Le 114 Faubourg

En s’agrandissant d’une aile, Le Bristol, fleuron des hôtels de prestige parisiens, a créé une table brasserie - bistrot haut de gamme avec le 114 Faubourg.

Au rez-de-chaussée, l'espace grill
Septembre 2009 : la famille Oetker ouvre la nouvelle aile de son palace parisien, le Bristol, et par là même occasion un nouveau restaurant, le 114 Faubourg. Mais l’accueil par la presse et le public est excessivement mauvais et mal perçu : on critique le lieu vu côté décoration comme un antidote à la morosité urbaine, on fustige la cuisine seulement bistrotière et les prix demandés pour un œuf mayonnaise. Ces critiques étant en partie justifiées, j’ai préféré attendre pour vous parler de ce lieu, laisser l’établissement se rôder et prendre ses marques, d’autres marques.

Certes la décoration n’a pas bougé ; mais si elle a choqué en pleine crise et en un temps « anti bling-bling », elle demeure néanmoins jeune et vive avec de très gros dahlias colorés sur fond de murs orange et les beaux jours du printemps lui vont bien alors qu’elle peut paraître insolente dans la grisaille de l’hiver. Cette profusion envahissante de fleurs se glisse autour d’un majestueux escalier en fer forgé allant à l’espace grill.



Pour une cuisine aussi qualitative, les prix de la carte se sont grandement assagis même s’ils restent élevés ; mais il faut « faire avec » le quartier et avec cette hôtellerie grand luxe. Néanmoins, les « à côté » comme la bouteille d’eau minérale, le café, certains vins ont été revus à la baisse : le message a donc bien été compris.

En cuisine, c’est Eric Desbordes qui officie ; un jeune de 28 ans qui a fait son apprentissage au George V et à l’atelier de Robuchon. Il s'est vu adoubé par l’étoilé local Eric Frechon. Son œuf mayonnaise gingembre citron est toujours là mais il a été anobli par du crabe géant (22 €). Très fraîche la tarte fine au chèvre frais et aux légumes croquants peut constituer une très agréable entrée, elle aussi à 22 €.

Comme plat principal, c’est vous en quelque sorte le chef, puisque vous commandez votre type de cuisson (vapeur, plancha ou grillés pour les poissons et snackées ou grillées pour les viandes) et votre sauce (classique type câpres, beurre provençal, aux herbes, rossini ou sauce du monde comme beurre d’algues nori, satay, curry, tamarin, gingembre confit, soja). Au choix ainsi du bar, une grosse sole, des St-Jacques, un filet de bœuf ou de canard, une entrecôte de veau. Chaque plat tourne autour des 45 € ; à défaut de ce choix existe la possibilité de la broche du sous-sol pour un carré d’agneau, du poulet landais et du cochon laqué. Plus sages, les prix avoisinent les 38 €. Avec cette offre là, le client peut manger exactement selon ses souhaits.

Les desserts sont, hélas, sur un registre très classique de cuisine bistrotière haut de gamme avec un mille-feuille à la vanille et son filet de caramel, un mi-cuit au chocolat pompeusement appelé « tarte soufflée au chocolat grand cru », un parfait glacé au café et ses noix de pécan, des glaces et des sorbets au choix. Ceux-ci sont proposés à 18 €.

En cherchant bien, vous pouvez trouver quelques bouteilles abordables et au verre le Puligny Montrachet était superbe. Une politique en matière de vins va être prochainement mise en place avec des vignerons qui viendront, le premier lundi du mois, parler de leur vin et proposeront une bouteille dans les 45€ ; mais je n’ai pas pu tester par moi-même.

Le 114 Faubourg
114 rue du Faubourg Saint Honoré
75008 Paris
Tél : 01 53 43 44 44
Ouvert tous les jours de 12h30 à 14h00 et de 19h30 à 23h30
Voiturier de l’hôtel
Article publié le 5 mai 2010

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