Château de Chantegrive : des graves délectables

Un air printanier sur la capitale en ce 18 mars, le jardin du restaurant Apicius, trois macarons, au cœur du VIII e accueille quelques oiseaux «bavards». Justement, nous sommes réunis pour déguster les vins du château de Chantegrive, des graves blanc et rouges prometteurs.

Un domaine de 96 hectares
96 hectares d’un seul tenant sur les communes de Podensac, Virelade, Illats et Cérons, réunis patiemment depuis 1968 à l’origine, par Henri Lévêque, courtier en vins. Aujourd’hui, les cinq enfants, chacun conservant son métier (excepté Marie-Hélène), font corps autour du domaine, pour servir les vins au potentiel évident. Seule Marie-Hélène est la gérante. Depuis 2006, à la demande de la famille Lévêque, Hubert de Boüard a rejoint le château de Chantegrive en temps que conseil pour améliorer la qualité des vins, les hisser au meilleur de leur forme ! « Le terroir, le terroir vous dis-je ».

Teint bronzé, œil bleu et cheveux un peu long dans le cou, Hubert de Boüard, conseil, explique sa mission : »

- « Il y avait déjà des grands vins sur le domaine avant mon arrivée. Je suis là pour me poser des questions : que faire à partir du passé ? Tout ce qui existe déjà peut être valorisé, pour aller vers l’avenir, pour tirer encore plus d’expression à ces vins... »

Mais déjà le premier plat, langoustine grillée, bouillon de légumes cuits-crus à la citronnelle fait son entrée, accompagné du château.

Chantegrive 2007 blanc. La robe est dorée aux tons verts, le nez d’amande grillée, vanillé avec une touche citronnée. La bouche est servie par une belle ampleur avec un côté boisé, une finale élégante qui s’allie à merveille avec le bouillon servi chaud.

- « Le terroir est l’essentiel pour moi, explique encore Hubert de Boüard, complexité, goût, personnalité… la signature du vin, c’est, outre le travail du vigneron, le pied de vigne là ou il est ! »

L’assemblée opine du chef, tandis qu’arrive la pomme de terre purée et risotto à la truffe noire. Une merveille gustative qui éclate sous la dent en mille feux parfumés et croquants. Parfum, plénitude, puissance de la truffe…les trois rouges en magnum 2007, 2001 et 2000, servis en même temps, tente inégalement de soutenir la comparaison. Le 2007, rouge rubis, au nez de fruits rouges mûrs, offre après une attaque vive, un beau volume en bouche, une souplesse qui ne demande qu’à s’arrondir.

La grosse poularde de la Sarthe « dîte Gauloise dorée » rôtie en toute simplicité, jus au beurre salé, est royalement présentée aux convives. Le Chantegrive 2001, dans toute la plénitude et l’expression de son terroir s’avère magnifique. Le millésime 2000, très différent du fait du printemps pluvieux cette année là, n’a pas cette ampleur, réservé, encore sur le fruit, il privilégie la vivacité à la rondeur.

Tandis que Marie-Héléne Lévêque explique au nom de sa famille, leur projet futur, le développement à l’export, la présence de Chantegrive sur les grandes tables, la production de 500 000 bouteilles….le dessert «chocolat, chocolat, chocolat» à la fois glacé, fondant et croustillant, est déjà sur les tables…L’accord graves rouge et cacao n’est plus à démontrer, la finale est savoureuse, ton sur ton, d’une belle envolée.

Oui, un magnifique repas, parfaitement maitrisé, dont on sort, assez léger malgré tout, le cœur réjoui, l’âme réchauffée !

- Château de Chantegrive AOC graves rouge, entre 12 et 15 euros.

- « Caroline » graves blanc sec, entre 12 et 15 euros.

- Château de Chantegrive graves blanc sec classique entre 8 et 10 euros.

- www.chantegrive.com et tel : 05 56 27 17 38. Œnologue conseil : Hubert de Boüard.
Article publié le 13 avril 2010

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