Quand opter pour une pompe à chaleur air/air ?

Parce qu’elle chauffe et climatise, qu’elle est vite installée, la pompe à chaleur air/air séduit. Mais cela n’en fait pas une solution de chauffage universelle. Démonstration.

Pompe à chaleur murale en cuisine Daikin URURU SARARA
Cet article fait partie du dossier Pompes à Chaleur : savoir choisir

Encore récemment appelée climatiseur réversible, la pompe à chaleur (PAC) air/air prélève la chaleur dans l’air extérieur pour la souffler à l’intérieur de la maison.

En mode climatisation, le cycle est inversé. La PAC fonctionne alors comme un réfrigérateur : prélevée dans la maison (à l’intérieur du réfrigérateur), la chaleur est rejetée à l’extérieur (dans la cuisine) par l’intermédiaire de l’unité dite extérieure (l’échangeur noir au dos du réfrigérateur).
Une unité extérieure peut alimenter une à quatre unités intérieures (murales ou installées au plafond). Vous pouvez également disposer d’une seule unité intérieure (posée en faux plafond, dans les combles ou dans un placard) reliée à un réseau de gaines qui ne laisse apparaître que les bouches de soufflage de l’air en haut des murs. Si l’installation comporte une unité intérieure, on parle d’un appareil monosplit ; plusieurs unités, d’un multisplit.

Des performances qui varient
Le rendement des pompes à chaleur est exprimé par le coefficient de performance (COP) en mode chauffage et le coefficient d’efficacité frigorifique (EER) en mode climatisation. Tous deux sont normalement compris entre 2 et 4, voire 5 : pour 1 kWh d’électricité con-sommé, l’appareil restitue entre 2 et 4, voire 5 kWh de chaleur.
Une pompe à chaleur fournit donc plus d’énergie qu’elle n’en consomme. Sachez néanmoins qu’en mode chauffage, le COP varie fortement selon la température extérieure : de 3 à 4,5 à + 7 °C (température de mesure du COP indiqué par le fabricant), il passe à moins de 2 à - 7 °C pour tomber à 1 à - 15 °C. Autrement dit, plus il fait froid, moins la pompe à chaleur est performante.

Certains appareils, dits à Inverter, sont équipés d’un système électronique qui permet de régler la vitesse du compresseur – donc la puissance nécessaire – en fonction des besoins en froid ou en chaud. Ainsi, les cycles de fonctionnement sont optimisés. Si elles sont plus coûteuses, ces pompes à chaleur sont nettement plus performantes, moins gourmandes en électricité, mais aussi moins bruyantes (cet aspect n’est pas négligeable en ce qui concerne les unités intérieures).

Un crédit d’impôt sous conditions
Parce que les pouvoirs publics refusent de subventionner la climatisation, qui ajoute à la consommation globale d’énergie, l’installation d’une pompe à chaleur air/air n’ouvre droit au crédit d’impôt pour les dépenses d’équipement en faveur des économies d’énergie que sous certaines conditions (bulletin officiel des impôts, 5 B-17-07, n° 88 du 11 juillet 2007) :
- l’équipement doit être de type multisplit (1 unité extérieure alimentant jusqu’à 4 pièces), ou gainable, et présenter un COP d’au moins 3 à + 7 °C. Son fonctionnement doit être garanti jusqu’à - 15 °C, et sa puissance calorifique restituée, supérieure à 5 kW à + 7 °C ;
- chaque pièce de vie doit être équipée d’une unité intérieure, ou d’un diffuseur (gainable), et d’un organe de régulation ;
- avec ses compléments intégrés éventuels, la pompe à chaleur assure le chauffage de l’habitation principale dans son ensemble, soit les pièces de vie et leurs circulations ;
- l’installation doit être contrôlée par un organisme accrédité.
Renseignez-vous : certains professionnels promettent parfois un crédit d’impôt alors que l’installation ne remplit pas ces conditions (type monosplit, par exemple). L’administration fiscale demandera sans hésiter un remboursement si l’appareil n’est pas conforme.

La température de l’air extérieur détermine largement les performances de l’appareil.

Attention ! En mode froid, les obstacles sur le parcours de l’air bloquent l’air froid qui tombe en rideau. Brrr !

" Oui à la PAC air/air si…"
1. Elle remplace tout ou partie d’un chauffage par convecteurs électriques, pour réduire la note de chauffage par deux.
2. Elle est installée dans une région où la température hivernale reste clémente, pour obtenir le meilleur rendement.
3. La comparaison avec une installation air/air et d’autres solutions de chauffage (notamment par pompe à chaleur air/eau et eau/eau) met en évidence son intérêt, surtout si vous envisagez d’équiper toute la maison.
4. Vous souhaitez améliorer votre confort d’été.
5. Vous choisissez du matériel de qualité installé par un spécialiste (technologie Inverter, vitesses et volets réglables, classe énergétique A…).
6. Le prix de la facture (fourniture et pose) ne dépasse pas 60 à 90 € TTC par mètre carré chauffé et rafraîchi.

Les pour
L’avantage de la pompe à chaleur air/air est qu’elle ne nécessite pas de travaux d’envergure. L’unité extérieure est installée dans le jardin, à l’écart (à cause du bruit, mais pensez aux voisins !) : il suffit ensuite de la relier à une ou plusieurs unités intérieures par une liaison frigorifique (2 tuyaux en cuivre) et électrique. Il est possible d’équiper une seule pièce de la maison (par exemple, la pièce commune). De plus, l’appareil se transforme en climatiseur. Enfin, il est doté de plusieurs filtrations (élimination des poussières, neutralisation des odeurs, suppression des pollens et des acariens, ionisation) : elles ne se substituent pas à un système de renouvellement d’air (VMC), mais améliorent le confort (renseignez-vous sur l’entretien et le remplacement des filtres : simplicité, coût…).

Les contre
Une pompe à chaleur air/air ne permet pas la production d’eau chaude sanitaire, contrairement aux modèles air/eau et eau/eau. De plus, le mode de chauffage, à air pulsé, peut s’avérer bruyant et inconfortable. Ce qui implique des unités intérieures sinon haut de gamme, du moins équipées de 2 vitesses au minimum, pour réduire le bruit la nuit ou accélérer la mise en température le jour, et de volets d’orientation du flux d’air, pour éviter le soufflage direct vers les zones d’occupation. Côté installation, les unités intérieures doivent être placées de manière à éviter toutes retombées d’air désagréables (en cas d’obstacles sur le parcours de l’air). Enfin, il ne faut pas oublier que, lorsque la température extérieure passe en dessous de 0 °C, la pompe à chaleur présente un mauvais rendement, même si elle continue à fonctionner.

L’unité intérieure
Les modèles muraux se posent en hauteur. Cet appareil affiche un COP jusqu’à 5,14 et un EER jusqu’à 5. Il possède la particularité d’assurer l’entrée d’air neuf qu’il purifie, tout comme l’air intérieur. Prix non communiqué. Ururu Sarara. Daikin...

Marianne Tournier

Article publié le 7 décembre 2010

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