Antoine : Le poisson roi dans cet établissement amarré en bord de Seine

Ayant été conviée à la sortie de son livre, Pêche en Norvège ( éditions Hinoki ), c’est à cette occasion que j’ai fait la connaissance de Mickaël Féval dont la simplicité associée à un réel professionnalisme m’ont d’emblée séduite.Très gentiment il m’a invitée dans son restaurant.

Hommage à l'encornet
Passionné de poissons et de mers, le lieu, sur l’avenue de New York, n’a pu que séduire notre jeune chef car «Antoine», c’est là le nom du restaurant, est comme ancré sur la Seine, arrimé au pied de la Dame de Fer.

Des grandes baies vitrées on peut voir scintiller la tour Eiffel, les cuisiniers s’affairent dans leur cuisine-aquarium, un bar bateau est posé sur le ponton pour une dégustation rapide ou un simple verre.
A la barre de ce navire, Féval est un natif de Soissons qui a baigné dans l’atmosphère chasse et pêche de sa famille avant d’aller faire ses armes chez de grands noms tels que Briffard ( Plaza Athénée à Paris ), Oger ( Majestic de Cannes ), Westermann ( Burehiesel de Strasbourg ), Loiseau ( Côte d’Or de Saulieu ).

Aujourd’hui, à la tête d’Antoine, son équipage est très hétéroclite car sa passion pour le poisson l’a amené à s’entourer de toques brésiliennes, japonaises et françaises. La moyenne d’âge est jeune et avoisine les 30 ans même si tous sont passés par de grands établissements avec peut-être une prédilection pour les restaurants poissonneux comme Goumard, Marius et Janette.

Dans votre assiette, des poissons souvent travaillés en carpaccios, crus ou seulement marinés ; ce qui exige et nécessite une grande fraîcheur et une qualité irréprochable. En approvisionnements quotidiens, le bar vient de St Gilles Croix de Vie, le king crab de Norvège, le homard des îles Glénan, le maigre de St Jean de Luz, le Saint Pierre de Loctudy, ect… et selon les propos de Mickaël Féval « c’est la mer qui décide de notre carte ».

Pour ma part je me suis régalée de deux préparations parfaitement assaisonnées : le carpaccio de maigre citron caviar et le tartare de Saint Pierre verveine pomelos ( 30 € ). La difficulté dans ces émincés froids réside dans le juste assemblage des poivre, sel, épices, fruits, huile, vinaigre et surtout dans leur quantité. La prestation ici était parfaitement réussie.

Si vous êtes adepte des tempuras, vous pouvez commencer par les croustillants de soles et de langoustines légèrement parfumés au basilic : ils sont à tremper dans une vinaigrette à la mangue qui apporte une intéressante sensation aigre-douce ( 30 € ).

En guise de plat principal, sole meunière, dos de cabillaud vapeur, bouillabaisse, pavé de pagre ? Non, j’ai choisi les St Jacques rôties, de bonnes grosses noix juste saisies des deux côtés et crues en leur centre, assorties d’un risotto d’épeautre et d’une émulsion à la mandarine ( 48 € ).

J’ai regretté de ne pas pouvoir tester tous les desserts de François Régien, le chef pâtissier, ex Lasserre et Ledoyen entre autres. C’est un soufflé chaud au citron ( la saveur citron pourrait être plus accentuée ) qui est arrivé sur la table. En l’ouvrant j’y ai glissé un caramel à la liqueur de sudashi ( un citrus japonais ) et l’aspect sucré était contrebalancé par la pétillance un peu amère d’un sorbet citron Perrier ( 18 € ).

Antoine
10 avenue de New York
75116 Paris
Tél : 01 40 70 19 28
Ouvert tous les jours,
Voiturier midi et soir
Carte env. 90 €
Quel dommage qu’il n’y ait pas un menu à prix attractifs !

Photos Pierre Javelle et stylisme Oratha Souksisavanh
Article publié le 8 novembre 2010

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