La lampe « Shogun » de Mario Botta

Avec un sens aigu de la géométrie, l’architecte suisse Mario Botta conçoit la lampe « Shogun », à l’image d’une construction architecturale, où la diffusion de la lumière se fait essentielle.

En métal verni, la lampe à poser « Shogun » est conçue par l’architecte Mario Botta comme l’une de ses constructions. Grâce à ses diffuseurs en tôle d’acier perforé, les diffuseurs sont orientables, afin d’offrir un contrôle optimal de la lumière.

Influencée par Le Corbusier ou Carlo Scarpa, l’œuvre de Mario Botta, que ce soit en architecture ou en design, présente une même ligne de conduite, où est faite une belle part à la géométrie des volumes. Natif en 1943 de Mendridio en Suisse, il montre déjà une certaine audace à l’âge de 15 ans, lorsqu’il décide de quitter l’école pour rentrer en apprentissage comme dessinateur de bâtiments. Après avoir proposé son expérience dans les plus grandes agences d’architecture, il décide de créer la sienne en 1970, dont la réputation dépasse rapidement les frontières de son pays natal. Quelque soit le médium, sa conception reste la même, marquée par un souci d’ordre éthique plutôt qu’esthétique. Il s’agit pour le créateur de chercher une simplicité des formes dans un équilibre entre richesse et sobriété, qui puisse dialoguer en harmonie avec la nature.

Conçue pour la maison d’édition italienne Artemide en 1986, la lampe « Shogun » est une tentative, pour faire transférer sa conception architecturale dans l’univers de la maison. Le choix de la conception d’un luminaire n’est pas un hasard, puisque Mario Botta considère la maîtrise de la lumière comme une composante nécessaire à son art. Sur une structure en métal verni, la lampe présente une simplicité de forme stylistique, où des diffuseurs en tôle d’acier perforé verni se superposent. Orientables à souhait, ils permettent d’assurer un parfait contrôle tout en douceur de la lumière, pour une diffusion correspondant aux besoins du moment. Le luminaire ne se limite pas uniquement à éclairer, en créant une véritable ambiance dans un jeu de contrastes sur les ombres et la lumière.

Revenant à l’essentiel du vocabulaire des formes géométriques, le designer se plaît à décliner la courbe et l’angle dans sa plus formelle simplicité. Ce pur esthétisme est relayé par le choix des couleurs, où le noir et blanc forment la seule gamme chromatique dans une superposition, qui se suffit à elle-même pour créer un rythme dynamique. Ainsi même lorsque la lampe est éteinte, « Shogun » reste un bel objet au-delà de sa fonctionnalité. Dans une conception presqu’organique, il considère que sa lampe est une personne à part entière, munie d’une tête, d’un corps, de pieds et d’un nombril. D’un aspect toujours très contemporain, elle est conçue pour supporter aussi bien des ampoules halogènes, qu’à économie d’énergie ou LED.

Aujourd’hui, la lampe « Shogun » appartient à la collection design du Metropolitan Museum de New York, ce qui lui confère une aura d’exception. Elle est devenue une icône du genre, dont les lignes graphiques présentent des similitudes flagrantes avec ses constructions architecturales.

www.artemide.com
www.botta.ch
www.bazardelectricite.fr

Article publié le 9 juillet 2012

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