Culture Chanel : Le N°5 se raconte au Palais de Tokyo

Si vous êtes curieux au point de tout vouloir connaître du N°5 de Chanel, plus que quelques jours à attendre avant l’ouverture de l’exposition que lui consacre le Palais de Tokyo à Paris, du 5 mai au 5 juin 2013. Suivez le guide, pour découvrir les 5 clés sur ce mythe qu’est devenu ce parfum.

S’il a changé 5 fois de design, le flacon du parfum Chanel N°5,  à la fois brut, minimaliste et précieux, reste universel et reconnaissable entre mille.
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Hasard ou coïncidence !.... Le Numéro 5 est omniprésent…

A la question « quel nom allez-vous lui donner ? », Mademoiselle Chanel répliqua : « je lance ma collection le 5 mai, cinquième mois de l’année, laissons-lui donc le numéro qu’il porte, et ce numéro 5 lui portera chance ». On raconte que Chanel renforça sa croyance dans le pouvoir de son chiffre magique, tant elle attendait chaque année le cinquième jour, du cinquième mois pour présenter sa collection d’été. Et, fait du hasard, ou pure coïncidence, l’exposition démarre le cinquième jour du cinquième mois de cette année, et se termine le cinquième jour du sixième mois….

Edmonde Charles-Roux journaliste et écrivain, publie en 1974 « L’irrégulière », une biographie de Gabrielle Chanel, dans laquelle elle retrace les origines de mademoiselle Coco, une orpheline née à Saumur, qui deviendra une femme indépendante et ambitieuse. En 2004, dans « Temps Chanel », la romancière retrace la vie de la créatrice en photos.
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Edmonde Charles-Roux journaliste et écrivain, publie en 1974 « L’irrégulière », une biographie de Gabrielle Chanel, dans laquelle elle retrace les origines de mademoiselle Coco, une orpheline née à Saumur, qui deviendra une femme indépendante et ambitieuse. En 2004, dans « Temps Chanel », la romancière retrace la vie de la créatrice en photos.
©Collection Edmonde Charles-Roux

Le brief du N°5

Gabrielle Chanel voulait un parfum qui ne ressemble à aucun autre, qui sente bon, qui lui ressemble, avec des facettes multiples et contradictoires, des élans charnels et pudiques, à la fois léger et mémorable. « Un parfum fabriqué, donc composé » aurait-elle dit.

Il est clair que la femme Chanel ne devait pas sentir uniquement la rose… Ce devait être pour elle « une brassée de fleurs abstraites ». Abstraites ? Tendance ou influence de l’époque ? Max Ernest, Picabia, Picasso, amis et artistes auprès de Chanel, l’ont-ils inspirée à donner naissance au premier parfum abstrait. Le N°5 est-il la première œuvre d’art olfactive ?

Dévoilé pour la première fois en 1921, le parfum Chanel N°5 reste indémodable. Universel et intemporel, il est aujourd’hui l’un des parfums les plus connus au monde.
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Dévoilé pour la première fois en 1921, le parfum Chanel N°5 reste indémodable. Universel et intemporel, il est aujourd’hui l’un des parfums les plus connus au monde.
©Chanel

Le N°5 vient de loin….

De Grasse (laboratoire d’Ernest Beaux), il traverse les jardins, les pays (Les Etats-Unis, Japon…), les livres (Edmonde Charles-Roux, Paul Morand, Cocteau, Claude Delay..).

Il est aussi par une histoire d’amour avec Boy Capel, et représente pour Jean-Louis Froment, le commissaire de l’exposition « la part manquante de Gabrielle Chanel ».

Harper’s Bazaar est le premier magazine à publier des photos des créations de Coco Chanel. En 1937, dans sa chambre du Ritz à Paris, la créatrice se met en scène pour la première fois dans le même magazine, pour promouvoir son parfum.
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Harper’s Bazaar est le premier magazine à publier des photos des créations de Coco Chanel. En 1937, dans sa chambre du Ritz à Paris, la créatrice se met en scène pour la première fois dans le même magazine, pour promouvoir son parfum.
©François Kollar, Ministère de la Culture

Les 5 secrets du N°5

1 Une fabuleuse histoire

1921, Gabrielle Chanel règne sur la mode parisienne, et pour compléter son total look, Coco Chanel est le premier couturier à lancer son parfum, le N°5. Ce dernier est révolutionnaire, et bouleverse tous les codes de la parfumerie de l’époque par son nom, facilement mémorisable, ne nécessitant aucune traduction pour franchir les frontières, et son flacon carré, presque brut, cristallin, minimaliste.

Philippe Halsman est un photographe américain de l’agence Magnum, connu notamment pour ses portraits personnalisés, qui ont fait plus d’une centaine de fois la une du Times et de Life. A partir de 1940, il travaille avec Dali, qu’il représente en 1954 sur le flacon du très célèbre Chanel N°5.
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Philippe Halsman est un photographe américain de l’agence Magnum, connu notamment pour ses portraits personnalisés, qui ont fait plus d’une centaine de fois la une du Times et de Life. A partir de 1940, il travaille avec Dali, qu’il représente en 1954 sur le flacon du très célèbre Chanel N°5.
©Philippe Halsman/Magnum Photos

2 Une composition visionnaire

Ernest Beaux, parfumeur russe du laboratoire Rallet (la première parfumerie française de Russie, fournisseur de la Cour du Tsar) basé à Grasse, est le créateur du N°5. Grâce à ses recherches sur les aldéhydes, et son inspiration tirée des émanations qu’exhalaient les lacs du Grand Nord au soleil de minuit, il élabore une architecture sans note dominante, mais d’une richesse florale étourdissante avec pas moins de 80 composants

Publiée pour la première fois le 1er mai 1926 dans le Vogue français, sous le titre Visage de nacre et Masque d’ébène, elle apparait sous son titre définitif, en 1928. La chanteuse française Alice Prin, alias Kiki de Montparnasse, et modèle du photographe à partir de 1921, est représentée ici le visage allongé sur une table, tenant un masque africain de la main gauche. Si cette photographie joue sur le contraste des couleurs, les deux visages entrent pourtant en résonance, et semblent se répondre.
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Publiée pour la première fois le 1er mai 1926 dans le Vogue français, sous le titre Visage de nacre et Masque d’ébène, elle apparait sous son titre définitif, en 1928. La chanteuse française Alice Prin, alias Kiki de Montparnasse, et modèle du photographe à partir de 1921, est représentée ici le visage allongé sur une table, tenant un masque africain de la main gauche. Si cette photographie joue sur le contraste des couleurs, les deux visages entrent pourtant en résonance, et semblent se répondre.
©FRAC Bourgogne/ADAGP 2013

3 Des matières premières d’exception

A l’origine de la formule, il y a des fleurs d’une qualité exceptionnelle : l’ylang ylang, la rose Centifolia de Grasse, le jasmin de Grasse. Unique, inégalable, le jasmin de Grasse associé à la rose de mai et aux aldéhydes est au cœur du secret de la composition du N°5. Bien que le N°5 ait été le premier parfum à contenir un dosage d’aldéyde élevé, Jacques Polge, actuel parfumeur de la maison Chanel, note que les aldéhydes ne dominent pas la personnalité du parfum. « Si je retire les aldéhydes du N°5, il reste toujours le N°5 », dit-il. Ils font simplement s’envoler la richesse des produits floraux.

Max Ernst et Johannes Baargeld font tout deux partie du mouvement intellectuel, littéraire et artistique Dada, ou Dadaïsme, qui se développe au début de la Première Guerre mondiale, en réaction à toutes les conventions esthétiques, politiques et idéologiques. Cet art abstrait, qui prône le rejet de la logique et de la raison, vise à laisser s’exprimer le désordre de la pensée. Les artistes expriment leur originalité dans des revues, des manifestes et sur des affiches.
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Max Ernst et Johannes Baargeld font tout deux partie du mouvement intellectuel, littéraire et artistique Dada, ou Dadaïsme, qui se développe au début de la Première Guerre mondiale, en réaction à toutes les conventions esthétiques, politiques et idéologiques. Cet art abstrait, qui prône le rejet de la logique et de la raison, vise à laisser s’exprimer le désordre de la pensée. Les artistes expriment leur originalité dans des revues, des manifestes et sur des affiches.
©Courtesy Galerie Natalie Seroussi

4 Une réalisation sous haute protection

Jacques Polge est le garant du niveau d’excellence exigé par Chanel, dans la production du N°5. Malgré les contrôles analytiques et olfactifs réalisés à partir de techniques des plus sophistiquées, l’ultime vérification du parfum  demeure à l’appréciation du nez du parfumeur. De son côté, le flacon reçoit tout autant d’attention à sa parfaite réalisation (baudruchage réservé uniquement à l’extrait, accompagné d’un cachet de cire au sceau « du double C » garantissant l’inviolabilité de ce dernier).

En 1972, Catherine Deneuve devient l’égérie du luxueux et élégant Chanel N°5. Carole Bouquet, Nicole Kidman, Audrey Tautou lui succéderont. Aujourd’hui, Brad Pitt est la première égérie masculine du parfum.
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En 1972, Catherine Deneuve devient l’égérie du luxueux et élégant Chanel N°5. Carole Bouquet, Nicole Kidman, Audrey Tautou lui succéderont. Aujourd’hui, Brad Pitt est la première égérie masculine du parfum.
©Richard Avedon, 1973 The Richard Avedon Foundation

5 Une remarquable image

C’est à Jean Helleu que l’on doit le dessin original de l’habit de cristal du N°5. En revanche, le gardien du trésor fût Jacques Helleu, l’élégant directeur artistique de la maison décédé en 2007, qui va ancrer la communication du N°5 dans des codes spécifiques : formalisant les références à l’esprit de Gabrielle Chanel accompagné d’un vocabulaire inimitable. Son œil rigoureux donnera à l’image du N°5 sa force et sa formidable unité. C’est à lui que Chanel doit son visage, au travers des égéries telles Suzy Parker, Catherine Deneuve, Carole Bouquet… pour n’en citer que quelques unes, photographiées par les plus grands noms (Richard Avedon, Helmut Newton, Irving Penn, Patrick Demarchelier…). Et pour clore, Richard Avedon réalise  à New York en 1969, le premier film scénarisé, consacré au N°5.

Si elle n’a jamais été une égérie du Chanel N°5, Marylin Monroe a tout de même participé à sa popularité lorsqu’elle a affirmé en porter « une goutte pour dormir ». Cette photo de l’actrice, prise sur le vif avant la première de la pièce de théâtre « Une chatte sur un toit brûlant », participera aussi à la renommée du parfum.
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Si elle n’a jamais été une égérie du Chanel N°5, Marylin Monroe a tout de même participé à sa popularité lorsqu’elle a affirmé en porter « une goutte pour dormir ». Cette photo de l’actrice, prise sur le vif avant la première de la pièce de théâtre « Une chatte sur un toit brûlant », participera aussi à la renommée du parfum.
©Ed Feingersh, Michael Ochs Archves/Getty Images

Qui ne connaît pas la fameuse réponse de Marilyn Monroe à la question « Que portez-vous pour dormir ? » : « Quelles gouttes de N°5 ! ».

 

Palais de Tokyo
13, avenue du Président Wilson
75016 Paris
Entrée par le 2, rue de la Manutention
Tél : 01 81 97 35 88
Ouvert tous les jours sauf le mardi, de midi à minuit

www.palaisdetokyo.com

Inauguré en 1937, en tant que Palais des Musées d’Art Moderne, l’aile ouest abrite depuis 2002, le Palais de Tokyo qui s’étend aujourd’hui sur 22 000 m², ce qui en fait l’un des plus grands sites européens dédiés à la création contemporaine. Sobre et monumental, le Palais de Tokyo est un lieu interdisciplinaire consacré à la création contemporaine sous toutes ses formes (peinture, sculpture, mode, danse, littérature)… qui se veut moins formel que les autres musées, souvent plus classiques.
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Inauguré en 1937, en tant que Palais des Musées d’Art Moderne, l’aile ouest abrite depuis 2002, le Palais de Tokyo qui s’étend aujourd’hui sur 22 000 m², ce qui en fait l’un des plus grands sites européens dédiés à la création contemporaine. Sobre et monumental, le Palais de Tokyo est un lieu interdisciplinaire consacré à la création contemporaine sous toutes ses formes (peinture, sculpture, mode, danse, littérature)… qui se veut moins formel que les autres musées, souvent plus classiques.
©Thierry Depagne

Article publié le 30 avril 2013

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