Rencontre design entre talents nouveaux et confirmés

L’exposition « Filiations » organisée par la galerie En attendant les barbares a sélectionné quelques stars du design d’aujourd’hui et de demain. A découvrir du 13 octobre au 17 décembre 2016.

Peut-être un hommage à Eileen Gray, designer fétiche des années 1920 avec ce guéridon baptisé Eileen, en fer forgé et plateau recouvert de feuille d’or rose. Création de Margaux Keller.

Regards croisés

Certains n’ont jamais exposé, d’autres sont considérés comme des créateurs émergents. Les plus connus ont déjà une notoriété. Mais tous n’ont qu’une passion, le design. « Chaque designer a choisi librement le meuble ou l’objet qui l’inspirait : console, lampadaire, guéridon, miroir, lampe. Seul impératif : faire appel aux artisans d’art de la galerie, tel Mr Pierre Basse, ex- ferronnier de Diego Giacometti, qui travaille en exclusivité pour En Attendant les Barbares ». En tout 10 créations et dix noms de designers qui font déjà d’eux parler, ou qui le feront dans un futur proche. On peut faire confiance pour cela à Agnès Kentish, fondatrice de la Galerie En attendant les barbares, découvreuse de talents, qui a édité les premières pièces de Mattia Bonetti et Elisabeth Garouste, dans les années 1980. Aujourd’hui, elle croit dans les créations architecturées de Margaux Keller qui a fait ses classes chez Philippe Starck, dans les idées très artistiques de Philippine Lemaire, remarquée par Eric Jourdan, dans le style glamour de Nika Zupanc, ou la poésie végétale de Célia Bertrand. Quant aux autres designers, Eric Schmitt, Olivier Gagnère, Christian Ghion, Eric Jourdan, Eric Robin, Matt Sindall, leur œuvres résonnent avec celles de leurs cadets ou cadettes, mais aussi avec des designers qui ont été des précurseurs de modernité, du Bauhaus aux années 1950, leurs maîtres et sources d’inspiration, dans un incessant jeu de réinvention des formes. On associerait volontiers le lampadaire Eden d’Eric Robin avec le miroir de Célia Bertrand qui ont choisi Dame Nature comme modèle. Et d’autres œuvres entrent en résonnance  comme le miroir Camélia de Nika Zupanc et le lampadaire Audrey d’Eric Jourdan qui pourraient décorer la chambre d’une star de cinéma des années 1960…

Ce guéridon appelé Pierre, en acier plié et patiné, avec plateau amovible semble revisiter la table à thé et console polyvalente Rivoli d’Eileen Gray réalisée en 1928 ou la table avec plateau Schroeder de Gerrit-T Rietveld du mouvement hollandais De Stijl, dessinée en 1922-23 ; ici dans une version monochrome. Création Eric Schmitt.
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Ce guéridon appelé Pierre, en acier plié et patiné, avec plateau amovible semble revisiter la table à thé et console polyvalente Rivoli d’Eileen Gray réalisée en 1928 ou la table avec plateau Schroeder de Gerrit-T Rietveld du mouvement hollandais De Stijl, dessinée en 1922-23 ; ici dans une version monochrome. Création Eric Schmitt.
©Galerie En attendant les barbares

Un dialogue créatif

Aujourd’hui, le design est pluriel, et le minimaliste graphique des matériaux industriels côtoie le luxe des matières précieuses. L’exposition illustre parfaitement ces deux grandes tendances qui cohabitent aussi dans les choix des décorateurs. « Expérience et maitrise des aînés, fraîcheur et spontanéité des juniors, établissent une complicité esthétique transversale, cimentée par une lecture identique d’un design adossé sur une réalisation parfaitement maîtrisée. » Et pour un « jeune loup » comme pour un créateur d’expérience, un nouveau projet est toujours une aventure, avec une part de risque, une sorte de challenge qui fait grandir et apprendre sur soi et avec l’expertise de l’artisan qui a fabriqué la pièce.

Influence années 1940 pour la Console Grace en laiton et bois laqué d’Olivier Gagnère, qui développe un style néo-classique réactualisé avec élégance.
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Influence années 1940 pour la Console Grace en laiton et bois laqué d’Olivier Gagnère, qui développe un style néo-classique réactualisé avec élégance.
©Galerie En attendant les barbares

Un design de galerie

Contrairement au design industriel qui est fabriqué en grande série, les pièces présentées dans cette exposition sont réalisées en séries limitées, ce qui permet une créativité accrue et plus de liberté aux auteurs pour innover. Toutes les œuvres ont été réalisées en 30 exemplaires numérotés + 4 épreuves d’artiste. Car oui, le designer est aussi un artiste !

Inspiration années 1950 et clin d’œil au designer japonais Isamu Noguchi pour ce miroir signé par le designer Christian Ghion, avec entourage en bois laqué, prénommé Setsuko.
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Inspiration années 1950 et clin d’œil au designer japonais Isamu Noguchi pour ce miroir signé par le designer Christian Ghion, avec entourage en bois laqué, prénommé Setsuko.
©Galerie En attendant les barbares

Renseignements :

Galerie En attendant les barbares
35, rue de Grenelle,
75007 Paris
Tél. : 01 42 22 65 25
www.barbares.com

Esprit années 1930, pour ce lampadaire répondant au doux nom d’Audrey
en laiton et marbre. Création Eric Jourdan.
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Esprit années 1930, pour ce lampadaire répondant au doux nom d’Audrey
en laiton et marbre. Création Eric Jourdan.
©Galerie En attendant les barbares

Deux versions, pour le miroir Gio en laiton ou fer forgé recouvert de feuille d’or rose et une inspiration végétale évidente. Création Célia Bertrand.
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Deux versions, pour le miroir Gio en laiton ou fer forgé recouvert de feuille d’or rose et une inspiration végétale évidente. Création Célia Bertrand.
©Galerie En attendant les barbares

Un petit air de Miro pour ce guéridon prénommé Alex
en fer forgé patiné noir et plateaux recouverts de feuille d’or rose. Création Philippine Lemaire.
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Un petit air de Miro pour ce guéridon prénommé Alex
en fer forgé patiné noir et plateaux recouverts de feuille d’or rose. Création Philippine Lemaire.
©Galerie En attendant les barbares

Article publié le 12 octobre 2016

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