Un Loft à Londres chez Solenne de la Fouchardière

Après avoir passé son bac en France, Solenne désirait suivre des études d’art. Ses parents lui suggérèrent de faire ses études en Angleterre “pour au moins être bilingue”. Solenne étudia donc à la Camberwell School of Art, puis à la Wimbledon School of Art.

Ambiance loft et gris
Voir plus : décoration
Harriet et Johanna se sont rencontrées au collège en étudiant la dorure. Elles ont créé Ochre en 1995 et ont d’abord engagé Solenne, puis après une année lui ont proposé de devenir associées.

Ces trois jeunes femmes sont complémentaires et interchangeables. Solenne s’occupe du commercial, Johanna est en contact avec les fournisseurs et Harriet se partage entre les comptes et les relations publiques. La vie les déplaçant sans cesse, les choses sont légèrement différentes aujourd’hui. Harriet est maintenant basée à New York où elle a ouvert une jolie boutique, Johanna entre le Dorset et Londres, et Solenne entre Paris et Londres, mais la création les reunit aussi souvent que possible car Ochre est une création à six mains.
C’est en Angleterre que Ochre est le plus connu, mais la distribution en France et aux USA démarre très fort.


Situé dans l’Est de Londres, juste en bordure de la city, Shoreditch est devenu progressivement à la mode depuis ces 10 dernières années. Beaucoup de bars et de clubs se sont installés dans le quartier car les loyers étaient bon marché et simultanément, architectes et designers ont été attirés par les entrepôts restés dans leur jus ainsi que par les grands espaces aménageables en loft. C’est la raison pour laquelle ce tout jeune quartier est la plus grande concentration de galeries et de designers d’Europe, bientôt rallié par les jeunes traders travaillant dans la city toute proche.

A l’origine, le bâtiment était une usine textile qui a été transformée en plusieurs unités dans les années 90, un mélange de bureaux de design et d’appartements. Les modifications ayant été réalisées par plusieurs particuliers, chaque étage a sa propre personnalité.
“Pour notre appartement, nous avons été attirées par la simplicité du lieu, et par le flot de lumière entrant par tous les châssis métalliques bordant les murs et rappelant les ateliers d’artistes parisiens, ce qui est bien agréable à Londres où le climat n’est pas toujours favorable”.

Avant de s’installer dans l’appartement, Solenne et Simon, son compagnon, ont entrepris de réhabiliter l’appartement. Il fallu abattre plusieurs cloisons pour agrandir l’espace. Solenne souhaitait qu’aucun obstacle n’altère la vue, malgré tout très urbaine, afin de profiter au maximum des exceptionnelles verrières industrielles entourant l’appartement sur 3 côtés. Solenne choisit les matériaux : plâtre de Paris polis pour les murs, acier, verre, bois et béton qui peuvent sembler froid tous ensemble mais qu’elle a réchauffés à l’aide des meubles, mélange de brocante et de création Ochre qui donnent une ambiance plus féminine. L’idée était de rendre l’appartement simple, pratique et chaleureux.

L’unique cloison conservée serait celle de la chambre. En reprenant les plafonds, les peintres ont dégagé les poutres en béton enfouies dans leur coffrage de plâtre et ils furent très surpris quand Solenne leur demanda de laisser ces éléments “bruts de décoffrage”.
Au sol, Solenne rêvait depuis toujours d’un sol en béton ciré, et comparée à un coffret de béton brut, cette grande surface traduisait parfaitement l’identité industrielle préconisée par Solenne. La contiguïté des murs et du sol de béton, des vitres, des métaux est un important facteur d’élégance.
Divisé en trois zones, le séjour, rythmé par les fermes de béton, englobe le salon, la salle à manger et la cuisine.
Le salon occupe une surface définie par un périmètre autour de la cheminée à gaz, simple rectangle de béton peint, tandis que la salle à manger s’installe devant la grande baie vitrée inondée de lumière.

Pour la cuisine Solenne a immédiatement été inspirée par la poutre en métal soutenant les fermes bétonnées. Elle fit réaliser par un cuisiniste professionnel une énorme crédence en inox qui semble en suspension. Au fond, toute une série de placards court jusqu’à la baie vitrée mansardée, ce qui permet de camoufler le petit « bazar » qui vit habituellement dans une cuisine. L’espace est rendu agréable et pratique tout en étant très esthétique, car la cuisine française est très importante pour cette gourmande vivant au pays du pudding.
« Ce qui a été le plus difficile dans la décoration de l’appartement, dit Solenne, c’est de garder la consistance de style, car dans une grande surface multifonction, il fallait créer une cuisine tout en essayant de la faire oublier ! ».

Suspendue par un rail comme celle d’une chambre froide, la porte en zinc de la chambre a été conservée et confirme l’allure industrielle du lieu qui a tant séduit Solenne et son compagnon. Cette porte en métal et les grands rideaux de velours pourpre contribuent à rendre une intimité bien appréciée en atténuant les lumières de la ville toute proche. « Nous avons également créé le lit à l’aide de deux troncs de chêne vert ». Il a fallu 4 hommes très costauds pour monter les billes à l’étage. « Je me suis dit que la simplicité et l’aspect brut du bois se mélangerait bien avec les fermes en béton » dit Solenne.

« Avant même les travaux terminés, Simon et moi-même qui sommes des acheteurs de meubles compulsifs, avons parcouru les puces de Clignancourt pour trouver la table de la salle à manger, ainsi que la chaise Barcelona de Mies Van der Rohe et les tabourets hauts, également les chaises de salle à manger danoise proviennent du Columbia Market à Londres ».
Article publié le 13 janvier 2009

Articles à lire sur le même sujet

Ajouter un commentaire

Continuer sur les forums

Pour participer, inscrivez-vous ou connectez-vous avec votre compte Maison.com ou votre compte Facebook.