Un diamant noir comme écrin de l’exposition Bulgari

Pour célébrer ses 125 ans de magnificence la maison Bulgari a choisi la nef du Grand Palais comme écrin où trône un beau et gigantesque diamant noir, réalisé par le jeune scénographe Fabien Iliou. Ce dernier nous en raconte sa genèse.

La nef du Grand Palais culmine à 50 mètres de haut
« Bulgari, c’est un monde d’opulence, et une marque d’une remarquable modernité. J’ai donc voulu l’exprimerpar une véritable caverne d’Ali Baba, moderne, pure, faite d’évocations et de jeux de lumière » confie Fabien Iliou, scénographe et photographe.

Dès la façade du Grand Palais, l’œil du visiteur est trompé. La pierre devient or massif, puis les reflets de la verrière et du diamant se mettent à dialoguer. Cette illusion optique est donnée par un jeu de projections orchestré avec le scénographe de projection Jean-Michel Quesne. Dès l’avenue des Champs-Elysées, l’œil est attiré, ou bien plutôt…. trompé !!... Le ton est donné.

Le visiteur rentre au cœur d’un immense diamant noir éclaté, déposé au centre du Grand Palais sur lequel reflètent sur ses multiples facettes les nervures métalliques de la majestueuse nef. Somptueux et magnifique. Rien de plus normal, puisque Bulgari a choisi le plus bel écrin architectural de Paris pour y accueillir cette exposition rétrospective. C’est derrière ces parois en aluminium laqués, que huit salles thématiques remontent le fil de l’histoire de la marque toujours familiale, née en 1884.

« Ma source d’inspiration a été les arêtes de la verrière qui se dessinent comme les facettes d’un diamant. Il y a eu aussi une broche en forme d’étoile de Bulgari et le travail de Michel Ange sur la place du Capitole à Rome » souligne Fabien Iliou. Créer le plus grand diamant dans lequel se refléteraient les arêtes de la verrière, permet d’ouvrir un dialogue entre diamant et lumière, mais aussi entre lumière et éclat du diamant blanc et obscurité et mystère du diamant noir.

Tout le challenge a été de partir d’un espace brut de 50 mètres sous plafond avec une superficie de 20.000 mètres carrés, surplombée d’une verrière transparente qui laissait filtrer la lumière, alors que les bijoux avaient besoin d’obscurité pour être mis en valeur.

Ce diamant en chiffres représente 2 700 mètres cube, 9 500 tonnes (50 milliards de carats !!...) et 1 200 mètres carrés de miroirs.

Cette exposition Bulgari est la première réalisation en solo de ce jeune scénographe. Diplômé de l’Ecole des Arts Décoratifs, Fabien a travaillé sur des projets de photographies et de design avant de se tourner vers la scénographie d’exposition avec Massimo Quendolo. A ses côtés, il a participé aux expositions « Sacha Guitry » à la Cinémathèque Française, « Napoléon Bonaparte et l’Egypte » à l’Institut du Monde Arabe, le Musée Guimet, le Musée du Quai Branly, l’exposition « Bouhtan » au Musée Guimet, mais aussi l’exposition « Bulgari » au Palais des Expositions de la ville de Rome en 2009. De ces années, il retient la composition des objets dans l’espace, la mise en scène.

Sa passion, sa recherche tourne autour de la géométrie et de l’illusion optique, utilisant le principe de l’anamorphose. Scientifique séduit par le plan, les côtes et les mesures, Fabien Iliou prend très vite conscience que le boîtier et l’objectif pourraient devenir règle et compas. C’est un nouveau regard qu’il offre à l’œil. Dans ce travail, le souvenir photographique vient rejoindre le temps présent. À un point précis de l'espace apparait et disparait son travail d'où se dégage une étrange impression et nous questionne sur notre perception du temps.

Son site www.fabien-iliou.com montre des images qui parlent d’elle mêmes…..
Article publié le 28 décembre 2010

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