La Malmaison, paradis de Joséphine

Ce château, admirablement préservé, fait l’objet d’un ouvrage aux Editions des Falaises qui raconte aussi son destin unique. Côté décoration, il reste l’expression d’un style très personnel.

Le salon de musique abritant la harpe de Joséphine et le piano de sa fille Hortense.

Un lieu d’exception

Le château de Malmaison, qui doit son nom à une ancienne hypothétique réputation de lieu malfamé ou accueillant autrefois des malades, est intimement lié à la personnalité de Joséphine qui l’a aménagé selon un goût particulier pour en faire son univers. Considéré comme « le caprice d’une impératrice », Joséphine de Beauharnais, épouse de Napoléon 1er, l’a acquis en 1799, à l’âge 36 ans et l’a habité pendant 3 décennies avant que sa belle-fille ne le revende. Cette maison de campagne devenue palais, n’était autrefois qu’un modeste château construit au début du XVIIème sur les ruines d’un vieux manoir et agrandi par la suite. A l’intérieur, décoré à la mode du XVIIIème, il renfermait un boudoir turc, un abondant mobilier en acajou derrière des murs tendus de mousseline, de Toile de Jouy et de papiers-peints dans lesquels Joséphine s’installa avant d’entreprendre de nombreux travaux.

Dans son écrin naturel, la bâtisse à laquelle on accède par une avenue bordée de grands arbres. Ici, sa façade principale sur les jardins, avec au premier plan les branches du cèdre de Marengo.
Afficher la galerie
Dans son écrin naturel, la bâtisse à laquelle on accède par une avenue bordée de grands arbres. Ici, sa façade principale sur les jardins, avec au premier plan les branches du cèdre de Marengo.
©Guillaume de Laubier

Une demeure privée puis officielle

De retour victorieux de sa campagne d’Egypte, Napoléon 1er s’y installera aux cotés de Joséphine jusqu’à leur divorce où il abandonnera alors les lieux à son ex-épouse. On doit la métamorphose de La Malmaison aux architectes Charles Percier et Pierre-Léonard Fontaine qui vont adapter la bâtisse au nouveau statut social de leurs propriétaires tout en conservant son caractère de villégiature et de havre de paix recherché par le couple Bonaparte. Premier consul puis Empereur, Napoléon en fera sa résidence principale où siègeront les conseils d’état… Acquise dans les derniers mois du Directoire, elle sera l’expression du style Empire et des goûts de « la belle Créole », amatrice de tous les arts, de la mode, de la décoration et de la botanique. 

Vestibule de l’entrée du château de Malmaison orné d'une paire de centaures en bronze.
Afficher la galerie
Vestibule de l’entrée du château de Malmaison orné d'une paire de centaures en bronze.
©Guillaume de Laubier

Un château et des jardins

Le château de Malmaison est aussi entouré de magnifiques jardins. A l’époque de son acquisition par Joséphine, la propriété offrait une centaine hectares de terre. La future impératrice désire en faire « le plus beau et le plus curieux jardin en Europe, un modèle de bonne culture » et qu’il devienne « la source de richesse pour toute la France ». En 1800, elle l’aménage à la manière d’un jardin anglais et fait construire une orangerie chauffée qui pouvait accueillir jusqu’à 300 plants d’ananas. Elle cultive 200 plantes introduites en France pour la première fois. Et sa roseraie remarquable, immortalisée par les œuvres de l’artiste belge Pierre-Joseph Redouté, qui a peint aussi ses lys, est restée une référence esthétique dans ce domaine. Il faut aussi évoquer sa ferme et ménagerie qui accueillaient, tel un mini zoo, oiseaux et animaux exotiques, comme des kangourous, des gazelles, des autruches, des antilopes, des lamas et même un phoque…

Et ce musée château, propriété de l’état français, est ouvert au public.

Bibliothèque avec, au premier plan, le bureau de Jacob Frères commandé pour le cabinet de Bonaparte, Premier consul aux Tuileries.
Afficher la galerie
Bibliothèque avec, au premier plan, le bureau de Jacob Frères commandé pour le cabinet de Bonaparte, Premier consul aux Tuileries.
©Guillaume de Laubier

Renseignements :
Malmaison le palais d’une impératrice : Textes d’Isabelle Tamisier-Vétois et de Christophe Pincemaille. Photos de Guillaume de Laubier. 176 pages, 34 €. www.editionsdesfalaises.fr

Le château de Malmaison : www.musees-nationaux-malmaison.fr/château-malmaison/

Détail de la vasque et jeux de miroirs dans la salle à manger.
Afficher la galerie
Détail de la vasque et jeux de miroirs dans la salle à manger.
©Guillaume de Laubier

A gauche, la couverture du livre avec la petite galerie dite salon de musique où Joséphine accrochait ses tableaux de fleurs et de style troubadour qu’elle appréciait particulièrement. A droite, détails du mobilier de la salle du conseil.
Afficher la galerie
A gauche, la couverture du livre avec la petite galerie dite salon de musique où Joséphine accrochait ses tableaux de fleurs et de style troubadour qu’elle appréciait particulièrement. A droite, détails du mobilier de la salle du conseil.
©Guillaume de Laubier

A gauche, enfilade du rez-de-chaussée, vue prise depuis la salle à manger, avec au fond, le salon de musique. A droite, les sièges du salon de musique, commandés à Jacob Frères en 1800, marquent l’entrée du style Consulat à Malmaison par leur forme inédite et jeu de couleurs.
Afficher la galerie
A gauche, enfilade du rez-de-chaussée, vue prise depuis la salle à manger, avec au fond, le salon de musique. A droite, les sièges du salon de musique, commandés à Jacob Frères en 1800, marquent l’entrée du style Consulat à Malmaison par leur forme inédite et jeu de couleurs.
©Guillaume de Laubier

Vue de l’aile sud depuis le haut du jardin de l’Empereur.
Afficher la galerie
Vue de l’aile sud depuis le haut du jardin de l’Empereur.
©Guillaume de Laubier

Article publié le 27 octobre 2017

Articles à lire sur le même sujet

Ajouter un commentaire