henri Manguin 1906.

Dès ses années de formation, à l’école des Beaux Arts où l’enseignement de Gustave Moreau accompagne les premières expériences impressionnistes, l’artiste fut fidèle à l’expression d’une sensualité heureuse.

Le parcours de l’exposition retrace tout d’abord ses années parisiennes dans l’atelier de la rue Boursault de 1898 à 1904, sa vie avec Jeanne qu’il vient d’épouser, son modèle d’élection. Très tôt Manguin fait preuve d’un talent et d’une liberté dans l’organisation de ses compositions chromatiques, comme La Petite Italienne sur fond d'atelier au mur abstrait.

La couseuse à la robe rouge - Henri Manguin 1907.
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La couseuse à la robe rouge - Henri Manguin 1907.
©F Lepeltier

Son séjour à Saint-Tropez en 1904 marque son passage aux années fauves, il loue la Ramade que Matisse vient de quitter, maison voisine de celle de Paul Signac qui scellera leur amitié. Enthousiasmé par la ville de Saint-Tropez, il peint en une quinzaine de jours plusieurs aquarelles et une dizaine de tableaux qui célèbrent la sérénité d’une Méditerranée encore vierge de touristes. Ses oeuvres montent en couleur, ses tableaux sont essentiellement des nus et paysages acadiens qui en disent long sur son exaltation.

La petite italienne - Henri Manguin 1903.
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La petite italienne - Henri Manguin 1903.
©F Lepeltier

Dès lors, ses séjours sur les bords de la Méditerranée se multiplient, « le Midi m’a été, je crois d’un bon enseignement, et je reviens sinon content de moi du moins avec une impression de grande beauté et la compréhension de beaucoup de choses jusqu’alors inconnues » écrit-il à Matisse le 21 septembre 1905.

L’été 1906 attire Manguin à Cavalière à travers une série de paysages qui confirment ses qualités de coloriste. La pinède à Cavalière, Jeanne à l’ombrelle, souvent Jeanne pose nue dans l’éden méditerranéen. Dès 1908 Manguin évolue, la ligne reprend ses droits, mais fidèle aux qualités qui l’ont rendu célèbre ; il ne renonce ni aux tons purs, ni aux accords des années fauve. Il peint de somptueuses natures mortes et des portraits de Jeanne et de leurs enfants « Claude en rouge lisant » en 1909 est stupéfiant.

Nature morte aux faisans bleus - Henri Manguin 1909.
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Nature morte aux faisans bleus - Henri Manguin 1909.
©F Lepeltier

Puis Manguin déménage, il habite Neuilly où il réinstalle son atelier démontable de la rue Boursault, il voit Vallotton qui l’accueille à Honfleur, les expositions se multiplient en France comme à l’étranger, Bruxelles, l’Allemagne, Moscou, Londres. Une première exposition personnelle est organisée à Paris en 1910 par Eugène Druet, le cercle des amateurs s’élargit avec les collectionneurs russes Morozov et Chtchoukine, puis Arthur et Hedy Hahnloser qui lui commandent le portrait de leurs enfants et collectionnent ses oeuvres. Les Manguin découvrent avec bonheur les paysages de la Suisse. Et quand la guerre éclate, Manguin, réformé, accepte la proposition de Vallotton de mettre à l’abri du conflit sa famille, et s’installe à Lausanne.

Amandier en fleurs, Henri Manguin 1907.
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Amandier en fleurs, Henri Manguin 1907.
©F Lepeltier

Des oeuvres graphiques aux approches techniques multiples sur papier sont présentées dans l’exposition, mine de plomb, fusain, plume ou encre de chine pour le noir et blanc, pastel et aquarelle pour la couleur.  
Dès 1937 les oeuvres de Manguin sont présentées lors d’expositions à Tunis, au Caire, à Berlin, au Canada et en France. En 1940 l’artiste participe à la Biennale de Venise, et de 1940 à 1945 il travaille entre Paris, Saint-Tropez et Avignon.

En 1949 Manguin quitte Paris avec Jeanne pour Saint-Tropez où il décède.

La qualité de cette exposition réside d'avoir pu rassembler pour la premières fois 90 oeuvres, ce qui n'avait pu se faire, ses tableaux dispersés ont été prêtés en partie par des particuliers, sa famille et une dizaine de tableaux sur les 90 oeuvres présentées proviennent de musées et galeries.

Un très bel accrochage et une documentation complète contribue à l’excellence de cette exposition.

Du 14 juillet au 5 novembre 2017 Manguin, La volupté de la couleur au Musée des impressionnismes de Giverny.
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Du 14 juillet au 5 novembre 2017 Manguin, La volupté de la couleur au Musée des impressionnismes de Giverny.
©DR

Du 14 juillet au 5 novembre 2017 Manguin, "La volupté de la couleur" au Musée des impressionnismes de Giverny. Tous les jours de 10h00 à 18h00.
99 rue Claude Monet
27620 Giverny
www.mdig.fr

Article publié le 24 juillet 2017

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