La guerre des Post-it est déclarée

Vous l’aurez remarqué, depuis juillet 2011, des œuvres de Post-it multicolores peuplent les façades vitrées des bâtiments et open-spaces de la capitale ! Quesaco de ce phénomène coloré ?

Un univers bon enfant pour cette bataille des Post-it qui convoque la créativité des colleurs.

Surnommée « Guerre des Post-it » ou « Bataille des Post-it », le principe est simple : tel un tournoi sportif, une entreprise propose un défi à sa voisine en exhibant une œuvre en Post-it à laquelle l’autre doit répondre par une nouvelle production tout aussi pimpante et originale. Concept né des employés d’Ubisoft et de la BNP Paribas de Montreuil, le challenge s’est rapidement popularisé en France, en Seine Saint-Denis, à la Défense et dans Paris intramuros, durant la période estivale.

Qui aurait cru que cette petite feuille de papier adhésive inventée en 1977 par la société 3M défraierait la chronique et enthousiasmerait les employés ? Ceux-ci font en tout cas preuve d’une grande créativité, mettant à l’honneur l’univers des jeux (Mario Bros, Zelda, Pokemon, Tetris…) et de la BD (Astérix et Obélix, Tintin…). Et tout cela uniquement avec des Post-it. Ubisoft, pour une de ses œuvres sur 3 étages, aurait commandé 30 000 Post-it ! Certains s’aident même de feuilles de Canson, et de logiciels comme Excel pour planifier une vraie stratégie de collage.

Voici l’exemple de la Société Générale à la Défense pour répondre au superbe « Objectif lune » de GDF qui, recrutant à tous les étages, a conçu un véritable plan de guerre pour mener à bien son projet : installer sur 6 étages Obélix portant Astérix sur un pavois. Neuf-mille Post-it au total, de toutes les couleurs, des procédés précis de collage (technique pour les superposer et les faire bien adhérer à la vitre), un relai d’approvisionnement de Post-it pour garantir un « flux-tendu » et des fiches Excel avec le plan de collage, distribuées à chaque étage ont permit une réponse plus qu’à la hauteur des gaulois contre le journaliste à la houppe belge ! Monumental !

Ce phénomène, véritable détournement artistique de la part des employés du Post-it fonctionnel, est aussi utilisé des artistes. Par exemple, Immory Men, artiste canadien, a réalisé une fresque murale à partir de 10 000 Post-it et l’a installée à l’exposition « Taking care of Business » à la Grunt Gallery de Vancouver en 2011

Fleurissent Space Invaders, autres logos d’Apple, d’Androïd ainsi que mascottes diverses (Lapins crétins, Bob l’éponge…) dans nombre de villes en France. Un tournoi bon enfant qui se démocratise de plus en plus en Allemagne, au Benelux, en Scandinavie et même aux État-Unis, à San Francisco !

Les directions râlent un peu (même si les employés prennent sur leurs deniers personnels et se cotisent afin de réaliser ces collages), mais surtout s’amusent de cet engouement qui renforce la cohésion des employés et des équipes. Ils sont même étonnés des rencontres et des pique-niques faits entre les employés des entreprises, entre adversaires et concurrents (un nouveau moyen de speed-dating ?).  Ils encouragent ce challenge dont ils ne craignent pas forcément l’impact funeste pour la productivité de leurs employés (le collage des Post-it se ferait durant les pauses).

Le petit Post-it, simple note ou pense bête, devient grâce à des bataillons d’employés colleurs, un message en lui-même : on travaille certes, mais on sait s’amuser aussi !

Un site recense toutes ces créations plus originales les unes que les autres, des férus de ce tournoi :

www.postitwar.com

Fini les jeux virtuels ! La bataille se passe dans la réalité et sur le lieu de travail : pacifiques, les armées de papier, elles ont pourtant de la volonté et rivalisent d’originalité !

Article publié le 14 septembre 2011

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