Le pont thermique, une perte de l’énergie dans l’architecture

Avec une réglementation thermique de plus en plus stricte, l’univers de l’architecture doit se remettre en question autour du pont thermique. Une rupture dans l’homogénéité de l’enveloppe d’une maison, qui occasionne une déperdition d’énergie.

Alors que l’isolation d’une maison devrait présenter une enveloppe continue, le pont thermique vient y créer une faille, provoquant une perte d’énergie. S’il n’est pas possible de l’éliminer totalement, il est possible de le réduire.

Qu’est-ce qu’un pont thermique ?

Dans l’idéal, l’isolation d’un bâtiment doit présenter une enveloppe continue et constante. Or, le pont thermique est une faille dans cette enveloppe, qui se crée lors d’un changement de volume dans le corps de la construction ou lors d’un changement de matériaux. Localisé à un point de jonction, il est une zone ponctuelle ou linéaire, qui marque une isolation discontinue. De ce fait, le pont thermique occasionne une perte d’énergie. En outre, le pont thermique permet à l’humidité de s’y condenser, ce qui peut entraîner dans le temps des dommages dans la structure. Sur le long terme, des moisissures peuvent apparaître, en fonction du système d’aération, ce qui peut provoquer de mauvaises odeurs ou des phénomènes d’allergie. L’eau condensée peut également détériorer les matériaux, fragilisant la structure. En outre, la présence d’’humidité peut provoquer une plus grande perte d’énergie, dans un effet de cercle vicieux, où les deux problèmes s’accentuent l’un l’autre.

Par nature, le pont thermique ne peut pas être totalement éliminé, puisqu’il est inhérent à la structure architecturale. Mais il doit pouvoir être limité soit dans son nombre, soit dans sa surface de perdition. Il pose un véritable problème quant à une restriction de plus en plus forte dans le domaine de la réglementation thermique.

De manière générale, il est admis quatre différents types de ponts thermiques :

  • Le pont thermique linéaire se caractérise par une zone de jonction entre deux parois, comme entre un mur et un plancher.
  • Le pont thermique ponctuel se situe à la jonction entre trois parois, comme un angle de murs ou de plafond.
  • Le pont thermique structurel est lié aux ouvertures d’une façade, telles que les fenêtres ou les portes.
  • Le pont thermique intégré concerne la qualité des matériaux choisis dans la réalisation du bâtiment. En effet, une paroi se constitue de plusieurs éléments, dont l’assemblage se doit d’être optimal, pour assurer un minimum de points de perte.

Agir contre les ponts thermiques

Bête noire pour les architectes, le pont thermique doit être envisagé dès la conception du bâtiment, pour contrôler sa présence et son rôle au maximum. De ce fait, il est important de choisir un système de construction performant, qui réduit sensiblement les surfaces de déperdition. Certains matériaux peuvent présenter une isolation répartie, qui joue un double rôle comme structure porteuse, mais également comme isolant. Par exemple, une construction en bois, en béton ou en terre cuite présente des ponts thermiques de moindre importance, car la conductivité thermique de ces matériaux est faible. Pour une construction déjà réalisée, l’utilisation d’une caméra infrarouge permet d’identifier les zones à risque. La thermographie offre une image, qui met en avant les différences de températures entre les divers composants de la maison. Pour ce cas de figure, il est nécessaire de faire appel à un professionnel, qui pourra réaliser un bilan thermique complet.

En guise de mesure, l’isolation reste un des moyens les plus efficaces, pour atteindre une haute performance énergétique, empêchant la présence de ponts thermiques. Pour éviter une rupture entre la façade et les surfaces attenantes, il est conseillé d’isoler à l’extérieur plutôt qu’à l’intérieur, ce qui permettra d’envelopper l’intégralité de la construction, sans aucune rupture. Pour le point de contact entre les murs et la toiture, veuillez à ce que les deux isolants se superposent, afin de ne laisser aucun vide entre les deux. Pour éviter le phénomène de condensation, pensez à vérifier l’installation de votre ventilation, qui doit pouvoir fonctionner dans les meilleures conditions. Lors de la construction, il est préférable de limiter le nombre de matériaux utilisés, afin d’assurer une certaine homogénéité de l’enveloppe, qui présentera moins de rupture.

Suite à l’évolution de la réglementation du Grenelle de l’environnement, le sujet « pont thermique » n’est pas à prendre à la légère dans la recherche d’une maison à basse consommation. Considéré comme un maillon faible de l’enveloppe, il s’envisage dès la conception d’une architecture, en s’appuyant sur un système constructif performant et une bonne isolation.

Article publié le 3 octobre 2012

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