La Villa Corse rive gauche

Un restaurant lounge bar qui permet un déplacement sur l’Ile de Beauté par la cuisine de son nouveau chef, Vincent Deyres, chef qui travaille à 80 % avec des matières premières corses.

Ambiance feutrée pour un dîner corse aux senteurs des sous-bois montagneux et des parfums du maquis.

Assurément, c’est le soir qu’il faut aller dîner dans cette villa corse, car l’ambiance un peu sombre et feutrée avec fauteuils de cuir, lampes de lecture et coins bibliothèque se prête mieux aux pénombres qu’aux fortes luminosités du grand jour. Le propriétaire de ces deux villas, l’une rive droite, l’autre rive gauche le long du métro aérien Passy-Montparnasse, entend bien nous replonger dans les charmes de l’île de beauté, nous faire respirer à travers la cuisine proposée les senteurs des sous-bois montagneux, les parfums du maquis, les odeurs marines.

Pour nous transporter au-delà de l’hexagone, nous faire vivre un voyage, vient d’arriver un nouveau chef, Vincent Deyres. Originaire du sud-ouest, mais corse de cœur et d’adoption, il a passé plusieurs années sur l’île au grand hôtel de Cala Rossa avant d’être à l’Emile’s de Calvi qu’il a gratifié par son travail d’une étoile au Michelin. Dans ses valises, il a emporté du miel de Lozari, la farine de châtaigne de Pietrapola pour un pain maison, l’huile d’olive du domaine De Marquillani, les langoustines de Gérard Romitti, les fromages des fermes de Luciani et Sabiani. 80 % des produits viennent de Corse, hormis les canards et les foies gras de Dupérier, le bœuf la plupart du temps charolais. Voilà un restaurant qui dévoile ses adresses quelles qu’elles soient ; bravo de cette honnêteté !

Originaire du sud-ouest, mais corse de cœur et d’adoption, le nouveau chef Vincent Deyres utilise 80 % des produits viennent de Corse.
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Originaire du sud-ouest, mais corse de cœur et d’adoption, le nouveau chef Vincent Deyres utilise 80 % des produits viennent de Corse.
©DR

Si le bon produit est là, encore faut il savoir le travailler sans le dénaturer. Deyres s’y emploie : comme sa clientèle le lui réclame, il conserve les grands classiques de la cuisine corse à l’image du stufatu de veau aux olives et au romarin (26 €), des linguine à la calvaise c'est-à-dire aux câpres, olives, tomates et pancetta (19 €). Dans chaque plat se découvre une note corse, une touche corse ; mais de manière un peu revisitée.

On a bien aimé les ravioles fourrées de mustelle (poisson blanc) et d’araignée ; elles se surnageaient dans un excellent bouillon de crustacés légèrement relevé par des agrumes (12 €). Idem pour l’artichaut garni de brocciu (16 €). Si vous avez une belle faim, l’épaisse côte de veau et son gratin de pâtes à la tome « bouche complètement une dent creuse », elle est large et abondante et constituerait un repas à elle seule. Les petits appétits se pencheront plus vers la légèreté des poissons, le loup en filet et ses légumes hivernaux (artichauts, salsifis, châtaignes), l’ombrine et sa polenta truffée (27 €). Les desserts chocolat-noisette-caramel, eux aussi, sont charpentés et tiennent au corps : un excellent croustillant choco-noisette où le craquant des noisettes de Cervione contrecarre le tendre d’une mousse dense en chocolat (14 €). Moins intéressant le crémeux au caramel et noix n’a pas beaucoup de goût. Je ne les ai pas goûtés, mais les desserts aux fruits (fiadone païsanu aux citrons et sorbet clémentine, panaché de glaces maison) sont sûrement plus « lights ».

Pour les vins, ceux de Corse s’imposent avec les rosés élaborés à partir du cépage local, le Vermentinu très floral et doux. Pour l’eau, si vous êtes amateur d’eau piquante, l’eau gazeuse d’Orezza est incontournable.

La Villa Corse rive-gauche
164, boulevard de Grenelle
75015 Paris
Tél : 01 53 86 70 81

Fermé le dimanche seulement
Menu à midi à 2 plats + café ou verre de vin à 29 €
Menu gastronomique en petites portions à 50 € hors boissons
A la carte comptez entre 50 et 65 €

Article publié le 6 mars 2012

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