6 questions à Thierry Oriez, Président de Christofle

L’argent, sa matière fondatrice, le luxe et d'élégance continuent de faire croître la réputation et l'exigence de la maison Christofle depuis sa création au milieu du XIXè siècle. Artistes, architectes et orfèvres modernistes, Man Ray, Jean Cocteau, Gio Ponti, Lino Sabattini, Andrée Putman, Martin Szekely, Ora Ïto, Karim Rashid, Marcel Wanders, entre autres... ont estampillé la marque de leur talent. Une créativité débordante qui ne cesse d'ouvrir Christofle à de nouveaux horizons !

Pour une table au romantisme contemporain, la ligne Jardin d'Eden de Marcel Wanders

Que représente aujourd’hui la maison Christofle dans l’univers de la maison ?

Depuis sa création en 1830, Christofle est un acteur majeur des Arts décoratifs, au cœur duquel s’inscrit à chaque époque la préoccupation de capter et retranscrire l’air de son temps. Centré sur son métier d’origine qu’est l’orfèvrerie, Christofle a su déployer son savoir-faire et son style au-delà de l’univers de la table, c’est-à-dire plus largement vers les autres espaces de la maison, ainsi que dans les sphères du bijou et de l’accessoire. Vous évoquez à juste titre l’univers de la Maison : l’objet tient une place de choix au sein de nos collections, mais il n’y est pas seul. Luminaires et petites pièces de mobilier signées des plus grands designers de notre époque, tels Ora-Ito ou Karim Rashid, y font progressivement leur entrée.

Le savoir-faire estampillé Christofle sera-t-il perpétué ? Vous continuez à former des artisans ?

Bien sûr, et je suis heureux de constater que notre savoir-faire a repris depuis quelques années une belle dynamique. Nous avons en effet étoffé l’atelier de haute orfèvrerie, situé au sein de notre manufacture en Normandie, afin qu’il soit non seulement perpétué avec la même qualité qui signe la qualité Christofle – « Une seule qualité, la meilleure » était la devise de notre fondateur Charles Christofle -, mais qu’il réponde aux exigences créatives de nos designers pour servir les souhaits et les rêves de nos clients. Les mains des hommes qui constituent cet atelier sont issues des créations contemporaines, comme des rééditions de pièces d’archives ou des commandes spéciales.

L’existence de cette activité de sur-mesure est essentielle à la pérennité de l’entreprise et à son capital le plus précieux qu’est la marque. Elle connaît d’ailleurs un bel écho, puisque notre carnet de commandes sur la haute orfèvrerie avoisine actuellement une centaine de pièces. Plus généralement, l’ensemble de notre manufacture veille à ce que le plus haut niveau de savoir-faire soit mis au service de la création : dépasser, contourner les contraintes techniques, innover…le savoir-faire a pour seuls objectifs de garantir la qualité d’exécution et de soutenir les visions des créatifs afin de séduire des clientèles de plus en plus exigeantes.

Le « Made in France » est-il plus que jamais d’actualité ?

Comme nous l’évoquions, notre manufacture est située en France, en Normandie précisément, ce qui fait sens pour une maison française qui véhicule l’image de la France à l’international. Pour nous le Made in France est une évidence.

Pour autant, dès lors que nous ne possédons pas ou ne trouvons pas localement un savoir-faire, nous ne nous interdisons pas de faire appel à des talents extérieurs dans le but, une fois de plus, que le « Made in » soit une garantie de qualité.

Au-delà des arts de la table Christofle excelle dans d’autres domaines comme les accessoires de mode, l’art de vivre…?

Christofle possède en effet un art de vivre, un style, ainsi qu’une vision du monde spécifique qui lui donnent une grande légitimité pour prendre la parole sur des domaines plus vastes que l’art de la table stricto sensu. Celui-ci n’a d’ailleurs pas le monopole dans les origines de la marque, qui s’y elle y a, et c’est encore le cas aujourd’hui, beaucoup versé, s’est fait connaître notamment par l’art statuaire avec la réalisation des statues de l’Opéra Garnier, de Notre Dame de la Garde à Marseille, etc…

Christofle a renoué avec son métier premier d’orfèvre bijoutier en créant en 2005 une première ligne de bijoux créée par Andrée Putman. Depuis, s’appuyant sur sa matière identitaire qu’est l’argent, dans un style épuré et moderne, le bijou Christofle connaît une croissance non-démentie. Nous lançons 5 nouvelles collections chaque année, toutes signées de créatrices (plus rarement de créateurs) issues d’univers très différents comme l’art, l’architecture, comme Peggy Huyn Kin, Adeline Cacheux, Marion Vidal, Camille Toupet…Nous avons une forte conviction sur les possibilités de développement de ce secteur d’activité, qui en tant que tel (le secteur du bijou en argent) connaît une augmentation régulière.

L’individu en tant que personne, de manière plus générale, nous intéresse hautement : les petits objets coup de cœur que nous avons lancés récemment comme le « Space Invader » ou la clé USB « Galet » en co-branding avec LaCie en sont de belles illustrations.

Quant à l’art de vivre, nous en avons parlé, il est en pleine expansion, porté par l’engouement croissant pour la Maison et ses composantes (mobilier, lumières, tissus, objets…). Nous nous en tenons à des éléments liés à notre métier, l’orfèvrerie et ses expressions légitimes, ce qui nous offre de belles perspectives de développement.

En faisant appel à des designers quelle est votre préoccupation première, le style ou le prix ?

Naturellement le style. Le choix de faire appel à des designers extérieurs à la maison n’est en aucun cas un élément de diminution des coûts ou des prix, ni d’ailleurs d’augmentation de ces derniers.

Il s’agit avant tout d’une démarche intellectuelle, d’un dialogue avec ceux et celles qui nous semblent être les mieux placés pour projeter Christofle dans le monde de demain. Quels autres meilleurs capteurs et passeurs de l’air du temps ?

Nos collaborations reposent sur des affinités électives, avec comme bases de travail une envie et un respect mutuels. Les designers nourrissent la marque d’une grande vitalité, tout en respectant son empreinte génétique et son histoire. Au-delà des formes, ils nous apportent une réflexion sur les usages, indispensable pour structurer et faire avancer une maison d’art de vivre.

On peut se faire baptiser, se pacser, se marier, vivre en concubinage et avoir envie de s’offrir les cadeaux de nos rêves gravés et très personnalisés, mais à quel prix et sous quel délai ?

La logique de la personnalisation connaît un grand succès. Cette démarche est forte, car elle gravera à tout jamais un souvenir, témoignera d’une célébration. Les objets Christofle sont d’une grande durabilité, plusieurs décennies, voire plusieurs générations. Lorsque l’on choisit de les faire graver d’une date, d’un prénom, d’une petite phrase…ils rentrent dans nos histoires personnelles pour y rester longtemps. Nous offrons à nos clients le choix de la gravure manuelle ou de la gravure mécanique. La première a le charme et le caractère unique du travail manufacturé, tandis que la deuxième a la vertu de la rapidité.

Pavillon Christofle
9, rue Royale
75008 Paris
Tél: 01 55 27 99 13
pavillon.royale@christofle.com


Le pendentif Volte Face
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Le pendentif Volte Face
©DR

 

Autres points de vente sur :
www.christofle.com

Article publié le 25 juillet 2011

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