Trois meubles emblématiques de Mon Oncle

Comme souvent, le projet est né d’une rencontre, celle de Philippe Pérès avec Macha Makeïeff. Reproduire les meubles du film « Mon Oncle » de Jacques Tati a immédiatement suscité l’enthousiasme.

Le vaste salon et son canapé haricot, les baies vitrées et les fauteuils coquetiers du couple... On croirait entendre Madame Arpel : " C'est si pratique. Tout communique ! ".

Désireux de célébrer l’univers onirique de Jacques Tati, le duo Domeau & Pérès fabrique et édite trois sièges tirés du film "mon Oncle", datant de 1958, dont l’improbable canapé lit vert de Monsieur Hulot dit canapé "Haricot".

Visionnaire et décalé, Jacques Tati souhaitait une villa blanche et contemporaine pour servir d’écrin à la réussite sociale et à la soif de modernité du couple Arpel.  « Mon Oncle » célèbre le rêve américain de Monsieur Arpel qui s’imagine à la pointe de la mode et de la technologie. Domotique, design et confort servent de leitmotivs à la construction de la belle villa édifiée pour le tournage à Nice, dans les célèbres studios de la Victorine, l’Hollywood français où Marcel Carné tourna les « Enfants du Paradis » en 1945, Jacques Tati « Mon Oncle » en 1956, Roger Vadim quelques scènes de « Et Dieu…créa la femme » la même année et François Truffaut « La nuit américaine » en 1973.

La reconstitution grandeur nature en 2009 de la Villa Arpel dans la Halle Curial du CentQuatre, accessoirisée et éclairée comme au cinéma.
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La reconstitution grandeur nature en 2009 de la Villa Arpel dans la Halle Curial du CentQuatre, accessoirisée et éclairée comme au cinéma.
©Frédéric Baron-Morin

Chef d'œuvre du cinéma français, miroir d'une époque où les progrès domestiques avançaient à grands pas et où le futur fascinait, « Mon Oncle » s’inscrit dans le présent en confiant trois pièces emblématiques à l’édition, dans les mains expertes des fabricants et éditeurs de mobilier contemporain Domeau & Pérès. Les droits de l’œuvre de Jacques Tati appartiennent aux « films de mon Oncle », gérés par son neveu direct, Jérôme Deschamps avec sa femme Macha Makeïeff. Passionnés par l’œuvre de leur oncle cinéaste, un travail de colorisation de « Jour de fête » financé par le Gan et de numérisation de « Mon Oncle » à partir du master original, afin de retrouver les couleurs d’origine avait déjà été effectué par Macha Makeïeff. A l’époque, Jacques Tati travaillait avec l’artiste Jacques Lagrange pour concevoir les décors de ses films, et il fut impossible d’identifier qui avait dessiné les meubles, ceux-ci ayant disparu.

Résolument linéaire, le canapé vert de Madame Arpel, recouvert de drap de laine reprend les codes du mobilier urbain. Edition limitée à 8 exemplaires. Dimensions : L 2750 x P 680 mm H 770 mm.
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Résolument linéaire, le canapé vert de Madame Arpel, recouvert de drap de laine reprend les codes du mobilier urbain. Edition limitée à 8 exemplaires. Dimensions : L 2750 x P 680 mm H 770 mm.
©DR

Les trois meubles choisis pour être réédités, le canapé Haricot, le rocking-chair jaune et le canapé tubulaire vert, ont un rôle dans le film, de vrais accessoires de jeux pour Monsieur et Madame Arpel qui se veulent à la pointe de la modernité et bien le montrer à leurs proches. Il fallait retrouver le ton juste par rapport à ce qu’avait voulu Jacques Tati et retrouver l’état d’esprit de l’époque désireux de fabriquer des meubles en grande série.

Fauteuil à bascule permettant un balancement d’avant en arrière, le rocking-chair de Monsieur Arpel semble en réalité une modeste chaise de bureau reposant sur un piétement métallique tubulaire, mais…gainé de cuir jaune canari ! Edition limitée à 8 exemplaires. Dimensions : L 1020 x P 500 mm H 730 mm.
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Fauteuil à bascule permettant un balancement d’avant en arrière, le rocking-chair de Monsieur Arpel semble en réalité une modeste chaise de bureau reposant sur un piétement métallique tubulaire, mais…gainé de cuir jaune canari ! Edition limitée à 8 exemplaires. Dimensions : L 1020 x P 500 mm H 730 mm.
©DR

Nouveau riche, ultra fier de sa maison à la technologie dernier cri, Monsieur Arpel a réussi socialement et tient à le prouver, quitte à ce que les meubles soient inconfortables. Jacques Tati explique une certaine aberrance d’une industrie au détriment de confort et de la fonctionnalité. Demeure essentiellement futuriste, la villa des Arpel comprend tout le confort moderne et les derniers gadgets technologiques à l'utilité parfois discutable. Pour Jacques Tati, elle est la représentation ultime de la Modernité, l'objet de toutes les interrogations et de toutes les maladresses de Monsieur Hulot l'inadapté.

Les trois sièges imaginés pour le film par Jacques Tati et Jacques Lagrange ont été interprétés de la manière la plus fidèle possible par Domeau & Pérès d’après les images du film. Ce projet a été l'occasion de travailler sur l'inconfort - les sièges en effet ont été pensés pour dénoncer un certain snobisme qui touche parfois la société : celui de paraître "moderne". De ce point de vue là, le projet est aussi une sorte d'autocritique de leur métier.

Recouvert de drap de laine vert, le canapé lit de Monsieur Hulot "Haricot" se met sur la tranche et devient une chaise longue à la façon de la chaise longue LC4 créée par Charlotte Perriand en 1929. Edition limitée à 8 exemplaires. Dimensions : L 2150 x P 900 mm H 550 mm.
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Recouvert de drap de laine vert, le canapé lit de Monsieur Hulot "Haricot" se met sur la tranche et devient une chaise longue à la façon de la chaise longue LC4 créée par Charlotte Perriand en 1929. Edition limitée à 8 exemplaires. Dimensions : L 2150 x P 900 mm H 550 mm.
©DR

Fabriqués à la commande et en série très limitée, ces trois meubles incarnent à la perfection le rêve américain de Mon Oncle.

www.domeauperes.com

Rien ne manque : le jardin rectiligne rose et bleu, son plan d'eau et ses nénuphars de plastique, son poisson fontaine qui crache, ses terrasses bien dessinées, son garage et la Chevrolet Bel Air 1956 de Monsieur Arpel.
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Rien ne manque : le jardin rectiligne rose et bleu, son plan d'eau et ses nénuphars de plastique, son poisson fontaine qui crache, ses terrasses bien dessinées, son garage et la Chevrolet Bel Air 1956 de Monsieur Arpel.
©Frédéric Baron-Morin

Article publié le 22 janvier 2013

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