La tapisserie au goût du jour

La tapisserie, un art à part entière, tout le monde en convient. La tapisserie, un univers suranné ? Certains hocheront la tête en signe d’approbation. Pourtant, les artistes contemporains n’ont pas dit leur dernier mot. Halte à tous ceux qui croient que la tapisserie est passée de mode ; place à l’innovation et à la puissance d’artistes qui se croisent et qui fusionnent avec la tradition comme avec la modernité.

Coussin carré
L'Offrande du coeur
25x25 cm
L’art de la tapisserie, trop méconnu du grand public tant sur le plan purement esthétique que sur le plan technique, semble parfois trop discret pour faire sa place dans la mémoire culturelle. Aujourd’hui, peintres et designers se réunissent, collaborent ensemble pour ne pas laisser le dynamisme de la création s’émousser.


Un peu d’histoire : l’engouement au Moyen Age


Si l’art de la tapisserie remonte au Moyen Age avec la grandiose tapisserie historique de Bayeux en 1066, il connaît surtout un enthousiasme collectif au XVe siècle. Le style français se révèle non seulement avec la célèbre tenture « La Dame à la Licorne », conservée au musée de Cluny mais aussi avec deux autres tapisseries emblématiques, « La Danse » et « L’Offrande du cœur », conservées au musée du Louvre. La première, bucolique, est caractéristique de la Noble pastorale tandis que la seconde, emblématique de la « fin’amor », met en scène les codes de l’amour courtois.

Lancelot, soucieux au XIIe siècle de l'éthique amoureuse inventée par la lyrique occitane, n’a cessé d’inspirer les siècles. Maintes représentations contemporaines sur de petits objets précieux ne sont pas sans rappeler cette thématique.Un âge d’or qui aurait tendance à estomper le présent. Et pourtant…


Un vent de renouveau : du souffle belge à la tempête numérique


Depuis les années 40, la Belgique joue un rôle important dans l’histoire de l’art de la tapisserie qui connaît un véritable renouveau. Focalisés davantage sur l’écriture spécifiquement murale de la tapisserie, les artistes contemporains belges se préoccupent d’adapter leurs œuvres aux développements muraux de l’architecture actuelle. Une renaissance en adéquation avec les changements de la pensée et de la civilisation qui a permis à cet art d’évoluer avec son temps.

En France, des manufactures comme celle d’Aubusson persévèrent pour renouveler l’image de la tapisserie. Le musée invite le public à découvrir les artistes de la seconde moitié du XXe siècle qui ont participé à la renaissance de la tapisserie en répondant à l’appel de Jean Lurçat. Pour le peintre français Hervé Di Rosa, « c’est un acte militant » et ce dernier « est conscient de permettre à un métier d’art de survivre ». Quant à Jean Picart Le Doux, artiste cartonnier, il s’est passionné pour la tapisserie après sa rencontre en 1940 avec Lurçat. Il a reçu d'importantes commandes de tapisseries pour la Chambre de Commerce de Paris et surtout pour la Compagnie générale transatlantique. Quelques-unes déjà de ses tapisseries ont été acquises par le Musée d'Art moderne, le Mobilier National, la Manufacture des Gobelins et l'une d'elles, le « Cérès » par l'Etat Polonais.

Aujourd’hui, la tradition du tissage d’Aubusson perdure grâce à la révolution numérique. Les créations textiles de Neolice participent d’un nouveau regard sur la tapisserie. Ce procédé permet de substituer un dessin numérique au traditionnel carton. Grâce à l’utilisation d’internet, l’entreprise et l’artiste demeurent constamment en étroite connexion. De nombreux essais de tissages ont été réalisés avec des matériaux comme laines, coton, soie, bambou, lurex, fibres synthétiques.

Il ne vous reste plus qu’à conceptualiser votre dessin si la tapisserie vous passionne !
Article publié le 21 septembre 2010

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