La renaissance de la Villa Cavrois

Construite au début des années 1930, cette construction emblématique et chef- d’œuvre de l’architecture moderniste du XXème siècle Robert Mallet-Stevens ouvre ses portes aux visiteurs à partir du 13 juin 2015. A découvrir non loin de Roubaix.

La façade sud de la villa Cavrois est marquée par un long miroir d’eau, évoquant les jardins du XVIIe siècle, qui s’inscrit dans une organisation spatiale contrôlée et dégagée.

Une restauration colossale

Habitée par la famille Cavrois jusqu’en 1987, cette demeure avait subit de nombreux dommages entre 1988 et 2001. Classée monument historique fin 1990 et acquise par l’Etat en 2001, elle a été admirablement restaurée à l’intérieur comme à l’extérieur ainsi que son parc. Le coût de l’ensemble des  travaux a été évalué à 23 millions d’euros et a duré 15 ans, à partir de la première étude réalisée. Elle a nécessité l’intervention de 230 ouvriers, 18 corps de métier. 80 % de parquets ont été conservés et restaurés et 90 % de la structure métallique de la boîte à lumière en verre dépoli du vestibule a été sauvée.

Dans le vestibule, sont exposées trois des quatre appliques aux cerceaux en aluminium poli créées par Jacques le Chevallier et René Koechlin. La quatrième applique a été restituée à partir de l’étude des appliques d’origine. Cet ensemble souligne l’importance du travail de Mallet-Stevens sur la lumière et rappelle son activité de décorateur de cinéma.
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Dans le vestibule, sont exposées trois des quatre appliques aux cerceaux en aluminium poli créées par Jacques le Chevallier et René Koechlin. La quatrième applique a été restituée à partir de l’étude des appliques d’origine. Cet ensemble souligne l’importance du travail de Mallet-Stevens sur la lumière et rappelle son activité de décorateur de cinéma.
©Jean-Luc Paillé – CMN © Robert Mallet-Stevens – ADAGP

Une villa d’avant-garde…

« Demeure pour une famille nombreuse. Demeure pour une famille vivant en 1934 : air lumière, travail, sports, hygiène, confort, économie (…) grandes baies vitrées au midi pouvant s’ouvrir largement. Grandes surfaces vitrées donnant le maximum de clarté. Eclairage indirect puissant pour la nuit. Bureau, salles d’études permettant de travailler dans le calme. Salle de jeux, grande piscine extérieure pour nager et plonger. Nombreuses salles de bains, surfaces lavables, nettoyage par le vide, ventilation de tous les locaux suivant une hygiène complète. Téléphone, heure électrique, T.S.F., chauffage central avec thermostat, ascenseur, procurent un confort agréable. Matériaux simples mis en œuvre avec un grand souci d’économie.» Voilà la présentation que fit l’architecte Robert Mallet-Stevens de l’édifice qu’il avait achevé deux années plus tôt dans l’ouvrage Une demeure 1934, qu’il édite en hommage au commanditaire et aux entreprises.

 

De grands volumes : le bâtiment spacieux, doté d’un bassin de natation, offre une forme horizontale. Il est articulé en son centre par un pivot vertical demi-cylindrique, par ses baies tripartites et par le système de distribution de ses espaces. Ses proportions sont imposantes – près de 60 mètres de long, 3 800 m² de surface de planchers dont près de 1 800 m² de pièces habitables et 830 m² de terrasses – organisées selon les principes d’axialité et de symétrie des châteaux du XVIIe siècle.
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De grands volumes : le bâtiment spacieux, doté d’un bassin de natation, offre une forme horizontale. Il est articulé en son centre par un pivot vertical demi-cylindrique, par ses baies tripartites et par le système de distribution de ses espaces. Ses proportions sont imposantes – près de 60 mètres de long, 3 800 m² de surface de planchers dont près de 1 800 m² de pièces habitables et 830 m² de terrasses – organisées selon les principes d’axialité et de symétrie des châteaux du XVIIe siècle.
©Jean-Luc Paillé – CMN © Robert Mallet-Stevens – ADAGP

…mais pas une théorie

Contrairement à la villa Savoye, la villa Cavrois n’est pas un manifeste opératoire, mais une demeure particulière au dessin singulier dans la mouvance moderniste de l’époque. Elle concentre toutes les technologies avancées de l’époque et constitue un choc esthétique. Elle représente la création la plus aboutie de Mallet-Stevens, reposant sur la grande confiance que lui avait accordée son commanditaire, Paul Cavrois. Elle a été restaurée avec fidélité, mais certains éléments n’ont pas pu être reconstitués. On peut aussi la découvrir telle qu’elle était meublée en 1932, grâce à une reconstitution en réalité augmentée, visible sur une tablette numérique. Le fumoir était traité comme un coffret précieux : un placage d’acajou de Cuba recouvre toutes les surfaces, y compris le plafond, et il était meublé d’une banquette en cuir vermillon.

Dans la cuisine et l’office, les meubles étaient en métal, peints en blanc : ces espaces doivent ressembler à ceux d’une clinique, selon Mallet-Stevens. Ainsi chacun des espaces était conçu comme un ensemble homogène où le décor et le mobilier répondent aux besoins de ses occupants.

Trouvez-vous  ce « château moderne » toujours d’avant-garde ?

Renseignements : 
Centre des monuments nationaux
Villa Cavrois
60, avenue John-Fitzgerald Kennedy
59170 Croix
Tél. : 03 20 73 47 12
www.villa-cavrois.fr

Des ensembles mobiliers cohérents sont présentés dans différentes pièces afin d’évoquer l’esprit d’une habitation au confort moderne. Le mobilier en placage de noyer donne le ton dans le grand hall.
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Des ensembles mobiliers cohérents sont présentés dans différentes pièces afin d’évoquer l’esprit d’une habitation au confort moderne. Le mobilier en placage de noyer donne le ton dans le grand hall.
©Jean-Luc Paillé – CMN © Robert Mallet-Stevens – ADAGP

Les matériaux employés sont nobles (essences de bois, marbres...), de diverses origines (Italie, Belgique, Suède) et leur emploi varie en fonction des pièces : marbre vert de Suède et mobilier en placage de poirier vernis dans la salle à manger... Selon les théories de l’UAM, la villa prône le dépouillement des formes, la simplification du décor, le recours aux matériaux et à la technique industriels (verre, métal, acier). Le métal est partout présent, par exemple sur les éclairages et les cache-radiateurs.
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Les matériaux employés sont nobles (essences de bois, marbres...), de diverses origines (Italie, Belgique, Suède) et leur emploi varie en fonction des pièces : marbre vert de Suède et mobilier en placage de poirier vernis dans la salle à manger... Selon les théories de l’UAM, la villa prône le dépouillement des formes, la simplification du décor, le recours aux matériaux et à la technique industriels (verre, métal, acier). Le métal est partout présent, par exemple sur les éclairages et les cache-radiateurs.
©Jean-Luc Paillé – CMN © Robert Mallet-Stevens – ADAGP

Article publié le 17 mai 2015

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