Ligne de force

« Démontrant le lien entre les formes et l’espace, le galériste David Gill imagine son appartement où le rationalisme se veut léger, lumineux et surtout harmonieux »

L'endroit est aujourd'hui un des plus grands show-rooms d'Art contemporain de Londres
Voir plus : fauteuil

David Gill a découvert cet immense espace industriel il y a quelques années. Il a déménagé des quartiers branchés de Londres pour aller à l’Ouest de la ville, a traversé la Tamise vers le Sud et s'est ainsi installé à Vauxhall. Aujourd’hui c’est l’un des plus beaux show-rooms de meubles et d’Art Contemporain de la capitale, l’équivalent en Art Décoratif de la Galerie Saatchi.
Si l’immeuble est attrayant, le quartier est encore un peu décalé. On y trouve d’anciennes fabriques et de grands ateliers, de vastes avenues à circulation très dense et des HLM, mais l’endroit est si bien relié au West End qu’il est en train de bouger. De nouvelles boutiques et restaurants s’installent peu à peu et prennent la place d’anciennes échoppes peu avenantes.

La galerie est accessible de la rue par une grande porte cochère peinte en blanc. Seuls les initiés sont admis dans ce temple de l’art contemporain.
Au sol un béton teinté blanc a été choisi pour illuminer l’entrée, qui n’est éclairée que par un puits de lumière et par une meurtrière laissant filtrer un rai de lumière.
Une sculpture « Palm » de Mattia Bonetti se dresse au pied de l’escalier en béton dont les degrés s’élèvent jusqu’aux appartements privés de David Gill. En haut, une chaise de Donald Judd est surmontée d’un tableau de Christopher Wool.

L’aspect industriel de la galerie est accentué par les fermes en métal blanchies rappelant le passé industriel du lieu. La coursive surplombant la galerie principale est ceinturée de rambardes métalliques peintes en blanc. Au sol, le parquet en chêne d’origine a été conservé.

La lumière provient de châssis métalliques conservés du bâtiment industriel
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La lumière provient de châssis métalliques conservés du bâtiment industriel
©Stephen Clément

L’échelle démesurée de la principale salle d’exposition confère une qualité irréelle aux meubles présentés. De Garouste & Bonetti en passant par ceux de Jean Prouvé, Gill détient cette capacité hors du commun à détecter les nouveaux talents du design ou à perpétuer la vie de certains autres.


« Alliés du confort et du design, le verre et le métal se veulent modernes et sophistiqués »

David Gill vit au-dessus de la galerie dans une série de pièces à géométrie variable. La base du décor est blanc avec un sol en béton brut, la lumière provient de châssis métalliques conservés du bâtiment industriel et par un phénomène d’optique, ils semblent agrandis pour permettre à la lumière de rentrer à flots à l’intérieur. Ce sont les multiples objets et œuvres d’art en tout genre qui offrent leur couleur.

Dès l’entrée. le ton est donné : la grande commode rouge de Richard Snyder barre l’espace et deux chaises baroques de Gerhard Schliepstein y sont adossées. Sur le dessus, David Gill a trouvé une façon amusante de revisiter le seau à champagne de Luigi Scialanga en y introduisant une plante.
Au fond, console et sculpture de Garouste & Bonetti font bon ménage.

Le salon s’étend sur une grande surface où une accumulation d’œuvres très différentes font un ensemble étonnant. Au premier plan, le fauteuil d’Emilio Terry provenant de la collection Charles de Bestegui est accouplé avec le petit guéridon « Mara » de Garouste & Bonetti, et au fond, la grande console de Grillo Demo présente une lampe papillon ainsi que des assiettes de Jean Cocteau.
Le confortable canapé de velours prune est prolongé d’un lit de repos du même coloris, illuminé par la riche table « Gold » d’Yves Klein. Au dessus, un tableau naïf de Chantal Joffe donne une petite touche de fraîcheur.

« Des œuvres d’art qui jouent avec la lumière mettent en valeur la beauté du béton brut »

Un passage s’ouvre dans le fond de la grande pièce sur le côté droit où se trouve la chambre à coucher du maître de maison, offrant un petit salon intime avec le miroir et le sofa Aladin de Garouste & Bonetti.
La salle de bain toute de béton garnie sert également d’écrin pour le tableau de Wolfgang Tillmans « Cliff ». L’équilibre se maintient grâce à l’opposition de la géométrie rigoureuse de l’architecture et des formes arrondies du mobilier

DAVID GILL GALLERIES
3, Loughborough street
SE11 srb London
Tel 00 44 2 07 793 11 00
Fax 00 44 2 07 793 1900

Article publié le 30 juin 2011

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