Le paravent, entre esthétisme et fonctionnalité

Si le paravent est tombé en désuétude avec l’apparition du chauffage central, il revient en force ces dernières années, où son aspect fonctionnel permet de valoriser une pièce ou séparer un espace par ses qualités esthétiques.

Habillé d’un papier tissé japonais du nom de kamihimo, ce paravent « Beige/Gris » de Sandra Clodion se décompose en trois panneaux, offrant le charme de la sobriété, mis en valeur par le caractère naturel de la matière.

Composé de plusieurs panneaux, le paravent peut se revêtir de bois plein ou d’un tissu tendu encadré d’un châssis en bois. Grâce à un système de charnières, le paravent est pliable ou dépliable à l’infini, afin de faire correspondre ses fonctions au besoin du moment. D’un minimum de trois volets ou feuilles pour s’assurer de sa stabilité, il peut se composer d’un nombre variable, servant à protéger des courants d’air, à isoler un espace intime, voire même à son origine protéger des démons. En effet, le paravent apparaît en Chine durant la dynastie des Zhou sous la forme de panneaux en bois uniques, avant de devenir pliable sous la dynastie des Han. Ainsi, leur utilisation s’auréole d’une explication mystico-religieuse, par leur capacité à arrêter les esprits ne pouvant se mouvoir qu’en ligne droite. Peu à peu, le paravent part à la conquête du monde, en commençant par les pays environnants comme la Corée ou le Japon.

Imaginé par le designer Luigi Baroli, le paravent « Cartoons » est entièrement fabriqué en carton. Ses formes ondulées semblent se mouvoir telles des vagues, permettant l’extensibilité de sa longueur de 40 cm à 400 cm.
Afficher la galerie
Imaginé par le designer Luigi Baroli, le paravent « Cartoons » est entièrement fabriqué en carton. Ses formes ondulées semblent se mouvoir telles des vagues, permettant l’extensibilité de sa longueur de 40 cm à 400 cm.
©Made In Design

Il faut attendre la période des grands voyages, pour le voir arriver en Europe au XVème siècle, où il connaît un succès grandissant. Comme son nom l’indique,  le paravent était un meuble utilitaire avant d’être esthétique, en permettant de protéger les pièces mal chauffées de la fureur des vents. En France, la mode du paravent est lancée par Catherine de Rambouillet au XVIIème siècle, où il orne indifféremment les loges d’actrices ou les boudoirs de femmes galantes. Afin de préserver un semblant d’intimité, le meuble crée un espace qui dissimule le lieu de la toilette. Après ce moment de gloire, il se voit décliner avec le développement du chauffage central au XIXème siècle.

En bois de manguier, le paravent « Udaïpur » chez Maison du Monde permet de mettre en valeur son matériau par une structure finement ajourée. Créant un motif stylisé, il semble être une invitation au voyage, direction l’Inde.
Afficher la galerie
En bois de manguier, le paravent « Udaïpur » chez Maison du Monde permet de mettre en valeur son matériau par une structure finement ajourée. Créant un motif stylisé, il semble être une invitation au voyage, direction l’Inde.
©DR

Son grand retour dans la décoration est marqué par la nécessité de structurer les espaces, avec élégance et raffinement. Très facilement, il permet de créer plus d’intimité dans une pièce trop large, ou de définir des fonctions plus nettes dans un même lieu, comme un bureau et un salon par exemple. Partageant la même chambre, deux enfants pourront délimiter leur espace grâce à l’installation d’un paravent. Afin de protéger des regards indiscrets, il peut dissimuler un coin de la pièce que vous ne souhaitez pas montrer, comme le fouillis d’un espace bureau. Jouant le rôle de rempart éphémère, le paravent s’adapte à toutes les situations, du studio au loft, en permettant de délimiter sans cloisonner. En outre, son utilité peut simplement se limiter à son caractère esthétique, en venant habiller un mur d’une décoration originale.

Inspiré par le végétal et le marin, la cloison mobile « Swell » de Fairsens présente de légères ondulations, comme si un léger vent donnait à voir des vagues sur cette structure en peuplier, créant un jeu d’ombres et de lumières.
Afficher la galerie
Inspiré par le végétal et le marin, la cloison mobile « Swell » de Fairsens présente de légères ondulations, comme si un léger vent donnait à voir des vagues sur cette structure en peuplier, créant un jeu d’ombres et de lumières.
©DR

En termes d’esthétisme, il y en a pour tous les goûts, du paravent en bois naturel ou en bambou, au paravent en tissu tendu ou décoré de photos. Par sa capacité à se plier à l’instar d’un accordéon, il apporte une dynamique à la pièce, où le rythme se joue des volumes. Surfant sur la vague de l’orientalisme, les panneaux peuvent s’orner de motifs asiatiques ou d’un aspect laqué, pour correspondre à une certaine tradition historique. Si vous optez pour l’élégance de la légèreté évitez à tout prix le bois plein pour lui préférer le fer forgé. N’hésitez pas à opter pour les paravents-miroirs, qui serviront à agrandir la pièce par un jeu de profondeur et de relief. Le végétal n’est pas en reste avec l’utilisation massive du bambou, apportant une touche végétale plus proche de la nature. Véritable meuble d’expression, il est en somme une invitation à créer son propre paravent, en le fabriquant en un rien de temps pour qu’il puisse correspondre exactement à ses attentes. Matériaux et couleurs sont à votre libre choix, dans l’optique de jouer sur l’harmonie ou le contraste avec votre décoration déjà existante. L’audace n’est pas en reste, en personnalisant ses panneaux à l’extrême par l’utilisation de posters ou de photographies. Jouant sur le principe du trompe-l’œil.

Composé de trois feuillets sur un support en pin circa, le paravent de Le Pré aux Clairs se couvre d’un tissu en chanvre écru aux bandes de couleur garance. Le charme de l’ancien opère sur ce meuble, comme usé par le temps.
Afficher la galerie
Composé de trois feuillets sur un support en pin circa, le paravent de Le Pré aux Clairs se couvre d’un tissu en chanvre écru aux bandes de couleur garance. Le charme de l’ancien opère sur ce meuble, comme usé par le temps.
©DR

Meuble modulable par excellence, le paravent invite à repenser sans cesse l’architecture intérieure de sa maison, en permettant la création, en un tour de main d’une cloison amovible. Si son caractère esthétique n’est plus à prouver, il trouvera aisément sa place et sa fonction selon les envies et les besoins de chacun. 

www.arenascollection.com
www.fairsens.com
www.lepreauxclairs.com
www.sisko.fr
www.maisonsdumonde.com
www.sandraclodion.com
www.madeindesign.com

Conçu par Marie Leblon, le paravent « B.A-BA » prend la forme d’une courbe fluide dans un tissu indémaillable. Sa légèreté permet de modifier l’espace en un rien de temps, avec un poids total de 5 kilos.
Afficher la galerie
Conçu par Marie Leblon, le paravent « B.A-BA » prend la forme d’une courbe fluide dans un tissu indémaillable. Sa légèreté permet de modifier l’espace en un rien de temps, avec un poids total de 5 kilos.
©Made In Design

Article publié le 9 septembre 2013

Articles à lire sur le même sujet

Ajouter un commentaire