Busset : si français !

Ce n’est pas moi qui l’invente, mais l’histoire qui le dit : à l’origine, le château de Busset résonnait du fracas des armes des templiers, ces chevaliers religieux et militaires qui menaient leur combat pour défendre les pèlerins en terre sainte.

Le jardin à la française
Voir plus : jardin
Edifié à la fin du XIIIème siècle sur l’emplacement d’une commanderie, il fut une demeure féodale, conçue pour repousser les attaques et protéger sa souveraineté ; en témoignent encore aujourd’hui l’enceinte, les murs rectilignes protégés par des douves et le donjon couronné de créneaux et de mâchicoulis. Quelques siècles plus tard, la Renaissance italienne adoucira l’architecture du bâtiment, en créant un corps d’habitation au rez-de-chaussée, un promenoir aux arcades en plein cintre reprenant le rythme architectural des cloîtres, et une galerie au premier étage, qui recevra un décor peint. Henri IV séjourna en ces lieux qui appartiennent toujours à la même famille, car depuis le 1er janvier 1498, quatorze générations de Bourbon Busset se sont succédées dans cette demeure.

Vous savez tout, reste à écrire l’essentiel sur ce château, à savoir qu’il possède un trésor supplémentaire à offrir à la curiosité de ses visiteurs : un jardin. Un enclos de style classique ou régulier et qui, comme tous ces jardins communément appelés français, exige pour être bien compris de choisir un poste d’observation en hauteur. Là seulement, vous pourrez embrasser dans son ensemble le terrain uni qui s’ouvre derrière la cour d’honneur, marqué par un dénivelé léger que corrige une série de marches, et apprécier la composition parfaite, si caractéristique de ces jardins chers au jardiniste Le Nôtre, composition où procèdent la règle et le compas, et que l’on exécute au moyen de la toise, des jalons et des cordeaux, tout se jouant ici sur la perfection des lignes et la rigueur de la symétrie.

Une allée rectangulaire, à peine tronquée à son sommet, enserre un parterre de pelouse résolument plane, auquel huit topiaires distribuées sur ses flancs assurent le relief indispensable. Deux plates-bandes, de part et d’autre, hébergent leurs jumelles végétales sculptées, l’horizon étant borné en ces lieux par un dernier rectangle d’herbe rase, au-delà de l’allée, au-delà des volutes gravées à même le gazon sur les franges du parterre. Il est, au pied de ce château, une clairière, un trou de verdure où la main du jardinier règne en maître. Jardin du château de Busset, gardez vous à droite, gardez vous à gauche de la nature qui vous entoure, des arbres isolés, des massifs non taillés, des haies sauvages du bocage, de tout ce qui pourrait nuire à votre ordonnancement si bien agencé !


Extrait de « Les plus beaux jardins d'Auvergne », par Marie-Claire Ricard et Caroline Drillon
Editions Sud Ouest 35 €
www.editions-sudouest.com
Article publié le 18 février 2010

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