Septime, très belle assiette mais le cadre pêche…

Une très belle et pas trop excessive cuisine de l’instantané abîmée par le cadre et le bruit, quel dommage !

Le talentueux chef Bertrand Grébaut propose une cuisine légère et inventive

Est-ce mon papier sur l’Agapé Substance qui a remué les chefs ? Toujours est-il que j’ai été sollicitée pour découvrir différentes tables sur la « cuisine de l’instantané » (Septime, Akrame) et sur ces nouveaux cuisiniers qui font bouger le microcosme parisien de la gastronomie et de la restauration.

De plus, le lieu a défrayé la chronique en mai juin dernier et les blogueurs s’y sont tous précipités. Tout comme les ouvertures des adresses (très moyennes, voire nulles) de Cyril Lignac, à savoir Chardenoux et Chardenoux des Prés ; il est des noms qui véhiculent le bla-bla enthousiaste et il est de bon ton de célébrer l’originalité du décor et de dire du bien des dites adresses « branchouille ».

Alors qu’est-il de ce Septime ? Une parodie du grand restaurant « Septime » du film de Louis de Funès ? Pas réellement, notre Septime a une assiette très juste, inventive sous la patte de Bertrand Grébaut qui officie devant vous en cuisine. Bertrand Grébaut a travaillé chez Robuchon et Passard, et il a beaucoup de talent. On reviendra sur sa cuisine plus tard, car elle est positive, mais le gourmet doit avant toute chose connaître les tenants et les aboutissants d’un repas ici.

Septime est dans le onzième rue de Charonne juste en face d’un hôtel hyper design, le Hi-Matic, conçu par Matali Crasset (tellement inhumain, non chaleureux que seuls des nordiques peuvent aimer !) Pour un repas entre copains, pas de problème, il y a même une sympathique table d’hôtes. Si vous venez en voiture, sachez qu’il n’y a pas de voiturier, que le quartier est impossible au stationnement. Autre bémol négatif : le restaurant est extrêmement bruyant. Il est difficile de s’entendre quand aucun rideau, aucun tissu ne vient assourdir les conversations. En effet, ici, ni sol, ni mur !!! Je plaisante, néanmoins, on est dans le brut de brut, le décor semble encore sous les gravats avec des murs en béton à peine enduits. Enfin, il faut prendre patience pour réserver car le standard est souvent bloqué et les « résas » ne se font que deux fois 2 heures dans la journée.

Si vous passez sur ces inconvénients, l’assiette est intéressante et le menu de 3 plats à déjeuner très attractif avec ses 26 € affichés. Les énoncés sont concis (tomates / framboises, / chèvre frais, canard des Landes / maïs / courgette, thon rouge / cerise / coriandre, lieu de ligne / choux / citron), mais ne demandez pas d’explication au préalable et laissez-vous surprendre par la fraîcheur, le mélange des textures et des saveurs.

L’entrée « tomate » consiste en un granité de tomates posé sur des rondelles du fruit en salade sur lequel est émietté du chèvre frais, les framboises étant juste un élément de décoration. C’est formidablement frais, goûteux. Pour un contraste iode-viande, vous pouvez préférer les crevettes à peine cuites, juste saisies et entourées de lardo di colonnata ( un lard blanc-rosé très fin et délicat dans son goût) et accompagnées d’un poireau seulement blanchi. A la limite du cru, le plat étonne mais bouleverse les papilles.

Mêmes plaisirs pour le plat principal où le produit est magnifié, car proposé presque brut, nature, seulement posé quelques moments à la plancha et accompagné de légumes, d’herbes. Ici, pas de bouillon, ni de sauces lourdes, épaisses et grasses, mais une pointe de pâte de citron, une ligne de coriandre émincée.

Les desserts sont légers autour de trois saveurs (chocolat caramel passion, figue poire pêche, potimarron caramel pain) et terminent en douceur le repas qui est servi le soir à la carte ou en « carte blanche ». A la carte, vous payez chaque proposition avec des coûts allant de 13 à 17 € pour les entrées, tournant dans les 25 € pour le plat principal et les 9 € le dessert. Si vous choisissez « carte blanche », le chef agit à sa guise avec 2 petites entrées, 2 plats et 1 dessert pour 55 €.

Belle carte de vins avec beaucoup de propositions bios ; on regrette que la carafe d’eau filtrée soit payante ! Qui sait ? Bientôt on payera son couvert comme en Italie !

Septime
80, rue de Charonne
75011 Paris
Tél : 01 43 67 38 29

Article publié le 9 septembre 2011

Articles à lire sur le même sujet

Ajouter un commentaire

Continuer sur les forums

Pour participer, inscrivez-vous ou connectez-vous avec votre compte Maison.com ou votre compte Facebook.