Dalle chaux et maison très basse consommation

Discussion dans 'Isolation / Maison Passive / BBC / RT2012' créé par seboseb, 17 Février 2009.

  1. seboseb

    seboseb Nouveau membre

    Bonjour à toutes et tous,

    je projette de construire une maison répondant aux critères du label BBC Effinergie (pas forcément labellisée, mais efficace). Pour le sol, je m'intéresse de plus en plus à une solution perspirante (pour les murs et la toiture, j'étais déjà convaincu, mais c'est plus facile !). Une dalle de chaux ferait parfaitement l'affaire.

    Questions :
    - comment isoler efficacement le sol tout en gardant la perspiration ? Je suis dans l'est de la France, à 850 m d'altitude, le sol est froid l'hiver et une isolation périphérique ne semble pas suffire.

    - Quel revêtement de sol pour garder la perspiration ? Carreaux de terre cuite ? S'ils reçoivent un traitement à l'huile dure, est-ce que ça va les imperméabiliser ? Est-on condamnés aux tomettes cirées (très beau mais invivable au quotidien : tout le monde en patins ou en chaussons en feutre...) ?

    - Une dernière un peu iconoclaste : après tout, est-ce vraiment utile, la persiration par le sol, si les autres parois sont déjà perspirantes ? Pourquoi se priver d'un bon vieux complexe "fondations en agglo béton, polystyrène et dalle ferraillée" tellement prisé par les "professionnels" ???

    Merci à tous ceux qui pourront faire avancer le schmilblik.
     
  2. Calypso

    Calypso Monique Cerro

    Bonjour,

    je commence par la dernière : une dalle en chaux est bien moins froide, en terme de sensation sous les pieds au moins, et la terre cuite qui l'accompagne se charge en chaleur dans une maison chauffée. Autre avantage de la dalle chaux : la gestion de l'humidité qu'elle ne renvoie pas dans les murs.

    Voilà pour le fond, ensuite, on voit les autres questions :

    La dalle composée de chaux et de billes d'argile, de liège en vrac ou de pouzzolane est déjà isolante mais il est tout à fait possible de la "doubler" avec des plaques de liège de l'épaisseur qu'on veut avant de couler une chape chaux.

    La terre cuite s'imperméabilise avec l'huile dure, mais c'est très cher; beaucoup plus économique, avec un mélange d'huile de lin et d'essence de térébenthine ou avec du savon noir à l'huile. L'entretien se fait alors à la serpillière et au savon noir. Donc on n'est pas obligé de cirer. Ni patins ni pantoufles.... Seul l'aspect, mat satiné ou brillant, fait la différence.

    Reste qu'on peut poser un parquet....
     
  3. seboseb

    seboseb Nouveau membre

    Bonjour,
    merci pour cette réponse qui appelle d'autres questions (c'est souvent comme ça...)

    "Une dalle en chaux est moins froide" : c'est une manière de dire que l'effusivité est moins forte que celle du béton (par exemple) : lorsqu'on pose le pied dessus, la chaux "pompe" moins vite la chaleur que le béton. Dans ma "Bible", Courgey et Oliva indiquent une effusivité de 38.7 pour le béton armé ; la valeur pour la chaux n'est pas indiquée mais celle du platre est de 10.5 : près de quatre fois moins.

    Notons que c'est surtout le revêtement qui influe sur cette sensation de paroi froide ou chaude : béton + parquet bois = moins froid que chaux + carrelage.

    Corrolaire : le platre (proche de la chaux, j'imagine ?), peut stocker, à volume égal, 3 fois moins de chaleur que le béton (capacité thermique volumique de 278 Wh/m3.K pour le platre, 653 pour le béton armé), ce qui est plutôt un inconvénient pour une construction qui sera très vitrée et qui aura beaucoup d'apports solaires à gérer. Au passage, cette contrainte fait que les planchers bois sont fortement déconseillés dans ce genre de construction bioclimatique, du moins pour les pièces à forts apports solaires.

    Il est vrai que le platre (toujours lui, faute de données sur la chaux !!!) isole mieux que le béton, mais il en faudrait tout de même un mètre ou deux pour atteindre les valeurs nécessaires à la très haute performance énergétique. En effet, son coef "lambda" (conductivité thermique) est de 0.4 W/m.K soit 10 fois moins qu'un isolant standard, écologique ou non.

    Donc, comme vous le dites, il faut isoler en dessous. Le liège semble très bien, en effet, toute considération financière mise à part. Mais le liège est-il vraiment perméable à la vapeur d'eau ?

    Toutes ces remarque me font penser que la chaux est plus adaptée au bâti ancien : il n'y a pas de barrière anticapillarité sous les murs (type Delta MS) et donc la gestion de l'humidité est primordiale pour la sauvegarde du bâti. Et la performance énergétique n'est pas extraordinaire dans les vieux murs, un chauffage central est nécessaire de toute façon, les apports solaires sont limités car à l'époque, avec le simple vitrage, on n'avait pas intérêt à ouvrir de grandes baies ! Par contre, il me semble que dans une construction neuve très performante, les priorités sont l'isolation (y compris du sol, surtout en montagne où le sol est froid) et la gestion des forts apports solaires (donc : matériaux lourds à forte effusivité à l'intérieur de l'enveloppe isolante). C'est sur, la perspiration par la dalle serait un "plus", mais jusqu'à point est-ce important ?

    En disant celà, je suis le courant de pensée majoraitaire... Mais je ne demande qu'à changer d'avis, d'où mes questions ! Merci à tous ceux qui prendront le temps de lire et de répondre.
     
  4. seboseb

    seboseb Nouveau membre

    Mon post-fleuve a certainement découragé les bonnes volontés ! ;-)
    Je vais faire plus simple : quelqu'un a-t-il déjà fait (ou vu) une maison très performante ET respirante, y compris par le sol ?
    Toutes les pistes m'intéressent !
    Bonne soirée.
     
  5. arno

    arno Arnaud Sellé

    Bonjour,

    Excusez-moi de jeter un pavé dans la mare : certes, je comprends bien l'intérêt de gérer la transition de vapeur d'eau dans les murs (ne serait-ce que pour éviter aux isolants fibreux de condenser), mais comment voulez-vous que la vapeur d'eau s'évacue de l'intérieur du logement vers le sol ?

    A moins d'habiter sur un sol sablonneux comme dans les Landes, si vous êtes sur de l'Argile, vous risquez plus de voir des remontées d'eau par capillarité que le contraire !

    Et même sur un sol sablonneux la respiration sera forcément marginale.

    Ce qui peut-être intéressant par contre, c'est que votre carrelage + dalle ait une capacité d'absorption/restitution de vapeur d'eau pour réguler l'hygrométrie de votre logement.
    Et cela n'empêche pas de mettre en dessous un isolant imperméable à la vapeur d'eau voire même (sacrilège pour certains) un fil polyane en dessous.

    Du coup vous évitez les remontées d'eau par capillarité et régulez naturellement l'hygrométrie de votre logement.

    Pour calculer l'effusivité, il vous suffit de conculter notre bibliothèque des matériaux et l'effusivité vaut :
    racine_carrée(densité x conductivité_thermique x chaleur spécifique)

    Attention, les valeurs standard d'effusivité sont basées sur des wattheures et non des Joules. Pour faire le calcul, il faut diviser par 3600 la chaleur spécifique donnée dans notre bibliothèque des matériaux.

    Exemple chaux : densité 1600 kg/m3 , lambda 0,7 et chaleur spécifique 850 J/kg.K, soit 0.236 Wh/kg.K

    Effusivité de la chaux = racine (1600 x 0.7 x 0.236) ≈ 16
     
  6. seboseb

    seboseb Nouveau membre

    Merci de cette réponse, arno.
    Tout pavé dans la mare de mes réflexions est le bienvenu !

    En fait, je suis me pose moi-même la question de l'intérêt réel d'une dalle perspirante. En effet, ce n'est pas par là que l'on va évacuer beaucoup d'humidité. D'un point de vue strictement thermique, de plus, ça ne se justifie pas. Par contre, d'un point de vue "philosophique", voire "poétique" (!!!), j'aime l'idée de construire "en phase" avec le sol plutôt que "en opposition" ; et l'idée d'une régulation douce de l'humidité du sol me plait plus que le film étanche (pour la santé duquel il faut prier matin et soir !)

    Le seul vrai avantage "rationnel" que je vois en faveur d'une dalle perspirante, c'est que, la dalle va amener de la vapeur d'eau, ce qui peut corriger un air intérieur qui est en général trop sec, notamment en hiver.

    Mais il peut aussi y avoir des phénomènes d'échange gazeux et de changement de phase au sein du matériaux qui pourraient libérer ou absorber de la chaleur (chaleur latente) et influer sur la performance thermique du sol... Et là, c'est nettement plus compliqué que la thermique de base, je n'ai pas les bases scientifiques nécesssaires.

    J'attends d'autres pavés !!
    Bonne soirée.
     

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