La Malle aux Epices dans le Cotentin

A La Hague, parmi les petits villages côtiers et touristiques l’été, on vient de loin pour goûter les poissons cuisinés de manière exotique de La Malle aux Epices.

La Malle aux Epices, une excellente table de la péninsule à l’ouest du Cotentin, pays rude et sauvage avec des paysages à couper le souffle.

Eloignée de la capitale et des grandes artères touristiques, balayée par les vents, La Hague, péninsule à l’ouest du Cotentin, est un pays rude et sauvage qui se mérite. On n’y vient pas par hasard, on s’y installe par passion pour sa beauté naturelle encore à l’état brut. L’académicien, Didier Decoin, décrit La Hague où il habite depuis plus de 15 ans par intermittence comme « un conte aux pages de bruyères, serties dans une reliure de granit ».

Semblable à l’Irlande du Nord, au Devon anglais, La Hague se visite dans l’intérieur par ses champs bordés de murets de pierres et ses vastes landes pelées, où seuls bruyères et genêts poussent et par ses paysages côtiers où les falaises abruptes alternent avec les caps, les plages de galets et les dunes. Très exposée aux vents marins, la côte préservée des caps s’étend de l’anse de Vauville au nez de Jobourg puis au phare de Goury.

Trouvant sa source dans la Manche, la gastronomie locale est naturellement tournée vers les fruits de mer et les poissons. L’ensemble des restaurants travaille les poissons et coquillages en grillades et préparations classiques. D’où mon choix d’un établissement un peu différent,  La Malle aux Epices, qui travaille fort bien mais de façon exotique le poisson.

Amoureux du Cotentin, le chef Kiki Barjettas a fait ses armes chez quelques grands comme Loiseau, Passédat ou Hermé.
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Amoureux du Cotentin, le chef Kiki Barjettas a fait ses armes chez quelques grands comme Loiseau, Passédat ou Hermé.
©DR

L’endroit ne paye pas de mine : un simple café-tabac-magasin de journaux qui cache dans son arrière-boutique deux petites salles sombres, où la lumière du jour perce à peine le granit des murs.

Ouvrez-vous l’appétit avec un petit punch, un daïquiri ou un champagne rhum vanille (ici, dans ce pays de marins et de contrebandiers lié aux proches îles anglo-normandes, le rhum est de rigueur à l’apéritif !).

Présentées sur des ardoises, les assiettes découvertes d’entrées et de plats principaux sont à privilégier par rapport à la carte, car elles permettent pour 19,50 € les 2 de goûter toutes les spécialités du chef. Installé depuis 8 ans à La Hague dont il est tombé amoureux, Kiki Barjettas a fait ses armes chez quelques grands (Loiseau, Passédat, Hermé) avant de s’installer à Saint-Barth. De cette île, de stages formateurs chez Jean-Georges Vongerichten (le Market à Paris) dans ses différents restaurants, il a appris la cuisson légère des poissons, le goût pour les carpaccios, les marinades et les épices. Dans sa Malle aux Epices, il cuisine donc tout en légèreté et au wok, avec peu de matière grasse, de nombreux condiments relevés néanmoins sans excès.

A la Malle aux Epices, place à la cuisson légère des poissons, aux carpaccios, marinades épicées.
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A la Malle aux Epices, place à la cuisson légère des poissons, aux carpaccios, marinades épicées.
©DR

Lors de mon passage, l’ardoise d’entrée proposait en petites proportions une salade thaï, un léger tempura de lingue et sa sauce kimchee (piments et chou chinois), un nem de légumes et feta à tremper dans une sauce au miel et romarin. Suivaient sur une seconde ardoise un wok bien épicé de crevettes, moules et salicornes, un rouleau de printemps au saumon, un émincé de crabe au radis, un poisson sur une purée de pommes de terre au wasabi. Au gré de la criée et des idées du chef, ces ardoises changent souvent. Et si vous n’aimez pas la multitude de saveurs des petites portions, votre choix peut se porter à la carte sur une salade de bœuf thaï (8,50 €) et un curry de crevettes à 17 €.

Pour la touche finale sucrée, même concept des minis propositions avec un choix de 5, 6 petits desserts dont une crème brûlée à la fève tonka, une dacquoise aux fraises, une crème au combawa, un nem pommes caramel, un sorbet litchi (10 €).

Si la cuisson et l’assaisonnement jouent l’exotisme, les matières premières surfent aussi sur des produits peu courants dans notre pays. Kiki Barjettas ne travaille pas le chocolat, mais la fève tonka. Idem pour la banane plantain, qui remplace la banane classique, et le combawa qui se substitue au citron.

Pour accompagner votre repas, la carte propose un second vin du Château Carbonnieux, le Château Tour Léognan millésime 2008 à 35 €, ce qui est une belle opportunité. Mais un rosé plus léger sur la cuisine exotique est peut-être préférable : prenez alors le Côtes de Provence Château Sainte Roseline cuvée Perle de Roseline 2010 à 16 €.

Après ce bon repas et si vous cherchez un hébergement pour dormir, l’hôtel, L’Erguillère, est un charmant trois étoiles dont les chambres ont le privilège de donner sur le minuscule Port Racine (nom d’un corsaire) et sur la baie d’Omonville-la-Petite. Sur la mer, la plage et les landes au loin, la vue est à couper le souffle et le jeune propriétaire prépare de bons petits déjeuners à prendre en terrasse.

La Malle aux Epices
50440 Auderville
02 33 52 77 44
Ouvert toute l’année sauf février et mars
Fermé le samedi midi, les dimanches et lundis soir, tout le mardi

L’Erguillère
Port Racine
50440 Saint-Germain-des-Vaux
02 33 52 75 31
De 65 à 143 € la chambre double selon la saison

Article publié le 4 juillet 2012

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