Braquenié : le classique français du textile a du panache

Adulée par les têtes couronnées et les riches nantis de ce monde, la Maison Braquenié, depuis sa fondation en 1824 et depuis 1991 rachetée par la Maison Pierre Frey, continue de faire parler d’elle grâce à des créations mêlant tradition et innovation.

Un intérieur très XVIIIème siècle pour la nouvelle collection 2011 « Broderies » de Braquenié pour le groupe Pierre Frey. Références des tissus brodés : paravent Les Colonnes, grand rideaux encadrant le mur au miroir Beauvais, fauteuil de gauche et rideaux blancs fleuris linen et viscose Champeigne, rideaux fleuris vieux rose soie et viscose encadrant la fenêtre Herbier, fauteuil et coussin près de la table Rambouillet et Artenay, canapé Damas Senlis.

La Maison Braquenié : une histoire de prestige

Tout commence avec la Maison Demy-Doineau. En 1821, Pierre-Antoine Demy et son épouse installent le commerce familial rue Vivienne à Paris où ils rassemblent les plus belles collections de tapis et de tapisserie de la capitale. Très vite remarquée par le roi Louis Philippe, la maison Demy-Doineau devient le principal fournisseur d’étoffe de soie du roi en 1830. En 1840, elle rachète les fonds de la Manufacture d’Aubusson et avec elle, nombre de documents et de cartons anciens (notamment les œuvres du peintre animalier Jean-Baptiste Oudry). Apparaissent dès lors des modèles exclusifs qui font fureur et garantissent la gloire de la maison de vente de textile parisienne.

En 1842, la société Demy-Doineau s’associe à Alexandre Braquenié, fils d’un contremaître de la manufacture de tapis du baron Lefèvre de Belgique. Ils deviennent alors « Demy-Doineau et Braquenié Manufacture Royale de tapis et tapisserie ». Henri-Charles, le frère d’Alexandre Braquenié vient alors les rejoindre. Une très grande partie des planches d’impression de tissus et les documents de la Manufacture de Jouy créés par Oberkampf sont rachetés par la société et de nombreux artistes participent à des créations originales. Les indiennes, cotonnades, toiles de Jouy, moquettes et tapis aux brins noués à la main fascinent et sont prisés par les plus grands : le duc de Padoue, le sultan Saïd Pasha, l’empereur Maximilien, l’empereur Guillaume II, la Veuve Clicquot Ponsardin, Napoléon III et l’Impératrice Eugénie qui parent leurs cours en Europe, la famille Rothschild entre autres.

La Maison Demy-Doineau et Braquenié accumule alors les honneurs et les récompenses. En effet, elle devient Manufacture Royale de Tapis en 1847 sous le règne de Louis Philippe et lors de l’Exposition Universelle de 1855, est gratifiée, ce qui augmente de surcroit sa renommée.

En 1858, les frères Braquenié reprennent la société Demy-Doineau. Celle-ci prend alors le nom de Braquenié Frères. Ils deviennent alors les fournisseurs du royaume de Belgique et de l’empire Allemand, en plus de s’exporter en Espagne, en Italie et en Russie.

Le Louvre, le château de Chambord, le palais du Luxembourg, Notre-Dame, la maison de Victor Hugo, le Vatican, le Negresco à Nice, les hôtels de charme comme les demeures privées sont habillés et parés par les tissus, moquettes et tapis Braquenié qui après la Seconde Guerre Mondiale fournit aux Monuments Historiques les tissus et tapisseries nécessaires au ré-ameublement des châteaux français.

Depuis 1991, Braquenié est une marque de la Maison Pierre Frey qui allie d’autres marques de prestige comme Fadini Borghi et Boussac.

Patrick Frey a depuis 2003 crée un département chargé de regrouper et de réorganiser toutes les archives relatives à l’histoire de la Maison. Préserver ce patrimoine foisonnant, proposer et composer de nouvelles créations et offrir un service sur-mesure aux clients et décorateurs sont ses missions.

Les inspirations et les créations

Depuis plus de 50 ans la Maison Pierre Frey a conservé 6000 archives et documents de la Maison Braquenié, ce qui permet de réaliser et rééditer de grands classiques, de reprendre des motifs incomparables du XVIII et XIXème siècles comme ceux de la Fable du Meunier ou les tissus à thèmes comme celui du Grand Génois ou Voyage en Chine.

Soies, jacquards, piqués, cotons, lins, toiles de Jouy, damas, faux-unis et imprimés, autant de matières nobles et de techniques de tissage qui, agrémentées de dessins d’artistes renommés (comme Picart-Le-Doux, Saint-Saëns, Lurçat) et des archives et cartons de la Maison Braquenié permettent des créations, papiers peints et tissus de grande qualité avec motifs (fleuris, rayures, carreaux, scènes de la vie quotidienne ou historiques…) sensibles et raffinées.

En 2008 Braquenié avec sa collection « Renouveau » avait édité des étoffes élégantes afin de revisiter le passé, fuir la tendance et exprimer son propre style, à l’ancienne certes mais aux mariages de couleurs et de matières inhabituels. Et en 2010, la marque de textile intemporels avait réédité 9 de ses premiers papiers peints, inspirés de grands dessins classiques et s’adaptant aux intérieurs contemporains ainsi que les motifs pompéiens datant du début du XIXème siècle de la manufacture d’Oberkampf. Une noblesse séculaire pour une décoration à la française simple, charmante, riche et chaleureuse toujours aussi présente.

Mais la réputation de la maison Braquenié réside aussi dans sa conception de moquettes et de tapis sur-mesure. On trouve des moquettes traditionnelles de petite largeur et des moquettes plus actuelles mêlant la laine, matière noble et chaude, et la soie, douce et chatoyante.

Riche de son savoir-faire et d’un raffinement inégalés, la Maison Braquenié excelle dans différentes techniques et qualités de tapis et de moquettes : le traditionnel point noué (point noué chanvre, point noué laine, point Aubusson tissé plat, savonnerie nœud persan) et le velours tufté main.

La nouvelle collection 2011 Braquenié « Broderies » promue par le groupe Pierre Frey propose une gamme de tissus sous la forme d’étoffes brodées sur des supports naturels (coton, lin, soie). Dans un esprit très XVIIIème siècle avec rayures, carreaux et gaufrage, sur fonds légèrement bisés, impression de la marque du temps, les couleurs sont fidèles aux documents de l’époque. Les motifs joliment fleuris (certains venant d’Inde comme le modèle Pondichéry), les rideaux et le mobilier aux tons boisés, blanc et rose font rayonner le salon. Braquenié nous fait alors voyager en 1786 dans le salon de la Marquise M… et son époux à Rambouillet lors d’une chaude soirée estivale…

Entre tradition et innovation, la Maison Pierre Frey et la signature Braquenié rééditent des modèles de prestige pour rendre compte d’un patrimoine français du textile vivant et permettre des commandes originales et de qualité à de nouveaux créateurs.

 

www.pierrefrey.com

Article publié le 23 août 2011

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