«Epicure», Ode à la gastronomie

Signée par Pierre-Yves Rochon et Mme Maja Oetker - la propriétaire de l’hôtel - la décoration de la nouvelle salle de restaurant de l’hôtel Le Bristol est une totale réussite.

Le chef Eric Fréchon sublime les saveurs avec des produits de choix magnifiés. Le saumon de Cherbourg est relevé d'épices Tandoori et repose sur un embeurré de chou vert
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C’est dans une aile attenante au jardin à la française que s’est installé le restaurant de l’hôtel Le Bristol. Jeu de perspectives d’une salle toute en longueur où règne sobriété  et élégance. Sols en marbre beige, grandes tentures fleuries, moulures style XVIIIème, lustres en bronze au plafond et grande cheminée contribuent au luxe et au raffinement du nouvel «Epicure».

Premier hôtel en France à obtenir la distinction de Palace, Le Bristol est aussi l’un des rares établissements triplement étoilés par le Guide Michelin. C’est aujourd’hui une salle à la hauteur de son rang que l’hôtel offre à son restaurant.

L'élégante salle du restaurant "Epicure" imaginée par Maja Oetker, la propriétaire de l’hôtel, et le célèbre décorateur Pierre-Yves Rochon
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L'élégante salle du restaurant "Epicure" imaginée par Maja Oetker, la propriétaire de l’hôtel, et le célèbre décorateur Pierre-Yves Rochon
©Michel Tanguy

Les étoiles -ô combien méritées- se sont gagnées une à une. A force de travail, de rigueur et de talent. Entré au Bristol en 1999, Eric Fréchon offre deux ans après son arrivée, un second macaron à la maison du Faubourg-Saint-Honoré. La consécration viendra en 2009.

Depuis 12 ans maintenant, ce normand natif du Tréport s’efforce de ne rien changer dans sa façon de faire. Aucune pression inutile. Seule la passion compte. Elle seule le guide chaque jour dans son métier.

On sent chez l’homme une sagesse, une maturité et une profonde gentillesse. Une sérénité aussi, qui lui permet d’aller à l’essentiel sans jamais se perdre. Les assiettes sont à l’image de l’homme. Belles, réfléchies, abouties... On frise la perfection.

Pas une saveur ne manque... Chaque produit présent est magnifié. Un «simple» saumon de Cherbourg se pare ainsi d’épices Tandoori - juste dosées pour relever ses saveurs - avant de se coucher sur un lit d’embeurré de chou vert où se sont glissés citron et gingembre. Le beurre blanc servi, d’une suavité sans nom, est à inscrire dans les anales.

Dessert de Laurent Jeannin : précieux chocolat "Nyangbo", fine tuile croustillante et sorbet doré à l'or fin
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Dessert de Laurent Jeannin : précieux chocolat "Nyangbo", fine tuile croustillante et sorbet doré à l'or fin
©Michel Tanguy

Et pour aller jusqu’au bout de sa démarche, le chef s’est attaché à la sélection des arts de la table. Une réussite. Porcelaine blanche de la maison Raynaud pour les assiettes, Verres à eau en cristal Baccara et couverts Christofle contribuent ainsi au plaisir de la dégustation.

Souvent inscrits sur les cartes, les accords mets et vins sont un art périlleux. Difficile en effet de marier un vin avec un plat qui ne se compose pas d’une seule saveur. Jouer avec l’acidité, l’épicé, l’onctueux, le sucré, le salé relève alors d’un exercice délicat. Et pourtant Marco Pelletier y arrive mieux que personne. Est-ce la simple passion, le sérieux, ou l’amitié qui le lie au chef qui amène notre chef sommelier à une telle maîtrise ?

La passion, c’est sûr, est tout de suite palpable. Les premiers mots prononcés suffisent à déceler chez notre homme l’envie de partager ses émotions. Celles ressenties à la dégustation d’un cru, mais avant cela celles attachées au plaisir vécu lors de la découverte d’un vigneron, d’un terroir et bien entendu d’un vin.

Si les accords sont parfaits, c’est parce que ce professionnel est investi dans sa tâche mais surtout parce que ce canadien d’origine affiche aujourd’hui une connaissance exemplaire des différentes appellations de notre pays.

Si notre sommelier s’attache à bien faire, l’ensemble du personnel également. Ici les hommes évoluent avec discrétion dans cet espace baigné de lumière pour apporter chaque élément du repas avec soin et attention. Maîtres d’hôtel, chefs de rang, sommeliers, et serveurs participent ainsi activement au succès du repas.

C’est par conséquent un travail d’équipe qu’il faut souligner - pas seulement en salle mais aussi en cuisine -, une prestation sans faille qui valorise l’image de haute gastronomie de notre pays.

 

Hôtel Le Bristol
Restaurant Epicure
112, rue du Faubourg-Saint-Honoré
75008 Paris
Réservation au 0153 43 43 40

Menu dégustation au déjeuner et le soir à 280 €
Menu déjeuner à 130 €
A la carte à partir de 250 € environ

Article publié le 18 janvier 2012

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