Whisky: la saga Bowmore

Parfums d’Ecosse : sur une île, celle d’Islay….
Effluves de whisky : celles du single malt Bowmore…..
Au paroxysme de sa beauté en ce tout début d’automne, la nature à Islay se contemple un verre de Bowmore à la main.

Le battage de l'orge
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Une île tournée vers le tourisme

Le dépliant touristique vous avait annoncé un dépaysement garanti, c’était peu dire. A l’atterrissage sur la petite d’Islay, vous pouvez certes utiliser vos quelques connaissances en pur anglais shakespearien, mais il vous faudra plutôt compter sur la gentillesse et l’accueil des insulaires, car ceux-ci, surtout les vieux, parlent du gaélique écossais. Prononcez donc Eye-La pour parler de l’île d’Islay qui vient de s’offrir à vous, à travers le hublot de l’avion, avec ses côtes déchiquetées, ses criques de sable clair désertes et ses immenses landes recouvertes de tourbe et de lavande. De nombreux points blancs parsèment les prés : habitations ou fermes ? Non, il s’agit de moutons et le cheptel est assurément bien plus important que la population qui affiche difficilement 3 000 têtes pour une superficie de 600 km2.

Hormis la route principale qui mène aux trois principaux villages, si vous voyez sillonner une route entre les prairies, assurément elle mène à une distillerie qui est au bout. En effet, l’île ne compte pas moins de huit distilleries en fonctionnement et celle de Bowmore est l’une des plus anciennes distilleries d’Ecosse. Mais Bowmore c’est aussi le nom de la capitale et vous y trouverez logements, pubs sombres décorés de filets de pêche ou de trophées sportifs. Avec ses petites maisons coquettes blanchies à la chaux, Bowmore est le point de départ d’excursions en bateau pour admirer les paysages et les nombreuses espèces d’oiseaux, en bicyclette ou à pied pour une promenade entre brise de mer et landes tourbeuses.

Un single malt tourné vers le fumé-iodé de l’océan

Seule marque de whisky appartenant à un groupe japonais, Suntory, Bowmore peut aisément revendiquer une aristocratie locale vieille de près de 250 ans. Fermier, négociant, postier, marin, puis distillateur, David Simson arrivé sur l’île en 1766 est à l’origine de la distillerie dont les premières mentions remontent à 1779. C’est lui qui fit connaître hors Grande Bretagne le fameux et spécifique whisky d’Islay ; mais c’est son successeur, James Mutter qui, par son rôle ambigu de vice consul de l’Empire Ottoman, du Portugal et du Brésil à Glasgow, lui donna son aura internationale.

Et aujourd’hui encore, Bowmore produit des whiskies aux spécificités identiques à celles d’antan : un orge venu par bateau de fermes sélectionnées, une eau pure de la rivière Laggan, une germination de 5 à 7 jours, un séchage manuel à la pelle, une combustion réalisée par une chauffe à la tourbe, un vieillissement en fûts de chêne ayant contenus au préalable du bourbon ou du sherry et au final le travail ancestral de l’homme qui surveille le travail en alambics, contrôle la maturation en fûts, procède aux assemblages.

Quelques bouteilles emblématiques de la marque

Le 12 ans d’âge s’impose comme l’une des plus belles cuvées de Bowmore. D’une douce couleur ambre, il mêle quand on l’aborde des notes de citron, de miel et de fumé pour évoluer en bouche sur un soupçon de chocolat et de fumée de tourbe. Médaillé d’or au San Francisco World Spirit Competition, le 12 ans développe toute sa complexité sur des fruits de mer, des Saint Jacques et des moules.

Le 18 ans d’âge a la couleur prononcée d’un bois d’acajou pâle. Au nez il évoque un crémeux caramel anglais avec des fruits mûrs et des arômes fumés. Mais au palais, il s’avère complexe avec de belles saveurs de fruits rouges et de chocolat et une pointe de saveur fumée. Idéal à l’automne, il se marie lors des repas de chasse avec tous les plats de venaison, gibier à poils et à plumes. Il se boit aussi fort bien avec des plats contenant des champignons.

Le 25 ans d’âge est un malt sensationnel qui a été plusieurs fois couronné lors de concours. D’un acajou riche et profond, sa note est moelleuse et d’une incroyable complexité entre arômes de xérès, de tourbe fumée, de caramel, de fruits compotés et de noisettes. Avoisinant les 200 €, ce malt est un produit pour connaisseurs et chaque goutte se savoure.
Article publié le 27 octobre 2009

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