Bras orientable pour la lampe de Marseille signée le Corbusier

Rééditée par Nemo, la « Lampe de Marseille » de l’architecte Le Corbusier connaît un nouveau regain de succès, s’auréolant du statut d’icone des fifties. Ce luminaire en métal est conçu dans une parfaite maîtrise de son éclairage.

Munie d’un bras rétractable, la lampe de Marseille correspond aux recherches du Corbusier en matière de design, où la fonctionnalité prime dans une démarche humaniste. La simplicité des formes répond à une maîtrise de la lumière optimale.

Développant une nouvelle conception de l’architecture, Le Corbusier émet l’idée qu’une construction est un ensemble qui, outre les volumes et les formes, doit prendre en considération l’environnement et l’architecture intérieure. A partir des années 20, il commence à s’orienter vers le design de meubles et luminaires, ne trouvant pas satisfaction dans le commerce usuel. Conçue pour la Cité Radieuse de Marseille, la « Lampe de Marseille » est destinée à être installée dans les salons de ses habitations. Réalisée de manière artisanale en 1954, elle est constituée de deux cônes asymétriques et d’un cylindre central, formant une structure fixée sur un bras tubulaire orientable. En s’inspirant de l’éclairage industriel, elle privilégie l’utilisation de métal, afin d’apporter un jeu de rutilance qui fait se refléter la lumière. Esthétique sobre, la lampe est à l’image des formes et volumes voulus par l’architecte dans son travail, faisant preuve d’un réel purisme.

Comme les deux ampoules s’allument indépendamment l’une de l’autre, l’accent est mis sur une maîtrise optimale de la lumière, accentuée par le système d’orientation. Il s’agit d’offrir un éclairage modulable, en permettant à la lampe de diffuser une lumière de manière directe ou indirecte. Munie d’un bras rétractable allant jusqu’à 1 mètre 40, elle s’oriente selon les besoins de l’instant, comme par exemple servir de suspension au dessus d’une table ou d’un éclairage directionnel d’appoint pour la lecture. En concevant cette lampe, Le Corbusier reste fidèle à une conception humaniste, prenant en considération le principe de fonctionnalité. Il s’agit pour l’architecte de se rapprocher d’une beauté formelle, ce qui permet à la lampe de Marseille d’atteindre le statut d’icône, en conservant un caractère toujours moderne.

Considéré comme l’un des chefs de fil du mouvement moderne en architecture, Charles-Edouard Jeanneret-Gris dit Le Corbusier voit le jour en 1887 à La Chaux-de-Fonds en Suisse. Après une formation de graveur-ciseleur, il se lance dans l’industrie de l’horlogerie suivant les pas de son père. A la suite d’un problème de vue qui l’empêche de voir d’un œil, il décide de devenir peintre, puis sera redirigé vers l’architecture par son directeur d’école en 1904. A peine âgé de 17 ans, le jeune homme entame la réalisation d’une villa sous le contrôle de l’architecte Chapallaz et en particulier de son architecture intérieure. Après un voyage à travers l’Europe et l’Orient, il crée sa propre agence sous le nom de Jeanneret, qui a du mal à survivre devant le manque de projets à réaliser. Il faut attendre la fin de la Première Guerre Mondiale, pour que l’architecte déménage à Paris avec pour rêve sa reconstruction. En 1920, il se fait appeler « Le Corbusier ».

Avec l’incendie de la Cité Radieuse à Marseille en février 2012, l’unité d’habitation du Corbusier fut remise sur le devant de la scène, ce qui explique certainement la réédition de la lampe de Marseille par Nemo, considérée comme le symbole du modernisme des années 50.

www.nemo.cassina.it
www.madeindesign.com

Article publié le 22 juillet 2012

Articles à lire sur le même sujet

Ajouter un commentaire