Crom’Exquis, le bistrot de Meneau fils

Pierre, le fils de Marc Meneau, ouvre une adresse dans le huitième : le Crom’Exquis. Challenge réussi pour ce fils d’un étoilé réputé !

L’œuf au plat s’allonge en ce début d’automne sur une crème de petit pois au lard fumé, entouré de quelques girolles de saison.

Meneau : un nom difficile à reprendre dans le landernau de la haute gastronomie ! En effet, Marc Meneau dans son Relais & Châteaux l’Espérance à Vézelay est un établissement plus que renommé, reconnu par les guides professionnels qui l’ont étoilé et « macaroné ». Il était donc difficile pour Pierre Meneau de suivre les traces de son père, et de se lancer dans l’aventure culinaire. Pari réussi donc, et on le félicite d’avoir choisi cette voie, somme tout ardue de nos jours.

Nouvelle adresse gourmande dans le quartier d'affaires du 8°, côté Saint-Augustin, le Crom’Exquis, par le jeune Pierre Meneau.
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Nouvelle adresse gourmande dans le quartier d'affaires du 8°, côté Saint-Augustin, le Crom’Exquis, par le jeune Pierre Meneau.
©DR

Direction la Suisse, à l’école hôtelière de Glion,  pour le jeune Meneau qui y rencontre Flora Peuch, et projets communs d’ouvrir un établissement à Paris. C’est chose faite depuis quelques jours et Crom’Exquis dans le huitième arrondissement à deux pas de l’église Saint-Augustin commence à attirer les gourmets du quartier. Le jeune cuisinier, qui est passé dans les cuisines de son père et de Michel Guérard, fait ainsi ses preuves.

Quel type de cuisine nous propose ce jeune chef ? En aucun cas, la cuisine autrefois appelée « nouvelle », ni la bistrotière si branchée dans les restaurants actuellement. Pierre Meneau s’intéresse à la cuisine bourgeoise, l’authentique, bien française proche du goût véritable des produits, dont on respecte la saisonnalité.

En entrée ou amuse-bouche, place à un cromesquis remis à l’honneur en son temps par Meneau père. Il s’agit de bouchées panées-frites à avaler d’un seul trait, car l’intérieur ultra-fluide pourrait gâcher votre déjeuner et votre chemise si vous plantez une fourchette dans son cœur ! Escargots, foie gras, fruits de mer, herbes, pied de cochon, tomate, andouillette garnissent ces petites merveilles dramatiques pour la ligne !

Délicieux et parfaitement cuit, le cabillaud nappé d’une croûte de parmesan, avec une sauce au jus de viande et des épinards confits au citron.
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Délicieux et parfaitement cuit, le cabillaud nappé d’une croûte de parmesan, avec une sauce au jus de viande et des épinards confits au citron.
©DR

Pour poursuivre et à la recherche de simplicité, l’œuf au plat s’allonge mollement sur une crème de petit pois  au lard fumé et quelques girolles l’accompagnent en ce début d’automne.

Ayant choisi un poisson, j’ai trouvé le cabillaud poireaux à la crème parfaitement cuit (nombreux sont les restaurants qui servent aujourd’hui le poisson à l’unilatérale ou rose à l’arête ou même limite cru !). En d’autres occasions, le cabillaud se nappe d’une croûte de parmesan, d’une sauce au jus de viande et d’épinards confits au citron.

Comme il avait été cuit à basse température, il manquait au quasi de veau très rose le beau roussi du braisage-mijotage. Manque de sel et / ou de poivre, il était un peu fade et sans présence.

Jolis desserts comme le carpaccio d'ananas, les figues fraîches rôties avec un sorbet de fruits rouges, le choux juste sorti du four à la crème chantilly vanillée...
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Jolis desserts comme le carpaccio d'ananas, les figues fraîches rôties avec un sorbet de fruits rouges, le choux juste sorti du four à la crème chantilly vanillée...
©DR

Belle prestation en revanche sur le sucré avec (s’il en reste sur les étals de maraîchers lors de la parution de cet article) des figues rôties sorbet fruits rouges, des poires sur un gratiné au vin rouge. Originale et subtile, car le safran est une épice vraiment forte que certains peuvent ne pas aimer, la crème brûlée safranée était très plaisante par ses saveurs et le contraste des textures, des « grains » de grenade apportant fraicheur et croquant.

Ici, le décor est simple, classique et sans esbroufe : banquettes rouges, chaises anthracite. Le service est efficace et gentil ; si jamais il y a un peu d’attente, ce désagrément sera vite excusé et pardonné…. tout spécialement par les hommes que le sourire de la ravissante Flora Peuch va, à coups sûrs, conquérir.

Côté prix, les formules 2 plats à 28 € et 3 plats à 39 € sont une aubaine dans ce quartier d’affaires. La carte le soir est un peu plus chère, sans être démentielle : environ 60 €.

J’attends avec impatience de pouvoir revenir pour un « before », comme le dit la jeune génération : Pierre Meneau va mettre en place un bar à cromesquis entre 18 et 20 h. Avec un verre, c’est là l’occasion d’un mini-repas avant un spectacle.

Crom’Exquis
22, rue d’Astorg
75008 Paris
Rés. au 01 42 65 10 74
www.cromexquis.com

Article publié le 8 octobre 2012

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