La petite histoire du marché Saint-Pierre

Qui ne connaît pas le marché Saint-Pierre? Qui n’y est jamais venu pour y acheter un bout de tissu ? Connaissez-vous son histoire ?

dreyfus
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A l’origine, ce sont deux familles cousines, les Dreyfus et les Moline qui, installés à Levallois-Perret en 1879, font la navette pour vendre leurs tissus pour vêtements, face à la butte du Sacré Cœur de Montmartre.
C’est en 1920 qu’ils décident de s’installer définitivement dans ce quartier populaire.
Leurs succès attirent rapidement d’autres commerces qui en font une place parisienne à la mode du tissu au mètre, à une époque où tout foyer disposait d’une machine à coudre.
Tissus Reine arrive en 1930 sur le site d’un ancien garage, dont le nom vient de « Reine Bouchara », fille du célèbre commerçant qui cherchait à ouvrir de nouveaux points de vente.

Suite aux bouleversements dans la distribution du tissu pour la confection « fait maison » et de l’apparition du prêt-à-porter, la majorité des commerçants se reportent sur le tissu d’ameublement, avec rapidement une stratégie de vendre des fins de séries; rattrapés à nouveau par le « prêt à poser » cette fois, ils constatent de nouvelles demandes et une révolution de la clientèle de passage.

Aujourd’hui, on peut trouver de la soie de qualité importée directement d’Asie, des jacquards dignes d’un éditeur (lire notre article sur Karin Sajo).
La disparition de nombreux petits tapissiers de quartier et d’une recherche de la "bonne affaire" mais de qualité supérieure expliquent l’essentiel de cette mouvance.

Propos recueillis pour Vision Maison

La disparition également des magasins situés sur les Champs-Elysées ont apporté une clientèle étrangère et permet au marché Saint-Pierre de pouvoir, aujourd’hui, se venter d’exporter à travers le monde entier ses tissus. Même les collections des principaux éditeurs sont présentes chez Dreyfus et Reine.
Depuis peu, un magasin très tendance vend du linge de maison sous le nom élogieux de «Tradition des Vosges ».

Il n’est plus rare d’entendre des réflexions de la part d’un vendeur, du type : « j’ai un chantier que j’entreprends avec ma cliente, madame de….. », on se croirait sorti d’un showroom huppé de Saint-Germain ou de la rue du Mail.
Il est bien loin le temps des cousins qui venaient avec leurs charrettes vendre leurs tissus à Montmartre lors des années folles.
Article publié le 9 mai 2009

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