10 questions à Pascal Allaman, architecte d’intérieur et designer

Diplômé de l’ESAM (Ecole Supérieure d’art moderne) à Paris, l’architecte-décorateur Pascal Allaman a fait ses classes chez Michel Boyer, Jean-Jacques Ory et Didier Gomez. En 2000, il ouvre son agence. Hôtels, appartements, bureaux, restaurants, boutiques, de par le monde …la liste de ses clients ne cesse de s’agrandir : Blancpain, Swatch, Hour Passion, GLA Hôtels et bientôt l’édition d’objets et mobilier.

Hall d’entrée siège social Paris. L’espace d’attente du hall d’entrée du siège social d’une compagnie d’assurances situé près des Champs Elysées. Lambris en wengé réalisé avec des réservations lumineuses, mobilier en cuir et inox.

Qu'est ce qui d'abord doit vous séduire dans un projet?

Un projet, c’est avant tout la découverte d'un lieu et la rencontre avec un client qui va écrire une nouvelle page de l'histoire. Il faut d'abord comprendre le bâtiment dans lequel on est amené à intervenir, se familiariser avec ses particularités architecturales, étudier son intégration dans l'environnement, sa lumière... Une fois que l’on a fait connaissance, on peut commencer à travailler sur le projet.

 

Qu'elles sont vos sources d'inspiration?

L'Art ! C'est une source d'inspiration indispensable, présente à tout moment dans ma réflexion. C'est d'abord la spontanéité et la liberté du geste de l'artiste qui inspire, et que j'essaie de transcrire dans mes projets. La peinture flamande (Vermeer, Rembrandt) pour sa magie de la lumière, m'impressionne tout particulièrement ; plus proche de nous des peintres comme Mondrian, Jean-Michel Basquiat, Dubuffet, Goya... Je suis aussi très influencé par la période des Arts décoratifs français des années 40 et par la qualité de la production des artistes et décorateurs de cette époque : le décorateur et créateur Jean-Michel Frank, l’extraordinaire créativité des meubles de Jean Royère, les sculptures d’Alberto Giacometti. Les artistes américains, tels Paul R. Evans reconnu pour sa contribution au Mouvement de l’American Crafts des années 70 et le mobilier d’exception de T.H. Robjohns-Gibbins, ou bien l’éternel architecte Ludwig Mies van der Rohe qui proclamait à qui voulait bien l’entendre : «J’ai renoncé à inventer une nouvelle architecture tous les lundis matin», comptent également parmi mes incontournables.

 

Y-a-t-il une touche unique qui identifie votre style ?

Mon travail des volumes architecturaux est, je crois, caractéristique de mes réalisations. C'est de lui dont découle l'ensemble du projet. Que se soit la lumière naturelle ou artificielle, les choix des matières et couleurs, tout prend sa source dans cette réflexion. C’est une façon d'envisager l'ergonomie du lieu, une forme plus globale sans jamais se déconnecter du confort ....

 

Quelle est votre période historique préférée ?

La Grèce antique qui est à l'origine de tout. Culturellement et artistiquement parlant, aujourd'hui encore, cette période inspire la création. C’est une période d'une modernité phénoménale.

 

Quelle proportion accordez-vous aux lieux publics dans vos projets? Qu'est ce qui vous procure le plus de satisfaction lieux publics ou lieux privés?

Il s’agit de deux types de projets très différents, qui se traitent à des «échelles» différentes. La plus importante à prendre en compte, à mon sens, est le temps chronologique de résidence d'une personne.

Les projets hôteliers sur lesquels je travaille sont des projets qui s'approchent à l'échelle d'un visiteur qui va séjourner dans les lieux entre deux jours et une semaine. La contrainte est donc de lui permettre de se familiariser rapidement avec son nouvel environnement, tout en créant à tout instant et tout endroit l'occasion de l'éblouir!

Une maison, quant à elle, est un lieu qui doit être apprivoisé ; c'est un lieu de découverte qui ne doit pas tout donner, tout de suite. C'est l'art d'être à la fois le commanditaire du projet et celui qui prendra le temps de découvrir toutes les surprises que lui réserve le lieu au point de ne plus avoir de secret l'un pour l'autre!

 

Quels décorateurs, architectes, designers, paysagistes ou artistes vous inspirent particulièrement?

Le célèbre architecte-paysagiste anglais Russell Page, des sculpteurs comme Brancusi, Bernar Venet (qui expose six œuvres monumentales en acier au château de Versailles), le designer Ron Arad...

 

Quelle est votre plus grande joie quand vous terminez un projet?

L'étincelle présente dans le regard du client!

 

La notion d'espace est pour vous très importante ou relative? Petite ou grande surface, même combat?

C'est la base du travail de l'architecte d'intérieur. L’ensemble des interventions sur l'espace à traiter, ouvrir des baies, modifier les cloisonnements, abaisser ou supprimer des plafonds... sont autant d'interventions que l'on percevra de manière inconsciente et procureront des émotions inconscientes. Que l'on intervienne sur une grande ou une petite surface, l'objectif est le même: repousser les limites du lieu et créer des émotions.

 

Quelle est l'importance des différents corps de métier?

En règle générale, je dessine tout sur un projet : agencement, serrurerie, mobiliers, luminaires... Les artisans et techniciens avec lesquels je travaille  sont donc des éléments clés dans l'aboutissement de chaque projet, chaque détail et chaque meuble.

 

Quelle sont vos projets en cours?

Actuellement, je travaille sur la rénovation des suites et du restaurant de l'hôtel Cotton House sur l'île Moustique, une boutique de bijouterie à Berlin et je termine un chantier privé à Paris au parc Monceau. En parallèle, je travaille sur la préparation d’une collection de mobilier avec un éditeur.

 

Pascal Allaman Architecture d’intérieur
12, rue Villehardouin 75003 Paris
Tél :+33.1.48.24.06.57
www.pascalallaman.com

Article publié le 22 juin 2011

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