La vision reconstruite du photographe Stéphane Couturier

Ses barres d’immeuble, fragments d’architecture, usines ou chantiers recomposent des architectures sublimées. A découvrir au Musée de la Photographie de Charleroi, en Belgique, jusqu’au 3 décembre 2017.

Bab-el-Oued, Titanic Partie 1, Alger 2013-2015.
Voir plus : facade, photographie

Un jeu de trames

Le photographe Stéphane Couturier promène son regard dans de grands ensembles architecturaux et urbains ou des usines chez Alstom ou Toyota, à Brasilia, Marseille, La Havane, ou Alger. Puis il compose des télescopages d’images entre construction réelle et reconstruction photographique. Dans la série intitulée « Melting », Stéphane associe plusieurs prises de vue d’un même lieu au sein d’une même image, les incrustant pour en proposer la synthèse, jouant ainsi sur l’ambiguïté entre deux réalités. C’est en 2011 que Stéphane Couturier a entrepris un travail composé de séries photographiques et de vidéos sur la cité. Avec « Climat de France » à Alger, il s’amuse avec les images, les codes, la notion de temps et d’espace.

Série Melting power, usine Alstom, Photo n°3, halle de transport, Belfort, 2009.
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Série Melting power, usine Alstom, Photo n°3, halle de transport, Belfort, 2009.
©Stéphane Couturier

Le paradoxe de l’absence de la perspective

Comme des tableaux cubistes, les œuvres de Stéphane Couturier font l’impasse sur la perspective pour ne considérer que l’espace plan et les limites de la photographie. Alors que ses sujets s’intéressent justement à l’architecture, aux espaces en construction, reconstruction ou reconversion avec des squelettes et des maillages d’échafaudages de châssis et de poutres qui composent des images dans l’image, il n’y a pas de vision de perspective ni d’axiométrie dans sa recherche. La perspective écrasée, comme une coupe sans recul et immergée dans le sujet, est renforcée par les formats imposants des tirages photographiques. Une approche unique des bâtiments et l’univers des bâtisseurs…

Série Melting point, Bab-el-Oued, n°7, Alger – 2016.
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Série Melting point, Bab-el-Oued, n°7, Alger – 2016.
©Stéphane Couturier

Des images universelles

Les photos de Stéphane Couturier expriment aussi l’universalité des chantiers non identifiables que l’on trouve autant à Séoul, à Singapour, à New-York qu’à Berlin ou Paris. Et sur ses images de grands ensembles construits en périphérie avec une économie de moyens, la partition rythmée des fenêtres, portes, balcons et cages d’escaliers est bousculée par les débordements de vie, le linge, les antennes paraboliques, les câbles, les enseignes et les plantes. Les volumes bétonnés et calibrés qui composent la géométrie des façades laissent apercevoir les manifestations intempestives de l’humain…que l’on ne peut juguler !

Berlin-Photo n°9, Krausenstrasse-1996.
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Berlin-Photo n°9, Krausenstrasse-1996.
©Stéphane Couturier

Contact : Exposition Melting, jusqu’au 3 décembre 2017
Musée de la Photographie
11, avenue Pastur
6032 Charleroi (Mont-sur-Marchienne)
Belgique
Tél. : +32(0)71 43 58 10
Mail : info@museephoto.be
www.museephoto.be

Grand Palais, échafaudages - n°1, Paris 8, 2008.
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Grand Palais, échafaudages - n°1, Paris 8, 2008.
©Stéphane Couturier

La Havane- mur n°1-2005.
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La Havane- mur n°1-2005.
©Stéphane Couturier

Article publié le 12 octobre 2017

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