Lucien Longueville ou l’art de la construction métallique

Respect des traditions et d’un savoir-faire ancestral, tel est le maître-mot de Lucien Longueville. Ce membre de la 3ème génération d’une famille de serruriers ferronniers pour qui l’art de travailler le fer et l’acier est transmis en héritage, se lance dans la rénovation de vérandas et marquises anciennes, ainsi que dans la réalisation d’ouvrages de ferronnerie d’art, avec le même enthousiasme que lorsqu’il avait 14 ans.

Façade en ferronnerie parfaitement intégrée à l'architecture d'origine de la maison.
Voir plus : véranda

Maison.com : Comment s’est transmise la passion pour l’art de la serrurerie de génération en génération ?

Lucien Longueville : Mon père, comme mon grand-père, était serrurier ferronnier, et ma fille qui avait commencé par étudier le droit, est aujourd’hui à la tête d’un atelier de construction de serrurerie et ferronnerie dans le Sud-Ouest avec son mari. J’ai toujours essayé de lui transmettre, comme on m’a transmis, l’amour d’une profession passionnante qui permet de travailler de ses propres mains, avec une certaine indépendance et liberté. Être autonome en exerçant un métier extraordinaire, en cela qu’il est à contre-courant de l’automatisation (70% des réalisations sont exécutées à la main), est une richesse inestimable.

Aujourd’hui, l’acier occupe une place très importante dans la construction. On le retrouve aussi bien sur des chantiers contemporains tels que les lofts, que dans les ouvrages d’art. Il est bien plus délicat à travailler que l’aluminium qui, lui, limite les possibilités créatives.  J’espère que mes petits-enfants marcheront sur mes pas et ceux de leurs ancêtres. Les métiers manuels sont des métiers d’avenir, offrant au passionné la liberté d’entreprendre.

L’entreprise travaille de concours avec les Bâtiments de France
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L’entreprise travaille de concours avec les Bâtiments de France
©DR

Maison.com : L’entreprise a-t-elle évolué dans sa philosophie et d’un point de vue technique?

L.L. : L’entreprise est comme une grande famille dont je me sens le patriarche. Une cinquantaine de personnes y travaillent, tout atelier confondu (St-Ouen, Oise, Agen), et lorsque tout le monde se retrouve, conjoints y compris,  ce sont toujours de grands rassemblements. Entraide et complicité dans le travail sont des maîtres-mots.

Techniquement, l’entreprise n’a pas tant évolué que cela, même si les outils dont nous disposons sont, certes, beaucoup plus performants. Les palans, élévateurs et grues ont considérablement réduit la pénibilité du métier. Aujourd’hui à 63 ans, je suis toujours sur le terrain alors que, lorsque j’étais apprenti à 14 ans, les artisans étaient déjà épuisés à 40 ans.

Un exemple de véranda en rotonde
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Un exemple de véranda en rotonde
©DR

Maison.com : Comment parvient-on à combiner respect des traditions et modernité technique ?

L.L. :Nous sommes animés par l’amour de la tradition, de cette vieille culture qui est désormais la nôtre. Combiner techniques modernes – double-vitrage, vitres anti-effraction, etc. – et savoir-faire ancien en rénovant une véranda ou un jardin d’hiver peut rapidement se transformer en véritable casse-tête. C’est précisément en essayant de dénaturer le moins possible l’œuvre de nos prédécesseurs, en nous adaptant et en ajustant notre travail, que l’on s’épanouit dans notre métier.

 

Maison.com : Vous éditez également des ouvrages sur la serrurerie d’art et les vérandas. Dans quelle optique ?

L.L. : J’avais de nombreuses archives à ma disposition et c’est dans une optique de transmission que j’ai voulu les exploiter et les rassembler dans deux différents ouvrages. Ils s’adressent, d’une part, à tous ceux curieux de découvrir la richesse du travail exécuté par les artisans d’antan. Il est aussi destiné aux architectes, aux métalliers et forgerons d’aujourd’hui pour lesquels il est nécessaire de se plonger dans le passé afin d’y puiser idées et précisions concernant certains détails techniques. C’est en s’inspirant des anciens et en respectant la tradition que l’on devient soi-même créatif.  Mon père avait d’ailleurs l’habitude de dire : « La mode, c’est de retrouver la mémoire ».    

Couverture de piscine avec lanterneau, pour en profiter toute l'année.
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Couverture de piscine avec lanterneau, pour en profiter toute l'année.
©Lucien Longueville

Maison.com : Y’aura-t-il toujours de la place pour une entreprise telle que la vôtre dans le futur ?

L.L. : Sans aucun doute. Le premier marché de l’emploi aujourd’hui, c’est l’artisanat. Par ailleurs, il existera toujours une clientèle fuyant la standardisation ambiante et donc désireuse de faire appel à notre créativité pour combattre l’uniformité. Nous proposons du sur mesure en terme de ferronnerie d’art, ce qui permet aux personnes intéressées de personnaliser leur habitation pour mieux se l’approprier.  

 

www.lucien-longueville.com

Article publié le 21 novembre 2012

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