Deux ateliers dans une menuiserie

Dans une ancienne menuiserie encore en activité récemment, l’architecte Frédéric Thet a réorganisé les volumes en ateliers d’artistes, tout en valorisant le patrimoine industriel du bâtiment. Explication du projet.

La façade côté rue reste fidèle à la simplicité et l’harmonie du bâtiment : bardage en douglas (ou pin d’Oregon) et verrière en polycarbonate alvéolé.

Quel était l’état du bâtiment avant ce projet?

Sur une parcelle de 10 mètres de largeur, plusieurs corps de bâtiments étaient implantés formant un ensemble mitoyen de part et d’autre ; au bout, un vaste terrain. Les toitures disparates en pente sheds (forte pente d’un côté généralement exposé au nord), l’enfilade de bâtiments étaient propices à la création d’ateliers d’artistes. Mais il fallait restructurer l’ensemble tout en respectant l’architecture industrielle. La cour donnant sur la rue a été conservée en l’état ; derrière le grand terrain a été aménagé en jardin paysager.

L’ancienne menuiserie est divisée en quatre corps de bâtiment avec deux mezzanines à usage privé.
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L’ancienne menuiserie est divisée en quatre corps de bâtiment avec deux mezzanines à usage privé.
©Xavier Muyard

Quel a-été le  cahier des charges ?

La mairie et son Plan Local d’Urbanisme (PLU) m’a imposé de rester dans l’enveloppe du bâti existant. Donc pas de reconstruction ni d’extension possibles. L’idée a été de réorganiser les quatre corps de bâtiments et d’y installer deux ateliers d’artistes indépendants, avec de l’espace majoritaire pour y travailler et des coins de replis et d’habitation pour l’un d’entre eux.

Le grand volume de l’atelier culmine à plus de 6,50 m. La charpente en bois a été créée et le volume est dans l’alignement du faîtage. La mezzanine loge la partie habitation dans une volumétrie très compacte.
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Le grand volume de l’atelier culmine à plus de 6,50 m. La charpente en bois a été créée et le volume est dans l’alignement du faîtage. La mezzanine loge la partie habitation dans une volumétrie très compacte.
©Xavier Muyard

Les pièces communes et les pièces privatives cohabitent, comment avez-vous créé ces espaces ?

L’entrée est une salle d’accueil pour le public et les expositions. Pour accéder séparément aux deux ateliers, j’ai créé une circulation permettant l’accès au second l’atelier côté jardin. Au centre comme un patio, le jardin d’hiver fait la jonction entre les deux ateliers; il est éclairé par une verrière zénithale qui apporte de la lumière aux ateliers avec la réfection des deux façades de séparation. J’ai ajouté des ouvertures aléatoires à ces façades. Pour conserver le cachet industriel, les murs en briques ont été nettoyés et laissés à état brut  ou peints en blanc. Dans le second atelier, la mezzanine a été créée pour un espace de vie privatif.

L’entrée est une salle d’accueil pour le public et un lieu d’exposition peint en blanc.
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L’entrée est une salle d’accueil pour le public et un lieu d’exposition peint en blanc.
©Xavier Muyard

Comment avez-vous résolu problème du chauffage, inhérent aux grands volumes?

D’abord par l’isolation thermique très soignée. Les verrières sont en fait des panneaux sandwich alvéolaires  de 7 cm qui ont l’avantage de se marier très bien avec le bardage bois et d’être facile à mettre en œuvre, de part leur légèreté. Répondant aux normes BBC, le chauffage est assuré par une pompe à chaleur réversible air-air et un poêle à bois installé dans le jardin d’hiver (en complément). Ce système de pompe à chaleur bien connu utilise l’air ambiant, dont il restitue la chaleur en pulsant de l’air chaud. Il est réversible et sert de climatiseur en été.

Le jardin d’hiver est commun aux deux ateliers. Il bénéficie de beaucoup de lumière, grâce à la verrière zénithale en polycarbonate alvéolé. Au sol un plancher en ipé (bois exotique) ; les murs sont en briques d’origine.
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Le jardin d’hiver est commun aux deux ateliers. Il bénéficie de beaucoup de lumière, grâce à la verrière zénithale en polycarbonate alvéolé. Au sol un plancher en ipé (bois exotique) ; les murs sont en briques d’origine.
©Xavier Muyard

Quel esprit avez-vous donné à ce lieu atypique ?

On retrouve les codes de l’architecture industrielle avec les pentes de toit en sheds, (toiture des usines) qui sont caractéristiques mais aussi les codes de la maison individuelle, avec une toiture à deux pentes. C’est aussi l’esprit de l’atelier d’artiste du début XXème, avec une mezzanine et un grand volume pour y travailler. Ce sont les artistes qui ont eu ce souhait et ils m’ont accordé une confiance totale !

Fiche technique 
Maître d’ouvrage : privé
Maîtrise d'œuvre : Frédéric Thet architecte
Agence Tdesign architecture www.tdesignarchitecture.com
Paysagiste : Prévet paysage  www.prevetpaysages.com
Surface Shon : 400 m²
Coût des travaux : 460 000 € HT

Plan rez de chaussée: derrière les ateliers, le vaste terrain industriel tout en longueur a été entièrement redessiné par un  paysagiste.
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Plan rez de chaussée: derrière les ateliers, le vaste terrain industriel tout en longueur a été entièrement redessiné par un paysagiste.
©Frédéric Thet

Plan de l'étage: l'architecte Frédéric Thet s'est efforcé de respecter le PLU qui exigeait que le nouveau bâtiment soit pensé dans l’enveloppe du bâti existant, sans reconstruction ni extension.
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Plan de l'étage: l'architecte Frédéric Thet s'est efforcé de respecter le PLU qui exigeait que le nouveau bâtiment soit pensé dans l’enveloppe du bâti existant, sans reconstruction ni extension.
©Frédéric Thet

Le second atelier donne sur le jardin d’hiver. Au sol, le béton est peint en gris anthracite pour une facilité d’entretien.
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Le second atelier donne sur le jardin d’hiver. Au sol, le béton est peint en gris anthracite pour une facilité d’entretien.
©Xavier Muyard

La toiture d’origine, en shed, dont la pente est orientée au nord, a été transformée en verrière.
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La toiture d’origine, en shed, dont la pente est orientée au nord, a été transformée en verrière.
©Xavier Muyard

 

Article publié le 23 février 2015

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