A Montpellier, transformation d’un hôpital en campus universitaire

Le nouveau campus Saint-Charles ouvre à Montpellier. C’était autrefois l’hôpital Saint-Charles et un dépôt de mendicité. Hommes et femmes y vivaient séparés. Aujourd’hui, étudiants et chercheurs l’investissent, filles et garçons sont réunis à l’unisson. Un chantier d’envergure, bien soigné, signé par l’agence d’architecture Hellin-Sebbag.

Sur la façade d’entrée, seuls le niveau 2 et la partie centrale qui, à terme, accueillera une extension, sont remplacés par un mur rideau vitré pour éclairer respectivement le hall et la bibliothèque.

Un site exceptionnel

Cette vaste entreprise de réhabilitation, dont la seconde tranche, est en cours concerne 15000 m² et une extension de 3500 m², en prévision. La première tranche, actuellement terminée, a concerné l’Hôpital Général, austère bâtisse, telle une prison, créée en 1678 par Louis XIV, avec le concours de l’architecte Antoine Armand. Cet hôpital a été construit sur l’ancien clos des Charmes, et s’est doté en 1745 de l’aile des incurables, dont l’architecte Jean Giral assura la création. Et tandis que l’aile des incurables sera bientôt reconvertie en Maisons des Sciences de l’Homme et Département d’Archéologie, la chapelle Saint-Charles, à ses côtés, classée Monument Historique depuis 1947, sommeille encore. Les architectes ont choisi de reconstituer, tout en l’interprétant, l’édifice existant inscrit à l’Inventaire des Monuments Historiques depuis 1997. Brigitte Hellin et Hilda Sebbag ont créé un bâtiment fluide et transparent, parfaitement intégré dans son quartier, pour recevoir 1500 personnes.

Réponse contemporaine à l’escalier existant conservé, un escalier monumental en béton préfabriqué blanc, doublé d’un ascenseur, dessert le nouveau hall d’entrée.
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Réponse contemporaine à l’escalier existant conservé, un escalier monumental en béton préfabriqué blanc, doublé d’un ascenseur, dessert le nouveau hall d’entrée.
©DR, Hellin-Sebbag

Côté cour

Sur la façade des bâtiments des deux cours intérieures, on retrouve le rythme régulier des ouvertures d’origine, mais les fenêtres étriquées ont été remplacés par des baies vitrées, qui s’ouvrent sur la cour au rez-de-chaussée et sur les nouvelles coursives, au niveau 1. Les marronniers de l’aile des hommes ont pu être sauvés, tandis qu’on a remplacé, par de jeunes arbres, les platanes malades de l’aile des femmes. La terre a été recouverte de dalles préfabriquées en béton architectonique, en périphérie, et d’un fin gravillon sous les arbres. Eclairage extérieur, très soigné, en sus.

La salle d’origine qui a permis d’aménager la cafétéria.
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La salle d’origine qui a permis d’aménager la cafétéria.
©DR, Hellin-Sebbag

A l’intérieur

La symétrie des bâtiments a été conservée, et les architectes ont réussi à jouer avec cette particularité, grâce à un code couleur qui fait le lien avec l’origine du lieu. En rouge et bleu, la dualité s’exprime. Mais ce qui préoccupe les architectes, aujourd’hui, c’est l’aile des incurables. Avec sa grande hauteur sous voûte de 5,3 mètres, elle va notamment accueillir un amphithéâtre qui permettra de glisser des gradins pour 100 personnes, dans l’aile centrale de 10,5 mètres de large. Et pour la circulation, on a déjà prévu une galerie extérieure semi-ouverte. Alors, cet ancien hôpital n’est-il pas en train de devenu le lieu rêvé pour étudier ?

Le bâtiment d’origine sombre et opaque témoigne d’une architecture de la fin du XVIIème siècle. A l’époque, il était destiné à accueillir des indigents.
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Le bâtiment d’origine sombre et opaque témoigne d’une architecture de la fin du XVIIème siècle. A l’époque, il était destiné à accueillir des indigents.
©DR, Hellin-Sebbag

Entre cour des platanes et cour des marronniers, un espace de circulation centrale et des passages ont été créés.
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Entre cour des platanes et cour des marronniers, un espace de circulation centrale et des passages ont été créés.
©DR, Hellin-Sebbag

Les plans originaux de l’Hôpital Général Saint-Charles présentent deux cours disposées de part et d’autre d’un axe de symétrie matérialisé par un épais mur de séparation. Cette barrière coupait longitudinalement le corps du bâtiment central en deux zones étanches : l’aile des femmes et sa cour des platanes, et l’aile des hommes avec sa cour des marronniers. Le mur a été percé au rez-de-chaussée et remplacé par un poteau au premier niveau.
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Les plans originaux de l’Hôpital Général Saint-Charles présentent deux cours disposées de part et d’autre d’un axe de symétrie matérialisé par un épais mur de séparation. Cette barrière coupait longitudinalement le corps du bâtiment central en deux zones étanches : l’aile des femmes et sa cour des platanes, et l’aile des hommes avec sa cour des marronniers. Le mur a été percé au rez-de-chaussée et remplacé par un poteau au premier niveau.
©DR, Hellin-Sebbag

Réalisation : 
Hellin-Sebbag, architectes associés
Brigitte Hellin et Hilda Sebbag, architectes DPLG
10, rue Emile Zola
34000 Montpellier
Tél. : 04 67 58 85 71 et 06 03 55 86 07
Mail : brigitte.hellin@wanadoo.fr et hellin.sebbag.m@wanadoo.fr
www.hellinsebbagarchitectes.com

Cafétéria, couleur fille et côté cour des marronniers.
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Cafétéria, couleur fille et côté cour des marronniers.
©DR, Hellin-Sebbag

La cour des platanes, en automne.
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La cour des platanes, en automne.
©DR, Hellin-Sebbag

L’escalier dessert directement l’administration située au niveau 1, et la bibliothèque au niveau 2.
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L’escalier dessert directement l’administration située au niveau 1, et la bibliothèque au niveau 2.
©DR, Hellin-Sebbag

Les murs d’une épaisseur de plus d’un mètre sont peints de rayures rouge et bleu, avec un effet de gradation des largeurs.
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Les murs d’une épaisseur de plus d’un mètre sont peints de rayures rouge et bleu, avec un effet de gradation des largeurs.
©DR, Hellin-Sebbag

Article publié le 7 septembre 2013

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