Maison contemporaine à l’île d’Yeu, par Sylvie Talman

Française habitant Londres, sculpteur éclairée et passionnée de matières, Sylvie Talman a mis pour la première fois le pied sur l’île d’Yeu en 1995, invitée par des amis, en remontant de l’île de Ré où elle passait habituellement les vacances d’été avec sa famille.

La table basse et les canapés ont été dessinés par Sylvie Talman et réalisés par un artisan de l’île
Elle a tout d’abord commencé par chercher une maison, puis a rencontré Olivier Roy, architecte ayant de nombreuses et belles réalisations à son actif sur l’île. Il a su donner ses orientations pour permettre de réaliser les nombreuses idées de Sylvie Talman.

Une excellente collaboration a alors commencé dès l’achat du terrain au centre de l’île dans un petit village typique. L’idée de l’architecte a été l’implantation de la maison afin d’occuper et d’agrandir l’espace tout en l’isolant de la rue, ouvrant sur l’arrière et de récréer « une place de village », endroit clos et ouvert avec son atelier d’artiste qui l’isole des voisins.

Sylvie souhaitait une maison très pure, très claire et surtout très fonctionnelle, car elle est très organisée et plutôt assez obsessionnelle du rangement. Elle a calculé chaque étagère en fonction de la hauteur de sa cafetière, de son grille pain, jusqu’à l’encoignure pour la table à repasser dans la lingerie.

La maison devait être modulable, car avec ses 4 enfants et futurs petits-enfants dont un doit arriver tout prochainement, il fallait qu’elle puisse s’ouvrir ou se fermer en fonction de son occupation. Quand elle vient de Londres seule avec sont mari, elle n’occupe que le centre de l’habitation, en oubliant qu’il y a deux ailes. C’est là encore une trouvaille de l'architecte Olivier Roy, les deux ailes sont « cloisonnées » par des portes coulissantes comme des sas de sous-marins.

Tout en respectant l’architecture de l’île dont le cahier des charges est très strict, il était important pour Sylvie que la maison soit contemporaine. Les matériaux devaient provenir de l’île, ce qui est le cas du granit utilisé pour la cuisine, pièce principale de la maison, lieu de rencontre, outre les petits déjeuners, cafés et épluchages de légumes.

Pas de téléscopage entre la cuisson du bar et les rinçages à l’évier, et pas de meubles hauts dont elle a horreur. Sylvie souhaitait des fenêtres partout, une porte vitrée sur la salle à manger d’été avec son barbecue, une cuisine qui ne devait pas être coupée du reste de la maison ; en vacances on vit ensemble.

L’entrée, le salon, la salle à manger, et la cuisine communiquent et n’ont pas de portes. Dans le salon, la cheminée a été tout simplement confectionnée en béton recouvert de chaux et sa structure brute est soulignée par les lampes basses tensions qui sont suspendues sur les câbles métalliques de part et d’autre du salon.

L’escalier est également en béton. Chaque marche est incrustée d’un pavé de hêtre, une stèle en béton maçonnée est adossée au pied de l’escalier et présente une sculpture « Tempête » de Marthe Bernard.

Seule la chambre des parents à l’étage est couverte d’un parquet de larges lames lasurées blanc, le lit estrade impose sa présence contre le muret maçonné qui sert de chevet. La pièce est baignée de soleil grâce aux deux fenêtres carrées percées dans le pignon qui donnent une magnifique vue sur la plage de sable fin toute proche.

Deux terrasses étaient indispensables afin de laisser aux jeunes générations le loisir de bronzer tranquillement ou de recevoir des copains sans gêner les adultes présents de l’autre côté de la maison.

La maison est carrelée en totalité en dalles de pâte de grès étiré qui donne cet aspect chiné gris très mode. Le carrelage se prolonge à l’extérieur sur la terrasse des parents qui est encadrée par des murets maçonnés et blanchis sur lequel Sylvie pose des longs coussins capitonnés gris. La terrasse côté enfants, en ipé, est surélevée et les lattes légèrement espacées favorisent l’écoulement de la pluie.

La toiture couverte des traditionnelles tuiles « tiges de botte », posées pigeonnées à la manière vendéenne à l’aide d’un mortier de chaux, accueille les imposantes souches de cheminées chaulées.

Au fond du jardin, une fois la jungle débroussaillée, Sylvie a découvert un superbe mur en pierres sèches qui autrefois isolait toutes les propriétés de l’île.

Sylvie Talman a une fascination pour le papier. Comme par magie, elle transforme cette matière si ordinaire en sculpture d’une grande profondeur. Ses œuvres sont composées de substances végétales et de papiers de multiples origines qu’elle récolte au long de ses voyages. Elle travaille ensemble toutes ces matières à plat ou en relief pour leur donner leur forme définitive.

Cette frêle silhouette juvénile nous surprendra toujours par ses créations et la force de sa passion qu’elle exposera fin septembre à Londres dans le quartier branché d’Islington.
Article publié le 3 novembre 2010

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