Christo et son prochain projet dans le Colorado ! OVER THE RIVER !

Il existe des passionnés qui vivent de leurs passions, des passionnés qui ne les réalisent jamais et puis il vous arrive de rencontrer quelques personnes exceptionnelles qui gèrent leurs passions … dans ces gens d’exceptions, il faut compter sur le couple Christo et Jeanne-Claude qui ont marqué de leurs empreintes éphémères, l’art contemporain.

Voir plus loin
Tout projet commence par une idée folle, puis après des mois et des mois de travail avec une équipe de spécialistes, un cahier des charges complet, attractif, technique, artistique, visionnaire et surtout respectueux de l’environnement dans lequel il sera implanté va voir le jour….. Tous les projets se veulent participatifs avec des présentations aux responsables et aux populations locales… Le couple va travailler dur, pour présenter et représenter l’étude jusqu’ à pouvoir définir un programme abouti et proche de la perfection qui aura le vert de tout les concernés….

Ce jour la, va sortir de terre une œuvre d’art éphémère accessible au plus grand nombre pendant seulement quelques jours. N’appartenant jamais à une seule personne mais au plus grand nombre, l’œuvre restera dans la mémoire collective à travers des croquis, des photos et des souvenirs plein les yeux de ceux qui auront la chance de la traverser… Elle restera dans la mémoire collective, comme la trace du premier pas de l’homme sur la lune, qui s’efface avec le vent mais sont éternels.

Homme d’affaires, Christo gère son projet en vrai chef d’entreprise, car il désire garder une entière autonomie financière pour sa création. C’est grâce à la vente des croquis réalisés de sa main, de livres analysant le travail de préparation, qu’il réunit l’argent nécessaire au montage de l’ouvrage.

Orphelin de son épouse avec qui il vivait en parfaite symbiose, Christo continue son travail avec autant de passion. (Chose peu banale, ils étaient nés le même jour et à la même heure, des jumeaux astral). Sa disparition en 2009, donne encore plus d’envie à l’artiste de faire aboutir ce dernier chantier qu’ils avaient rêvé ensemble en pleine communion, le livre qui est édité par le galeriste Guy Pieters en est la preuve. Il n’en parle peu, mais on sent encore la présence de Jeanne-Claude, qui était plus qu’une épouse, une complice qui depuis l’arrivée de l’artiste en 1958, l’avait accompagnée d’œuvre en œuvre !

Tout avait commencé par « Iron Curtain » un mur de barils de pétrole en réaction avec la construction du mur de Berlin. 240 barils, haut de 4,30 ml. Suivent de grandes réalisations comme « Valley Curtain » comme l’indique le nom, il représente un rideau couleur safran qui traversait déjà une vallée de l’état du Colorado. « Running Fence » en souvenir de la muraille de chine…... « Surrounded Islands » ou l’ajout d’une barrière de corail synthétique.

En 1985 au plus grand bonheur des français, ils réalisent l’emballage du « Pont Neuf » ! Christo, nous explique le choix de ce pont parmi tous ceux que compte la capitale ; ce fut le premier pont qui a offert les perspectives de la Seine sur la Capitale des lumières. Chef d’œuvre architectural, il est un de monument les plus représentés par les peintres à travers le temps.

A quoi suit le « Parasol Bridge », le plus coûteux. Il ne compte pas moins de 3 000 parasols de 6 ml de haut et de 8,66 ml de diamètre : bleus 1 340 au Japon et 1 760 jaunes en Californie. Sans oublier l’emballage du Reichtag et « The Gates » à Central Park !

Pour son prochain monument intemporel et éphémère, il revient dans l’état du Colorado avec « Over the River ». Implanté à quelques 2.500 mètres d’altitude, des kilomètres d’une rivière seront surmontés d’un immense vélum composé d’une toile ajourée en polypropylène et métallisée coté ciel permettant à la lumière du jour de s’y réfléchir et de la traversée et ainsi y apporter son lot de couleurs.

Le choix du site a été fait en partie par la beauté du décor, mais aussi pour son orientation par rapport au levé du soleil ! Des orages courts donneront des flashs aléatoires….pour compléter les effets spéciaux. On ne compte pas moins de 300 000 rafteurs dont les plus chanceux passeront sous l’œuvre éphémère (14 jours).

Un travail de titans est à la source des besoins techniques de l’ouvrage : 7000 piliers enfoncés de 7 ml dans le terre pour soutenir des câbles qui vont traverser la gorge de la rivière avec des dénivelés allant jusqu’à 70 ml de haut et avec des largeurs qui varient de 15 à 50 ml, le tout devra soutenir le vélum mais aussi les poseurs qui travailleront tout au long de la présence de l’édifice.

Le site est suivi d’un coté par l’autoroute et de l’autre coté par la ligne de chemin de fer, ce qui ne facilite pas le travail de ses 5 000 poseurs qui attendent avec impatience le feu vert de l’Etat fédéral américain qui possède pas moins de 20% des Etats Unis et dont l’avis sera décisif.

Ce travail est à découvrir à la galerie Guy Pieters au 2 avenue Matignon dans le quartier de l’art contemporain de la rive droite. Guy Pieters est plus qu’un découvreur d’artistes, très jeune il a fait ses premiers pas dans la vente d’œuvres d’art dans le tabac de sa maman à Lathem-Saint-Martin. Ville très connue en Flandre à coté de Gand, pour son école de peinture où été formés de nombreux artistes depuis la fin du 19ème siècle. De grands noms de l’art contemporains ont permis à Guy Pieters d’être l’ambassadeur de talents comme Niki de Saint Phalle, Pierre Aleschinsky et dernièrement Wim Delvoye. Une exposition à visiter jusqu’au 23 janvier 2010.
Article publié le 29 novembre 2010

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