Que choisir ? Toit en pente ou toit plat

Depuis quelques années, l’architecture préfère réaliser des toits plats, a priori plus contemporains, considérés comme étant plus performant à l’égard de la réglementation thermique. Pourtant, le toit en pente n’a pas dit son dernier mot. Révélations ?

Depuis quelques temps, le toit en pente est moins apprécié par les constructeurs, qui le considèrent comme trop traditionnel. Malgré tout, Terreal persiste à prouver sa valeur en matière de réduction des ponts thermiques.

Histoire d’une « guerre des toits »

La controverse entre toit plat et toit en pente ne date pas d’aujourd’hui puisque, déjà dans les années 20, la question faisait frémir. Avec l’émergence du Bauhaus, une nouvelle conception est venue apporter un souffle neuf à l’architecture dans un esprit de modernisme. Pour marquer une rupture avec le passé, le Bauhaus préconise de bannir le toit en pente, jugé comme un symbole de la bourgeoisie. De ce fait, en 1928, Berlin connait une véritable polémique, qui porte le nom de « guerre des toits », avec l’émergence de deux cités d’habitation opposées. Le quartier de Zehlendorf se divise entre une architecture cubiste d’avant-garde et une architecture de tuiles traditionnelles, au régionalisme marqué.

Derrière la façade de cette controverse, il se cache surtout la recherche d’une forme géométrique parfaite, qui puisse incarner une conception idéale de l’architecture. La recherche d’une forme cubique dans l’architecture se fait l’écho de la naissance de l’abstraction dans le domaine des arts plastiques. Il s’agit de penser l’architecture comme une œuvre d’art, où l’esthétique se lie à la conception, dans un esprit de revendication. La volonté première est de créer une rupture nette avec une architecture considérée comme trop figée dans le temps, afin d’offrir une architecture moderne où la création artistique est au cœur du projet.

Avantages et inconvénients d’un toit plat

L’opposition des toitures trouve son origine dans cette émancipation créatrice, d’où le toit en pente va pâtir, en véhiculant une impression de traditionnelle et démodée. L’avantage indéfectible du toit plat, mis en avant par le Corbusier, est la possibilité d’offrir un espace de vie supplémentaire, en permettant la création d’une terrasse ou d’un jardin. Avec l’intégration de panneaux photovoltaïques, l’harmonisation avec la toiture est plus esthétique, en permettant leur meilleure dissimulation, alors que pour un toit en pente, les panneaux sont directement visibles. Le toit plat joue également sur la performance de ces panneaux, en permettant une meilleure captation des rayons du soleil. En outre, un toit plat autorise l’installation d’une toiture végétalisée, qui offre une bonne isolation thermique, de manière esthétique et écologique. La hauteur de la toiture limite l’ombre portée du bâtiment, ce qui permet de rapprocher les constructions voisines.

Avec un toit plat, rien de plus simple pour disposer d’un espace de vie supplémentaire à l’extérieur de la maison, en créant une véritable terrasse. Une fenêtre coupole de Velux permettra en outre de fournir des puits de lumière dans les pièces sombres.
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Avec un toit plat, rien de plus simple pour disposer d’un espace de vie supplémentaire à l’extérieur de la maison, en créant une véritable terrasse. Une fenêtre coupole de Velux permettra en outre de fournir des puits de lumière dans les pièces sombres.
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Cependant, le toit plat pose un problème d’étanchéité, puisque l’absence de pente empêche une bonne évacuation des eaux de pluies. D’ailleurs, un toit plat ne l’est jamais totalement ; il est soit légèrement bombé, soit il possède une pente de moins de 5 %, avec la présence de trous d’évacuation. Même si des solutions architecturales ont été apportées, il n’en reste pas moins que l’évacuation reste plus performante sur un toit en pente. De ce fait, la durabilité dans le temps de l’étanchéité d’un toit terrasse est bien moins importante. Dans le même ordre, le choix d’un toit est strictement réglementé, afin d’assurer de bonnes normes de sécurité et une esthétique conforme à certaines régions. Une carte de France permet de déterminer les lieux où les variations climatiques entraînent une inclinaison de la pente obligatoire. Par exemple, dans les zones montagneuses, il est préférable d’avoir une maison avec un toit en pente, pour permettre une meilleure évacuation de la neige.

Avantages et inconvénients d’un toit en pente

Depuis quelques années, le toit en pente traîne une assez mauvaise réputation dans le domaine de l’architecture. Sa présence massive dans les constructions du passé lui a conféré une image figée, standard, qui s’inscrit dans la tradition. De ce fait, le toit en pente ne semble pas permettre l’originalité ou la création d’une nouvelle forme plastique. Cependant, il est à noter que peu d’architectes ont tenté de le réinventer, alors que l’évolution des matériaux et des techniques permettent de s’affranchir des formes traditionnelles. Le principe de la pente peut jouer sur la courbe, oser des ruptures de lignes, afin d’apporter du rythme à la construction. De plus, de larges baies vitrées peuvent être aménagées dans la toiture, offrant un véritable puits de lumière. De la même manière que le toit plat, le toit en pente multiplie les possibilités d’aménagements, en disposant d’un nouvel espace de vie, sous la forme de combles. Une véritable pièce prend y prendre la place, ce qui offre un avantage de taille, pour créer une chambre supplémentaire, un deuxième séjour ou un dressing.

Suite aux réglementations thermiques, ce schéma permet de mettre en valeur les surfaces de déperdition d’énergie d’un toit plat et d’un toit en pente, révélant que le toit en pente est celui dont la perte en énergie est la plus faible.
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Suite aux réglementations thermiques, ce schéma permet de mettre en valeur les surfaces de déperdition d’énergie d’un toit plat et d’un toit en pente, révélant que le toit en pente est celui dont la perte en énergie est la plus faible.
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Avec la réglementation thermique de 2012 et la prochaine pour 2020, les exigences pour les nouvelles constructions se font de plus en plus restrictives. De manière générale, il est considéré qu’une maison cubique offre un volume compact, qui permettra une meilleure isolation, en évitant les ponts thermiques. Sur le plan architectural, cette affirmation est vraie, puisque qu’il y a moins de parois en contact avec l’extérieur. Cependant, la forme parfaite sur le même plan reste le cercle, comme nous le prouve les igloos, qui restent un exemple type de l’idéal architectural. En élévation, il se révèle qu’il y a moins de surface de déperdition avec un toit en pente qu’avec un toit plat, car on se rapproche justement de la forme parfaite du cercle. Ainsi, l’affirmation précédente est fausse géométriquement et peut présenter des écarts jusqu’à 12 % de consommation, ce qui peut être essentiel face aux nouvelles contraintes de la RT.

La controverse entre toit terrasse et toit plat trouve son origine dans une vieille querelle, où l’architecture tente de s’affranchir, mettant en opposition une culture traditionnelle et une culture moderne. Pourtant, préférer un toit à l’autre est avant tout un choix qui dépend de son style de vie, des aménagements souhaités, qui nécessite quelque soit la finalité, des concessions.

Article publié le 14 novembre 2012

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