La Propriété Caillebotte, un repère impressionniste niché en Essonne

Dans ce domaine de villégiature, Gustave Caillebotte passa son enfance et une partie de sa vie. Ce site, situé à 20 minutes de Paris et admirablement rénové, accueille aussi des expositions temporaires.

L’Orangerie est une construction des années 1830. Sa restauration en 1998 a nécessité l’emploi de micropieux. Elle sert aujourd’hui de lieu culturel, pour les concerts de musique, les animations et les expositions temporaires.

20 ans de travaux de rénovation

Elle doit son nom actuel au père du peintre Gustave Caillebotte, Martial Caillebotte qui l’a achetée en 1860 et qui y séjournera jusqu’à sa mort en 1874. Mais c’est Pierre-Frédéric Borrel, grand chef de cuisine du restaurant « Au Rocher de Cancale » qui lui a donné son visage actuel. Et c’est à la suite de la faillite du dernier propriétaire, en 1973, que la ville de Yerres en Essonne racheta le domaine. Mais il a fallu attendre 1995 pour que la restauration du site, acquis pour 1 franc symbolique à l’état d’abandon, débute enfin. Achevés en juin 2017, les travaux de rénovation se sont terminés avec la restauration de la maison familiale et principale. Rappelant la Grèce antique, ce bâtiment enduit de blanc, affiche toujours son style néo-classique en vigueur à la fin du XVIIIème siècle avec son répertoire gréco-romain, de fronton, colonnades, péristyle et frises de bas reliefs…

A gauche, le Kiosque qui servait autrefois de glacière et pour se protéger des chaleurs de l’été. A droite, le Chalet Suisse, avec éléments de façade, toiture et balcon en bois « découpé à jour », inspiré des maisons du canton de Berne et agrémenté de conifères. Avec une dimension de voyage, il participe à l’ornement typique d’un parc paysager à l’anglaise. Salon de thé et restaurant sont venus s’y réfugier.
Afficher la galerie
A gauche, le Kiosque qui servait autrefois de glacière et pour se protéger des chaleurs de l’été. A droite, le Chalet Suisse, avec éléments de façade, toiture et balcon en bois « découpé à jour », inspiré des maisons du canton de Berne et agrémenté de conifères. Avec une dimension de voyage, il participe à l’ornement typique d’un parc paysager à l’anglaise. Salon de thé et restaurant sont venus s’y réfugier.
©Ville de Yerres et Christophe Brachet

Une reconstitution fidèle

La maison principale ou Casin italien inscrite à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques, offre des intérieurs aux ensembles décoratifs reconstitués qui respectent l’esprit de l’époque A l’intérieur, deux pièces maîtresses, la salle du billard, au rez-de-chaussée, et la chambre parentale à l’étage, avec une salle de réception et d’agrément au niveau bas, et des appartements privés au niveau supérieur. Tous les éléments de mobilier et les décors ont malheureusement disparus, mais la reconstitution s’inspire des principes et descriptifs trouvés dans les textes conservés. Sous le tapis de la salle à manger, un plancher en chêne à point de Hongrie et au plafond, un compartimentage dont le panneau central était décoré d’une grande fresque représentant un ciel… Aujourd’hui, le mobilier de style Charles X correspond au style en vogue du début du XIXème siècle. La salle de billard a été reproduite par Gustave Caillebotte dans un tableau curieusement inachevé, mais très représentatif de ces « Intérieurs » qu’il a beaucoup peints au début de sa carrière.

Dans la salle à manger, les Caillebotte avaient conservé les transformations de Pierre-Frédéric Borrel comme les lambris bas d’appui en panneaux de chêne verni, surmontés d’une série de 8 paysages peints par Corot et Barbot. Aujourd’hui, un panorama de papiers-peints les remplace.
Afficher la galerie
Dans la salle à manger, les Caillebotte avaient conservé les transformations de Pierre-Frédéric Borrel comme les lambris bas d’appui en panneaux de chêne verni, surmontés d’une série de 8 paysages peints par Corot et Barbot. Aujourd’hui, un panorama de papiers-peints les remplace.
©Ville de Yerres

Un parc paysager recomposé

Dans le jardin, différentes fabriques : l’Orangerie visible depuis la cour, forme un petit temple antique dans le même style que le bâtiment principal. Tandis que les autres constructions dispersées dans la nature et d’inspirations différentes font référence à des modèles exotiques ou pittoresques, potager, cabane, chapelle, banc couvert, volière, kiosque ou chalet suisse…La propriété, qui se visite, est agrémentée d’expositions temporaires organisées dans deux des bâtiments attenants à la maison principale, la Ferme Ornée et l’Orangerie. Jusqu’au 27 juillet 2018, une exposition de peinture de style symboliste enchante les lieux avant de faire place, cet automne, à une présentation de photographies, la collection Sondra Gilman et Celso Gonzales-Falla dessinant un panorama des œuvres iconiques des photographes les plus importants du XXème et XXIème siècles : 130 tirages d’Edward Steichen à Hiroshi Sugimoto, en passant par Walker Evans. En attendant, poussez donc « La Porte des Rêves » pour découvrir 160 œuvres symbolistes essentiellement issue d’une collection privée française.    

Contact :
Propriété Caillebotte

8, rue de Concy
911330 Yerres
www.proprietecaillebotte.com

Ouverture du 24 mars au 5 novembre, du mardi au dimanche de 14h00 à 18h30 (pour les expositions et la Maison Caillebotte également visitable du 6 novembre au 24 novembre 2018, les samedis, dimanches et jours fériés de 14h00 à 18h30). Le Parc Caillebotte est, quant à lui, ouvert toute l’année, à partir de 9h00 avec horaires de fermeture, variables en fonction des saisons de 18h30 à 21h00. 

Ancien manoir seigneurial, la maison principale et familiale appelée le Casin a été transformée en villa palladienne par Pierre-Frédéric Borrel, au début du XIXème siècle. Ce dernier a travaillé en collaboration avec les plus grands architectes de son temps. Ses lignes de structures horizontales renvoient à la l’architecture de la Rome impériale, et sa succession de pleins et de vides avec niches et colonnes s’inspirent de la théorie de la Renaissance.
Afficher la galerie
Ancien manoir seigneurial, la maison principale et familiale appelée le Casin a été transformée en villa palladienne par Pierre-Frédéric Borrel, au début du XIXème siècle. Ce dernier a travaillé en collaboration avec les plus grands architectes de son temps. Ses lignes de structures horizontales renvoient à la l’architecture de la Rome impériale, et sa succession de pleins et de vides avec niches et colonnes s’inspirent de la théorie de la Renaissance.
©Ville de Yerres et Christophe Brachet

La Ferme Ornée, avec son crépi de teinte rosée qui imite la brique, doit son appellation à Watelet au XVIIIème siècle. Autrefois faisant partie des bâtiments agricoles, elle abrite depuis 2009 un Centre d’Art et d’Expositions.
Afficher la galerie
La Ferme Ornée, avec son crépi de teinte rosée qui imite la brique, doit son appellation à Watelet au XVIIIème siècle. Autrefois faisant partie des bâtiments agricoles, elle abrite depuis 2009 un Centre d’Art et d’Expositions.
©Ville de Yerres

Le Kiosque est posé sur une butte au décor végétal en forme de labyrinthe. Il est émaillé d’éléments de style oriental, fleur de lotus, faux bambous et figure du Griffon.
Afficher la galerie
Le Kiosque est posé sur une butte au décor végétal en forme de labyrinthe. Il est émaillé d’éléments de style oriental, fleur de lotus, faux bambous et figure du Griffon.
©Ville de Yerres

Dans la salle du billard, ouverte sur le parc, le mobilier se compose d’une suspension à deux globes, d’une étagère à queue et d’un compteur pour enregistrer les points gagnants.
Afficher la galerie
Dans la salle du billard, ouverte sur le parc, le mobilier se compose d’une suspension à deux globes, d’une étagère à queue et d’un compteur pour enregistrer les points gagnants.
©Ville de Yerres

La salle de jeux a été retapissée de « perses » aux motifs floraux multicolores comme Martial Caillebotte l’avait décorée.
Afficher la galerie
La salle de jeux a été retapissée de « perses » aux motifs floraux multicolores comme Martial Caillebotte l’avait décorée.
©Ville de Yerres

Dans le salon, les murs ont été recouverts de papier-peint privilégiant les scènes mythologiques à la façon du château de La Malmaison.
Afficher la galerie
Dans le salon, les murs ont été recouverts de papier-peint privilégiant les scènes mythologiques à la façon du château de La Malmaison.
©Ville de Yerres

La salle Gustave raconte le parcours du peintre et mécène Gustave Caillebotte.
Afficher la galerie
La salle Gustave raconte le parcours du peintre et mécène Gustave Caillebotte.
©Ville de Yerres

La salle Martial rend hommage au père de Gustave Caillebotte, Martial Caillebotte, compositeur et interprète de musique, inventeur d’un système de classement pour philatéliste, photographe et reporter.
Afficher la galerie
La salle Martial rend hommage au père de Gustave Caillebotte, Martial Caillebotte, compositeur et interprète de musique, inventeur d’un système de classement pour philatéliste, photographe et reporter.
©Ville de Yerres

La salle Alfred évoque la vie d’Alfred, frère aîné de Gustave Caillebotte, devenu abbé et missionnaire, dit « le plus riche curé de Paris » et pour lequel Martial Caillebotte a fait construite une chapelle toujours présente sur le domaine de Yerres.
Afficher la galerie
La salle Alfred évoque la vie d’Alfred, frère aîné de Gustave Caillebotte, devenu abbé et missionnaire, dit « le plus riche curé de Paris » et pour lequel Martial Caillebotte a fait construite une chapelle toujours présente sur le domaine de Yerres.
©Ville de Yerres

Dans le vestibule, portraits de famille, faux marbre, boiseries et sol avec dalles et cabochons de pierre en contraste, recomposant un décor de la fin du XIXème siècle.
Afficher la galerie
Dans le vestibule, portraits de famille, faux marbre, boiseries et sol avec dalles et cabochons de pierre en contraste, recomposant un décor de la fin du XIXème siècle.
©Ville de Yerres

Dans la cuisine, carreaux de Delft réédités et cuivres rutilants, au-dessus de la cuisinière en fonte.
Afficher la galerie
Dans la cuisine, carreaux de Delft réédités et cuivres rutilants, au-dessus de la cuisinière en fonte.
©Ville de Yerres

Dans la chambre parentale, mobilier de style Empire avec lit sur estrade, consoles, psyché, soieries tapissant les murs et ciel de lit aux retombées lourdement chargées de passementerie.
Afficher la galerie
Dans la chambre parentale, mobilier de style Empire avec lit sur estrade, consoles, psyché, soieries tapissant les murs et ciel de lit aux retombées lourdement chargées de passementerie.
©Ville de Yerres

Dans l’exposition La Porte des Rêves, Un regard symboliste, Le Mystère de la nuit, 1897, Alphonse Osbert, collection privée.
Afficher la galerie
Dans l’exposition La Porte des Rêves, Un regard symboliste, Le Mystère de la nuit, 1897, Alphonse Osbert, collection privée.
©Thomas Hennocque

Dans l’exposition La Porte des Rêves, Un regard symboliste, Docks de Londres, un dimanche, 1902, Charles Lacoste, collection privée.
Afficher la galerie
Dans l’exposition La Porte des Rêves, Un regard symboliste, Docks de Londres, un dimanche, 1902, Charles Lacoste, collection privée.
©Thomas Hennocque

Article publié le 12 juillet 2018

Articles à lire sur le même sujet

Ajouter un commentaire