Mollard: une brasserie historique de la capitale qui vaut plus pour sa décoration que sa cuisine….

Vous viendrez ici, car vous êtes dans le coin Saint-Lazare et que la table est ouverte non stop, car l’adresse est mythique et fait partie des grandes brasseries de la capitale, car la décoration historique vaut largement le coup. Mais dans l’assiette, rien de transcendant : un service rapide de hall de gare autour de plateaux de fruits de mer, de poissons grillés, de tartares de bœuf, de Tatin glace vanille.

Miroir, peintures, mosaïques pour un décor qui vous transportera aux débuts du chemin de fer

En revanche, l’histoire, la décoration du lieu sont vraiment amusantes et intéressantes. En 1865, Monsieur et Madame Mollard, savoyards d’origine, arrivent, à Paris avec carriole et cheval, de leur pays pour ouvrir un bistrot face à la gare Saint-Lazare. D’état embryonnaire, la gare se développe très vite liée au succès du chemin de fer et plus tard au développement des congés payés qui rendent la proche Normandie et ses plages très attractives.

De leur côté, les Mollard gagnent pas mal d’argent, peuvent entreprendre des travaux tels que le « bistrot » devient un des plus beaux établissements de la capitale. Mollard fait venir des mosaïques d’Italie, commande à Sarreguemines des pièces uniques sur le thème de la vie autour de la gare (Deauville, Saint-Germain en Laye, Ville d’Avray sont évoquées aux côtés de l’Alsace et de la Lorraine). A l’architecte du Négresco et d’Angelina, Edouard Niermans, est confié l’ensemble de la réalisation (dessin des mosaïques, des chaises, des porte manteaux, des luminaires…) et il conçoit ici un des plus beaux restaurants de la ville.

La première guerre mondiale entraîne l’endormissement progressif et une semi ruine de l’établissement ; la décoration est considérée comme désuète et cachée derrière des peintures et des glaces, ce qui permettra de la conserver.

En 1928, Mollard est racheté par la famille Gauthier et l’établissement survit à la guerre de 39 - 40. Après guerre, les affaires reprennent avec les Havrais et Rouennais qui viennent ici tenir « salon » face à la pénurie de bureaux. On dit que la consommation d’apéritifs atteignait jusqu’à 50 000 litres en 1949 !

Pour redevenir un restaurant à part entière, Mollard invente la formule de l’Omelette Surprise : tout était servi à discrétion sur la table pour la modique de somme de 10 francs. Le succès ne se fit pas attendre et dura jusqu’à la fin des années 60.

En 1965, on décide de retrouver les anciennes décorations de 1895. En 1989, les mosaïques à fond vert d’eau, bleu roi, les marbres beiges, les oiseaux exotiques multicolores sont classés à la liste complémentaire des Monuments Historiques.

Plusieurs formules président à la carte à 28,25 € pour un plat, 2 plats et un kir après le spectacle à 30,25 €, 3 plats à 32 €, autour du homard à 54,50 €.

Les plats de brasserie servis tournent autour de crustacés, de pavé de saumon (21,30 €), de raie au beurre noisette (27,25 €), de truite Meunière (17,10 €), d’entrecôte béarnaise (23,95 €), de magret de canard (23,35 €), de crêpes flambées (12,80 €).

Mollard
115, rue Saint-Lazare
75009 Paris
Tél : 01 43 87 55 62

Article publié le 23 juin 2011

Articles à lire sur le même sujet

Ajouter un commentaire

Continuer sur les forums

Pour participer, inscrivez-vous ou connectez-vous avec votre compte Maison.com ou votre compte Facebook.