Chaumont fait son show annuel avec des jardins sous influences

Créé en 1992, le Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire vient d’ouvrir sa 23ème édition. Des créations tous azimuts à découvrir, en plein ciel, sur deux hectares, jusqu’au 2 novembre 2014.

Le domaine de Narcisse, une création italienne de Carlotta Montefoschi, Niccolo Cau, Luigi Rebecchini, Francesco Jacques Dias, architectes, Ricardo Walker Campos, paysagiste, Francesca Romana Guanaschelli, photographe et Maria Cecilia Villanis Ziani, docteur en droit. Péché de vanité exprimé par un grand miroir qui nous surprend à l’improviste lors d’une tranquille promenade.

Petits et grands interdits… 

Cette année, sur la thématique réactualisée des 7 péchés capitaux inventée par Saint-Thomas d’Aquin, au XIIIème siècle, les paysagistes, architectes, designers, artistes, anthropologues… ont imaginé des espaces où le végétal et les plantes nous parlent des travers des sentiments humains et de leurs avouables faiblesses, comme la Jalousie, représentée par la Giroflée ou la Gourmandise, représentée par la Fleur d’Oranger… aux outrances de notre société de consommation. Gaspillage, dégâts occasionnés sur notre belle planète, propension à l’accumulation, les péchés d’aujourd’hui n’ont rien à envier à ceux d’hier ! Au-delà des 26 créations originales de jardins éphémères, on peut aussi découvrir des jardins permanents et  des installations artistiques qui renouent avec la tradition du Land Art.

Péchés virtuels, une création française de Annemarie Arbefeuille, photographe plasticien, Gérard Pontet, paysagiste et Pierre Froissac, plasticien volume. Le monde de la virtualité, évoqué ici par les pixels de l’univers numérique, est un des péchés du monde actuel.
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Péchés virtuels, une création française de Annemarie Arbefeuille, photographe plasticien, Gérard Pontet, paysagiste et Pierre Froissac, plasticien volume. Le monde de la virtualité, évoqué ici par les pixels de l’univers numérique, est un des péchés du monde actuel.
©E. Sander

Entre design et architecture végétale

Promenade poétique dans le jardin d’Harpagon qui aboutit à une plongée dans une piscine à balles dorées…rêve éternel de l’avare bercé et endormi dans sa balançoire, espace évoquant les nouveaux péchés virtuels de l’internet, miroir enfoui au cœur de souples buissons évoquant le sentiment narcissique, panier géant faisant référence à la gloutonnerie, ou architecture de boîtes de conserve…chaque jardin offre une mise en scène d’objets symboliques. Parmi nos créations préférées, le jardin russe de la grotte fabriquée à partir de matériaux de récupération et Les Fleurs maudites qui se découvre derrière des grillages. A noter aussi, l’espace ludique de La Balance qui nous questionne, corps et âme, sur la notion d’équilibre ou Le Toucher d’Or, un jardin dénudé qui resplendit sous les reflets d’un arbre mort entièrement doré. Kitsch à souhait, Haute Culture qui évoque l’orgueil et le désir de s’afficher exprimés par des robes arrogantes et sculptées et des masques noirs qui permettent d’admirer secrètement les tenues extravagantes.

Le Toucher d’or, une création française de Bertrand Colson et Gaëlle Le Borgne, architectes. Référence aux « Métamorphoses » d’Ovide et du roi Midas obnubilé par la richesse, et qui a obtenu de Dionysos de pouvoir transformer en or tout ce qu’il touche, toute la splendeur d’un arbre doré, mais mort.
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Le Toucher d’or, une création française de Bertrand Colson et Gaëlle Le Borgne, architectes. Référence aux « Métamorphoses » d’Ovide et du roi Midas obnubilé par la richesse, et qui a obtenu de Dionysos de pouvoir transformer en or tout ce qu’il touche, toute la splendeur d’un arbre doré, mais mort.
©Chaumont

Jardins à voir et à revoir

On dit souvent que la période idéale pour visiter ces jardins est située de mi-juin à fin juin. Mais les jardins sont beaux en toutes saisons, aussi à l’automne.

Et vous, quelle est votre saison préférée, au jardin ?

Paradis inversé, une création néerlandaise d‘Arie Van Der Hout, architecte paysagiste et Richard Van Der Berg, paysagiste. Dégageant une forte odeur de caoutchouc, un jardin hostile et sombre évoquant la pollution causée par les changements climatiques.
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Paradis inversé, une création néerlandaise d‘Arie Van Der Hout, architecte paysagiste et Richard Van Der Berg, paysagiste. Dégageant une forte odeur de caoutchouc, un jardin hostile et sombre évoquant la pollution causée par les changements climatiques.
©E. Sander

Renseignements :
Domaine de Chaumont-sur-Loire
41150 Chaumont-sur-Loire
Tél. : 02 54 20 99 22
www.domaine-chaumont.fr
Mail : contact@domaine-chaumont.fr

Paradis inversé, une création néerlandaise d‘Arie Van Der Hout, architecte paysagiste et Richard Van Der Berg, paysagiste. Arbres morts, cactus aux épines acérées, rectangles noirs qui symbolisent les déchets et les excès de la consommation, feuilles d’ardoises composant une ligne de pièges pour nous faire chuter sur un sol stérile, brulé et désertique. Tout le contraire d’un jardin accueillant !
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Paradis inversé, une création néerlandaise d‘Arie Van Der Hout, architecte paysagiste et Richard Van Der Berg, paysagiste. Arbres morts, cactus aux épines acérées, rectangles noirs qui symbolisent les déchets et les excès de la consommation, feuilles d’ardoises composant une ligne de pièges pour nous faire chuter sur un sol stérile, brulé et désertique. Tout le contraire d’un jardin accueillant !
©E. Sander

Bloom, une création française de Johan Laure, Habrien Balaud de St-Jean et Guillaume Giraud, architectes. Espace interactif et monochrome, propice à la rencontre et à discussion, il dessine une table de banquet surréaliste pour un festin rouge, qui évoque autant la frustration, qu’un état de gourmandise et d’avidité.
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Bloom, une création française de Johan Laure, Habrien Balaud de St-Jean et Guillaume Giraud, architectes. Espace interactif et monochrome, propice à la rencontre et à discussion, il dessine une table de banquet surréaliste pour un festin rouge, qui évoque autant la frustration, qu’un état de gourmandise et d’avidité.
©E. Sander

Le presse-citron, carte verte à l’artiste Betty Bui dans le parc du Goualoup. Cette œuvre-objet est réalisée avec des buis de Belgique, âgés de 50 ans et taillés. Elle reprend l’idée de l’objet usuel agrandie à l’échelle architecturale et sculpturale du mobilier urbain. Le presse-citron devient alors un élément de vie, de confort,  de repos, de rencontre, de conversation comme une chambre de verdure, avec une dimension privée voir intime de l’espace public.
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Le presse-citron, carte verte à l’artiste Betty Bui dans le parc du Goualoup. Cette œuvre-objet est réalisée avec des buis de Belgique, âgés de 50 ans et taillés. Elle reprend l’idée de l’objet usuel agrandie à l’échelle architecturale et sculpturale du mobilier urbain. Le presse-citron devient alors un élément de vie, de confort, de repos, de rencontre, de conversation comme une chambre de verdure, avec une dimension privée voir intime de l’espace public.
©Chaumont

Purgatorium, une création américaine de David Seiter, Elodie Egonneau, Cecil Howell et Houng Jin Cho, paysagistes, et Loïs Farningham, artiste. Ce jardin, entraînant dans un cheminement vers un « purgatorium », évoque celui de Thomas d’Aquin, qui a ainsi conceptualisé l’idée des péchés capitaux : soit on désire un bien, soit on fuit un bien que l’on désire comme un mal.
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Purgatorium, une création américaine de David Seiter, Elodie Egonneau, Cecil Howell et Houng Jin Cho, paysagistes, et Loïs Farningham, artiste. Ce jardin, entraînant dans un cheminement vers un « purgatorium », évoque celui de Thomas d’Aquin, qui a ainsi conceptualisé l’idée des péchés capitaux : soit on désire un bien, soit on fuit un bien que l’on désire comme un mal.
©E. Sander

La Balance, création anglo-saxonne de Simon Kitchin et Hwang Hay Jounet. Entre le vice ou la vertu, le bien ou le mal, à la recherche d’un juste milieu matérialisé par une plate-forme oscillante qui se stabilise lorsqu’on monte sur ses deux extrémités pour établir un équilibre, toujours précaire et fragile.
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La Balance, création anglo-saxonne de Simon Kitchin et Hwang Hay Jounet. Entre le vice ou la vertu, le bien ou le mal, à la recherche d’un juste milieu matérialisé par une plate-forme oscillante qui se stabilise lorsqu’on monte sur ses deux extrémités pour établir un équilibre, toujours précaire et fragile.
©E. Sander

Le jardin déchêné, une création française de Romain Bardin, ingénieur paysagiste, Manon Chevalier, élève ingénieur paysagiste et Antonietta Masillo, anthropologue. Inspiré par la fable de Jean de La Fontaine « Le Chêne et le Roseau », mise en scène d’un arbre brisé par sa chute et du vent, bourreau de l’orgueil destructeur.
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Le jardin déchêné, une création française de Romain Bardin, ingénieur paysagiste, Manon Chevalier, élève ingénieur paysagiste et Antonietta Masillo, anthropologue. Inspiré par la fable de Jean de La Fontaine « Le Chêne et le Roseau », mise en scène d’un arbre brisé par sa chute et du vent, bourreau de l’orgueil destructeur.
©E. Sander

Haute-Culture, une création française de Valentin Fayet, architecte DE, Pauline Legroux, architecte d’intérieur et Jean Pouillart, créateur de jardins, éditeur de nouveautés végétales. Sur un podium des robes extravagantes que l’on peut endosser le temps d’une photo, ou que l’on peut admirer secrètement à travers des masques.
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Haute-Culture, une création française de Valentin Fayet, architecte DE, Pauline Legroux, architecte d’intérieur et Jean Pouillart, créateur de jardins, éditeur de nouveautés végétales. Sur un podium des robes extravagantes que l’on peut endosser le temps d’une photo, ou que l’on peut admirer secrètement à travers des masques.
©E. Sander

Croquis du jardin Péchés virtuels, une création française signée Annemarie Arbefeuille, photographe plasticien, Gérard Pontet, paysagiste et Pierre Froissac, plasticien volume. Dans cet éden de végétaux libres et ondulants, deux grandes ailes photographiques, mémoire d’un ange déchu tombé dans une belle nature sauvage, illustrent les péchés de fiction, tableau où s’exprime une nouvelle nature magique et hallucinée.
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Croquis du jardin Péchés virtuels, une création française signée Annemarie Arbefeuille, photographe plasticien, Gérard Pontet, paysagiste et Pierre Froissac, plasticien volume. Dans cet éden de végétaux libres et ondulants, deux grandes ailes photographiques, mémoire d’un ange déchu tombé dans une belle nature sauvage, illustrent les péchés de fiction, tableau où s’exprime une nouvelle nature magique et hallucinée.
©Chaumont

Pour l’amour de Tongariro, une création française de Grégory Dubu et Rozenn Duley, paysagistes DPLG. Expression de la colère et de la jalousie, ce jardin évoque une légende de la mythologie Maori : Les volcans Taranaki et Ruapehu tombent tous les deux amoureux du volcan Tongarrio et se disputent son amour.
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Pour l’amour de Tongariro, une création française de Grégory Dubu et Rozenn Duley, paysagistes DPLG. Expression de la colère et de la jalousie, ce jardin évoque une légende de la mythologie Maori : Les volcans Taranaki et Ruapehu tombent tous les deux amoureux du volcan Tongarrio et se disputent son amour.
©E. Sander

Le jardin mis en boîte, une création française d’Alexandra Lehec et Victor Lepage, architectes, et Kevin Lemonnier, palynologue (spécialiste des pollens). Une architecture de boîtes de conserve de supermarchés pour dénoncer la société de surconsommation, l’avarice, la gloutonnerie, le gaspillage des denrées alimentaires, alors que d’autres sociétés connaissent la misère et la pénurie.
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Le jardin mis en boîte, une création française d’Alexandra Lehec et Victor Lepage, architectes, et Kevin Lemonnier, palynologue (spécialiste des pollens). Une architecture de boîtes de conserve de supermarchés pour dénoncer la société de surconsommation, l’avarice, la gloutonnerie, le gaspillage des denrées alimentaires, alors que d’autres sociétés connaissent la misère et la pénurie.
©E. Sander

Article publié le 22 mai 2014

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