Le marché de la viande de boeuf

Face à un marché un peu morose, la filière bovine n’a pas d’autre solution que l’innovation et la qualité pour s’en sortir.

Le boeuf bourguignon
Voir plus : boeuf, viande
Les données purement statistiques du marché sont disponibles via plusieurs organismes : Interbev (Association Interprofessionnelle du Bétail et des Viandes), CIV-Viande (Centre de Formation des Viandes) et AgriMer.


La France : un gros consommateur

La France dispose du plus important cheptel de vaches de l’Union Européenne, cheptel à la fois laitier et allaitant de grande taille (sur les 24,2 millions de têtes de laitières, la France a 3 794 milliers de bêtes; sur les 12,2 millions d’allaitantes, le pays a 4 187 milliers de bêtes). En effet, depuis 2004, le cheptel des laitières est inférieur à celui des allaitantes suite à la mise en place des quotas laitiers en 1984. La France se classe aussi comme le premier producteur de bovins d’Europe avec 20 % de viande bovine diversifiée là où les Pays Bas sont, par exemple, spécialisés en viande de veau, l’Angleterre et l’Irlande en boeuf et l’Italie en jeune bovin.

Qui dit production, dit consommation : avec 25,8 kgs consommés par habitant, la France est le plus gros consommateur européen de viande bovine devant l’Italie, le Royaume Uni et l’Allemagne. Les achats des Gaulois se répartissent à 21 % dans le circuit traditionnel, à 72 % dans les hypers et supermarchés et à 7 % dans les hard-discounts. Malgré ses chiffres à priori élevés et prometteurs, le marché n’affiche cependant pas un moral d’enfer, car selon les toutes dernières sources des organismes CIV et AgriMer les achats des ménages français ont baissé de 1,7 % en volume et de 0, 4 % en valeur en 2009 par rapport à 2008, tout morceau de viande bovine confondu.


Les raisons de cette baisse de consommation

Certes, la crise figure au premier rang des accusés, mais est elle la seule ? Tous les intervenants du marché d’Alp’viandes à Convivial en passant par Charal rendent la crise et en conséquence la baisse de pouvoir d’achat des Français responsables ; mais le mouvement semble remonter à plus d’un an, deux ans, voire plus. Les propos de l’organisme AgriMer sont globaux : la production française subit les conséquences de la décapitalisation (net recul du cheptel producteur en 2008, achats d’animaux vivants limités par les faibles disponibilités en Europe) et s’ajoutent à ceux de Rémi Fourrier, directeur du bureau d’Eblex, l’office des viandes de Grande Bretagne en France, qui explique que la baisse est un mouvement de fond.

Il existe plusieurs types de concurrence à la viande bovine: dans son panier global d’achats, le consommateur se préoccupe plus de son portable que de sa viande. Les autres viandes, en particulier les volailles, le porc, attirent le consommateur soucieux de peu dépenser. Côté offre, la concurrence des viandes importées du Brésil et des USA joue énormément. En amont, l’exigence du métier, la difficulté de production n’incitent pas les jeunes à se lancer dans cette activité là. Enfin et toujours d’après Rémi Fourrier, les exigences sécuritaires, qualitatives, sanitaires mises en place par la communauté européenne payeront à moyen long terme, mais pour l’instant elles pénalisent le marché.

Et Jean Meunier, président de Convivial, de poursuivre : cette baisse inéluctable due à la crise s’accompagne d’un changement dans les types d’achat. Les ventes se font plus sur les pièces arrières (moins nobles) de l’animal type bourguignon que sur les morceaux dits nobles (côte, bifteck, filet), les premières étant moins onéreuses que les seconds. Le driver principal du marché, estime Denis Lerouge, responsable Etudes chez Interbev, est incontestablement le prix. La seule façon de s’en sortir est l’union de tous pour mieux produire et la nécessité à poursuivre la démarche ébauchée par l’Union Européenne, à savoir miser sur le qualitatif et l’innovation. ; ce qui différenciera la France des autres intervenants du marché.

C’est d’ailleurs la politique démarrée par l’ensemble de nos interlocuteurs, confirmant la position de Rémi Fourrier comme quoi la seule alternative de la filière pour survivre est la qualité.
Article publié le 15 août 2009

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