Comment faire construire une maison passive en France : synthèse des résultats

Le climat de la France est très varié et notre étude montre la multiplicité des solutions possibles pour parvenir au respect du label passif en ce qui concerne les besoins de chauffage ... La performance thermique de la maison ne tient pas qu'à la qualité des murs !

Principe de VMC dans la maison Karawitz. Première maison passive d'Île de France.
Cet article fait partie du dossier Maison Passive, bien comprendre

Synthèse des résultats

L'importance de la qualité des menuiseries, ventilation et de l'étanchéité à l'air

La performance thermique de la maison ne tient pas qu'à la qualité des murs !

Eu égard aux attentes de nos lecteurs, un système pouvant être considéré d' « entrée de gamme », comme les murs en blocs béton, polystyrène TH32, mais associé à de « bonnes  menuiseries / ventilation / étanchéité à l'air » atteint les mêmes performances qu'une solution à ossature bois avec 25 cm d'isolant dans les murs mais avec des fenêtres plus ordinaires et une simple VMC hygro B.

Comme les fabricants de bicyclettes qui associent la qualité du cadre à celle du dérailleur et de la selle, faites de même pour votre maison et trouvez la bonne dose d'investissement entre les murs, les fenêtres et la VMC.  Encore peu connue en France, la notion d'étanchéité à l'air prend de plus en plus d'importance avec l'utilisation de VMC double-flux.

Confort d'été : prime à l'orientation !

Tous nos comparatifs sont basés sur une maison largement orientée au sud, avec un auvent bien dimensionné et sans fenêtre de toit.

La simulation de toutes nos solutions, indique un confort d'été acceptable sur toute la moitié nord et le grand ouest de la France, dès que l'on ferme "normalement" les volets (fermés à 50% pour les pièces à vivre et rez de chaussée et à 80% pour les chambres de l'étage). 

Par contre, les logements situés dans les des régions les plus chaudes du midi, ou pour les personnes qui veulent garantir une fraîcheur même en cas de canicule type 2003, auront intérêt à vérifier les performances d'été en premier lieu sur les localités des régions Provence, Languedoc et Roussillon (Perpignan, Carpentras, Marseille...) et dans une moindre mesure en Midi-Pyrénées (Toulouse, Agen, Gourdon, Millau).

L'isolation par l'extérieur n'est plus un passage obligé

Les études thermiques de notre dossier ont démontré que l'isolation par l'extérieur n'est plus un passage obligé pour qui veut diminuer les ponts thermiques et préserver le confort d'été, ce qui confirme les résultats de notre comparatif isolation par l'intérieur et par l'extérieur.

Les simulations effectuées sur des constructions en briques à joint minces tant en isolation par l'intérieur que par l'extérieur sont identiques en toutes régions dès lors que l'on conserve une contre-cloison en brique.

L'isolation par l'extérieur conserve bien entendu tout son intérêt en rénovation, même si sa mise en oeuvre est plus onéreuse, notamment à cause du parement extérieur.

L'ossature bois ne conserve son intérêt que dans les fortes épaisseurs d'isolation

La réputation haut de gamme de l'ossature bois fait de ce système constructif une cible de choix d'une clientèle exigeante voulant démarquer leur habitat de la conventionnelle maçonnerie.

Mais qui l'aurait cru ? En versions d'entrée de gamme, les ossatures bois (typiquement  avec leur 12 cm d'isolant entre montants), ont une performance thermique sensiblement inférieure aux maisons maçonnées "RT-2005" (typiquement les maisons en Bloc Béton avec complexe de doublage PSE et rupteurs de ponts thermiques).

Pour rentabiliser le surcoût du parement  extérieur (bardage) par rapport à un crépi sur mur maçonné, et garder une longueur d'avance sur les constructions conventionnelles, une construction ossature bois se doit d'avoir au moins 17cm d'isolant dont une partie posée contre les montants pour éviter les ponts thermiques.

Hiver doux et étés frais, les caractéristiques de la maison ossature bois la rendent adaptée au climat des régions Bretagne - Pays de la Loire. Ces sont justement les régions où s'elle s'implante le plus.

Prime aux constructions maçonnées dans le midi

Forte durée d'enseillement, rayonnement intense, températures élevées, les étés du sud de la France mettent à l'épreuve les habitations.

Même en ajustant la température maximale de confort à plus de 27° à l'intérieur, seules les constructions maçonnés présentant à la fois un bon déphasage (murs épais) et une inertie (présence de matériaux lourds côté intérieur) sortent du lot avec en premier lieu les monomurs de terre cuite, talonnés par les monomurs de béton cellulaire. Il est à noter qu'un complément d'isolation par l'intérieur reste possible avec l'utilisation d'un apport d'inertie avec contre-cloison (ou bien avec refends lourds).

Pas de solution unique pour construire une maison passive

Les deux principaux critères d'attribution du label maison passive sont le besoin de chauffage qui doit rester inférieur ou égal à 15kWh/m².an et l'étanchéité à l'air qui doit rester en deçà de 0,6 volume/heure lorsque la maison est soumise à un test de dépression de 50 Pa (ce qui équivaut à un vent de 35 km/h qui soufflerait vers chacune de ses faces).

Si l'on se limite au premier critère de 15kWh/m².an (car il permet déjà de s'affranchir de l'installation d'un gros système de chauffage tel un plancher chauffant), alors construire une maison passive à Nice ou à Bastia devient très facile !
Avec la maison compacte et bien orientée que nous avons utilisée,  dès la solution bloc béton + doublage polystyrène graphité PSE TH38, ce critère est atteint à Nice et à Bastia !

Si l'on arrive à obtenir une étanchéité à l'air répondant au critère exigé par le label maison passive, et avec une bonne VMC double flux, alors la solution bloc béton + doublage polystyrène graphité PSE TH38 permet même de répondre au label passif sur toute la côte méditerranéenne ainsi qu'à Bayonne, Biarritz et Pau ... mais cette solution ne permet pas d'atteindre un confort d'été suffisant dans les villes les plus chaudes.

Dans ces villes les plus méridionales, les solutions à base de monomur de terre cuite de 37,5 cm permettent également d'atteindre le crière maison passive avec cette fois un bon confort d'été et les briques isolante de type A (20cm, R=1) avec un complément d'isolation font même mieux.

Une solution basée sur un mur en béton cellulaire de 30cm avec complément d'isolation permet même de satisfaire au critère passif sur plus des trois-quarts de la France métropolitaine, même sans recours au triple vitrage, mais avec l'étanchéité à l'air et la VMC double flux ad hoc. 

Rappelons toutefois que les constructions à isolation réparties (monomurs de terre cuite ou de béton cellulaire) sont pénalisées en zones sismiques du fait du compléments de poteaux et de poutres en béton armé rendus nécessaires. Cette pénalisation est amoindrie en cas de complément d'isolation raportée soit à l'extérieur soit à l'intérieur.

Enfin, pour les villes les plus froides du nord-est, triple vitrage et épaisseur d'au moins 25 cm d' « équivalent isolant » seront de rigueur ... pour affronter la rigueur des hivers. Et dans ce contexte, seules les solutions ossature bois (à forte épaisseur d'isolant) ou bois massif se démarquent pour éviter les murs de l'épaisseur d'un château fort !

Article publié le 21 septembre 2008

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