Le renouveau de "Bois-Lurette" une villa Art Déco…

…ou la rénovation de A à Z d’une villa Art Déco de l’ouest parisien qui avait subi les outrages du temps depuis sa construction en 1936.

La nouvelle et grande cuisine laquée
Voir plus : architecture, décoration
Bois-Lurette est une belle villa Art Déco en bêton armé construite par l'architecte DPLG Henry de La Brunerie à La Celle-Saint-Cloud en 1936 avec de beaux volumes et une façade largement inspirée par le mouvement moderne des années 30 (Bauhaus, Le Corbusier....). On trouve d'ailleurs au 49 de l’avenue du Chesnay, à quelques numéros de Bois-Lurette, la "Maison de week-end Henfel" réalisée en 1934 par Le Corbusier.

En architecture, les choix de Le Corbusier sont ceux qui définissent le purisme : simplicité des formes, organisation, rigueur. Dès 1926, Le Corbusier définit “UNE architecture moderne ” (et non pas “l’architecture moderne”) en cinq points.

Ce sont les Cinq points de l’architecture moderne :

• les pilotis
• le toit terrasse
• le plan libre
• la fenêtre-bandeau
• la façade libre

Avec cœur et enthousiasme, Hélène et Christophe, qui revenaient de plusieurs années expatriés à Bombay, se sont lancés dans la réhabilitation d'une maison avec un caractère si affirmé. La modernité de la construction datant des années 30 et l'espace déjà existant les a subjugués et emballés, notamment après de nombreuses visites de maisons en banlieue Ouest où la pierre meulière et le pavillon des années 60 font rage... Ils aspiraient avant tout à découvrir une maison dotée d’une architecture typée, solide, "moderne", favorisant les espaces, ouverte sur l'environnement, agréable à vivre et... dans leur budget !

Evidemment, comme toute maison ayant déjà vécu de nombreuses années et malheureusement peu entretenue, ils avaient sous-estimé l'ampleur des travaux qui les attendaient ! Au programme : la totalité de l'électricité, l’isolation complète les murs et plafonds de la maison (le béton garde bien de la chaleur et conserve le froid et l'humidité...), changement des tuyauteries et radiateurs, remplacement de la chaudière qui datait des années 70 et risquait de leur valoir des notes astronomiques de chauffage, modification d’une partie des sols, réhabilitation de la terrasse extérieure car les dalles "opus incertum" en pierre de Bourgogne étaient rongées par l'humidité… Le jardin, quant à lui, est en cours de rénovation.

Côté décoration, rien n’avait été fait depuis les années 60 et 70. L’intégralité a dû être refaite avec un regard moderne, coloré et quelques clins d’œil aux années 30.

Budget des travaux:180 000 euros.

Les espaces sont essentiellement tournés vers l'extérieur et de grandes baies vitrées donnent sur tous les côtés du jardin ; Hélène a donc voulu garder une continuité et une homogénéité dans les couleurs afin qu'il n'y ait pas trop de ruptures entre l'extérieur et l'intérieur.

Les coloris retenus sont ceux que l'on retrouve dans la nature tout en insistant sur les tons dits "chauds", impératifs pour pallier l’exposition Nord/Est/Ouest : des mastics, des verts, des rouges, des ocres, des bleus turquoise, de la laque chocolat pour sublimer les 2 colonnes qui règnent en conquérantes au beau milieu du salon. Pour les couleurs, Hélène a trouvé tout son bonheur chez Farrow & Ball.

Côté sols, un parquet en chêne clair a été posé afin d'optimiser au maximum la lumière dans les pièces principales ; "Alliance Bois" à Lyon a été le fournisseur sélectionné pour un très bon rapport qualité/prix. Le choix de la pierre naturelle (ardoise brésilienne gris clair) a été retenu pour les sols de l'entrée, de la cuisine, des salles de bains, ainsi que pour la terrasse de plain pied. Ainsi, on retrouve une continuité entre l'extérieur et l'intérieur.

Différents papiers peints ornent les pièces de la maison : motifs d’oiseaux rappelant les "chinoiseries" du début de siècle, mais aussi les nombreux oiseaux qui passent et se posent dans le jardin..., motifs mordorés des années 30 avec des fleurs "géométriques" trouvés chez "Au fil des couleurs". Le plafonnier central du salon provient d'un hôtel 1940 à Lyon d'inspiration "Mallet Stevens", les poignées de portes "boules" or, répondent à une commode Danoise des années 60, une table basse japonisante et moderne de la galerie Sentou, des canapés-divans de chez Caravane, et de nombreux souvenirs de Bombay.

Autre impératif dans la réhabilitation de cette maison : ouvrir davantage les pièces les unes vers les autres afin de circuler librement, en phase avec les nombreux voyages en Asie des maîtres de maison où le Feng Shui est primordial... La difficulté fut d'éviter une vue trop ouverte d'une pièce sur l'autre, en évitant tout système de fermeture, tel que des portes ou cloisons ; le secret de cette réussite passa par la réalisation d'une bibliothèque avec un passage central pour séparer la cuisine du salon, entre autres. Fine cuisinière, Hélène aimait le clin d'œil "après les joies de la lecture, passons aux plaisirs culinaires! »

Les projets futurs : un superbe toit terrasse qui reste à aménager, car de là haut la vue est magnifique sur la forêt du Butard, la Seine, St Germain en Laye....
Article publié le 21 janvier 2010

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