La Pinacothèque de Paris ou la naissance d’un musée

De l’espace culturel au musée permanent, le pas a été franchi : la Pinacothèque se révèle être un des musées les plus courus de la capitale. Elle accueille une partie des collections des princes Esterhazy.

Portrait d'un jeune homme au chapeau, par Greuze, collection Romanov
Un musée vient de naître à Paris, alors que depuis 3 ans déjà les passionnés d’œuvres d’art se bousculaient place de la Madeleine pour admirer des pièces de passion. Selon Marc Restellini, la Pinacothèque se présente comme un lieu où le privé « offre » ses œuvres au public. C’est un boudoir, un cabinet de curiosités, un endroit personnel que le collectionneur arrange selon ses goûts et aime à faire découvrir au grand public. Il ne s’agit pas d’accrocher ci et là des tableaux, de juxtaposer des toiles ; mais de faire vivre des œuvres, de les montrer en des thématiques transversales afin d’éduquer le public, de faire partager la passion d’un collectionneur.

Pour naître, ce musée s’est inspiré d’hommes hors du commun tels que les Rothschild pour Le Louvre, les Camondo pour le musée du parc Monceau, les Rockefeller pour le Moma new-yorkais, les Mellon pour la National Gallery de Londres. Pour sa toute première présentation d’œuvres, la Pinacothèque s’intéresse donc à deux familles des Romanov et des Esterhazy, deux familles nobiliaires dont les membres ont, parallèlement à leur carrière, constitué des collections, témoignages concrets de leur passion pour l’art.

Hongrois d’origine, les Esterhazy fidèles à la cour impériale des Habsbourg ont servi l’Autriche du XVII au XIX ème siècle. La collection constituée au fil des siècles atteint son apogée avec Nicolas II, un mécène et amateur très éclairé qui possède à sa mort en 1833 quelques 1156 tableaux. Dans l’embarras financier, la famille vend à l’état hongrois sa collection en 1870 et celle-ci forme aujourd’hui le noyau principal du musée des Beaux-Arts de Budapest.

L’exposition qui dure jusqu’au 29 mai prochain permet d’admirer de très belles pièces et couvre diverses écoles. Parmi les nombreuses toiles on peut admirer, pour l’école italienne, une « Vierge à l’enfant » de Raphaël, les « Pèlerins d’Emmaüs » du Tintoret, la place della Signoria de Florence de Bellotto ; pour l’école espagnole un Murillo représentant la Sainte Famille et Jean-Baptiste ; pour l’école française un Claude Gellée dit Le Lorrain avec sa villa dans la campagne ; pour les écoles du Nord, un portrait d’homme de Frans Hals, une scène de chirurgie de Teniers le Jeune.

Non moins belle et impressionnante, la collection des Romanov, tsars collectionneurs, exhibe Rembrandt, Jan Steen, Lancret, Lancret, Chardin, Velasquez, Vigée Le Brun, Pater, Wouwerman.

La présentation conjointe de ces deux collections permet à la Pinacothèque de montrer le goût des élites européennes au début du XIX ème siècle et d’admirer la richesse artistique d’une époque hélas révolue.
Avec les expositions précédentes de Soutine, des soldats chinois de l’éternité, de Pollock, d’Utrillo, de l’âge d’or hollandais, de Munch, de l’or des Incas, la Pinacothèque se positionne comme un musée à part entière et majeur de la capitale.

Pinacothèque de Paris
28, place de la Madeleine
75008 Paris
Tél : 01 42 68 02 01
www.pinacotheque.com
Article publié le 11 février 2011

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