Pauline Ohrel, sculpteur du sensible

Sculpteur des sentiments, Pauline Ohrel cherche à capturer les équilibres instables et les instants provisoires. Elle façonne la terre, le plâtre, le bois, le métal, le fil de fer, le grillage : tout ce qui pourrait être transfiguré, anobli.

La sensibilité de l'artiste transparaît dans chacune de ses œuvres .

Pauline Ohrel vit et travaille à Paris. Après des études universitaires à Paris et à Londres puis une année au barreau de Paris, années pendant lesquelles elle poursuit une activité artistique, elle se consacre exclusivement à la sculpture depuis 2002. Ses personnages empruntent toujours leur force aux émotions aux sentiments dans un mouvement vertical et métaphysique, nourris d’énergie pure. Son univers est peuplé de funambules solitaires. Ses élégantes silhouettes élancées, fillettes diaphanes, pèlerins émaciés ou danseurs de corde... explorent les frontières entre deux sentiments : présence et absence, sérénité et désespoir, intériorité et isolement, solitude et altérité, départ et abandon… Dans des postures souvent recherchées et en même temps d'une ébauche rapide, comme "jetées sur le papier", elle réussit à mettre en scène une certaine profondeur de l'humanité. Elle nous permet ainsi d'en explorer différentes représentations et, pourquoi pas, d'aller au-delà de notre perception du monde. Sa sculpture saisit la fugacité des attitudes, la fragilité du moment où le corps se dépasse et devient grâce.

Perché, le moineau semble picorer.
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Perché, le moineau semble picorer.
©DR

Comment êtes-vous venue à la sculpture ?  

Pauline Ohrel : A 30 ans, par « choix imposé » par une attirance pour la matière, plus forte que ma passion pour le droit …

Quelles sont les étapes pour donner naissance à vos projets ?

P.O. : Beaucoup de choses surgissent d’elles-mêmes, et directement du contact avec la matière. Les sculptures monumentales ou les commandes et leurs contraintes stimulantes exigent de passer par le dessin et le croquis, ne serait-ce que pour communiquer avec mes interlocuteurs…

Les girafes, complicité entre mère et fille...
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Les girafes, complicité entre mère et fille...
©DR

Vos matériaux de prédilection ?

P.O. : Le fil de fer, la terre, le plâtre, la cire, le grillage, la fillasse, l’acier, le bronze, chacun avec ses caractéristiques techniques, ses forces , ses possibilités d’expression variés.

Les savoir-faire des fondeurs et artisans influencent-ils votre travail ?

P.O. : Bien sûr ! Même si je prends une grande part dans tous les procès, et m’investis par exemple, dans toutes les étapes de la réalisation des bronzes…je cisèle et patine, étapes cruciales pour retrouver la sensibilité voulue sur la pièce d’origine.

Souvent émaciés, les personnages de Pauline Ohrel incarnent le mouvement.
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Souvent émaciés, les personnages de Pauline Ohrel incarnent le mouvement.
©DR

Quelle œuvre auriez-vous aimé avoir créée ?

P.O. : J’y travaille !

Un rêve, une envie ?

P.O. : Plus d’espace, plus d’atelier, plus de visibilité, plus de temps…

 

Elle expose jusqu’au 25 mai 2012, ses grands bronzes (ses géants) et ses grandes têtes en rêve de grillage au Sofitel Faubourg, 15, rue Boisssy d’Anglas, 75008 Paris.

Élégante silhouette élancée, bronze.
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Élégante silhouette élancée, bronze.
©DR

Article publié le 26 avril 2012

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