Les jardins partagés, un espoir de réinsertion

David Prud’Homme a choisi de travailler sur des jardins partagés au service des défavorisés. Comment des individus peuvent se réinsérer en s’occupant de jardins, en communiquant entre eux et s’installant dans un bâtiment désaffecté laissé à l’abandon ? Passionné d’agriculture, David s’est posé la question : Comment allier agriculture et architecture, au service du problème de l’exclusion ?

Un entrepôt sur le canal de l’Ourcq à Paris avec un espace autour réaménagé en parc végétal.

L'Accès-Maid (Magister Architecture Intérieure - Design) est le diplôme délivré ) l’Académie Charpentier, après  examen devant un jury professionnel. Nda a fait partie du jury 2011. Chaque élève devait trouver un projet de recherche, selon ses centres d’intérêt et cadré dans un lieu réel. Durant toute sa 5è année de scolarité,  il fait des relevés des lieux, des enquêtes photographiques, sociologiques, des analyses historiques et une maquette du projet avant de faire une présentation orale au jury. Un élève a séduit par son projet humanitaire et aussi éco-citoyen.

Les jardins partagés au service des défavorisés ou comment des individus peuvent se réinsérer en s’occupant de jardins?
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Les jardins partagés au service des défavorisés ou comment des individus peuvent se réinsérer en s’occupant de jardins?
©DR

Le concept

L’objectif est de proposer un travail manuel autour de l’agriculture hydroponique (ou agriculture hors-sol), afin que des personnes défavorisées  subviennent à leurs besoins et de garantir la viabilité de leur réinsertion. La productivité de cette forme d’agriculture permet aux « jardiniers » de vendre les légumes (paniers bio sur place ou acheminés vers la Villette grâce au canal de l’Ourcq ou Amap qui récupère les produits).

Sur deux ans, ils vont acquérir une expérience professionnelle horticole et vont acquérir en autonomie ainsi qu’en liberté en accédant à un logement. La culture maraîchère étant le détonateur de leur passage du communautarisme à l’individualisme. Il s’agit de décloisonner et de faire revivre un entrepôt désaffecté tout comme les occupants afin de les remettre au cœur de la ville, de leur donner un travail qui les intègrera à nouveau dans la société. Les « jardiniers », hommes et femmes exclus par la société, victimes de l’isolement, d’une rupture économique ou affective, marginalisés… tous en quête d’un abri pour se poser afin de se reconstruire.

Un projet humanitaire et aussi éco-citoyen.
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Un projet humanitaire et aussi éco-citoyen.
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Le programme et parti architectural d’un ancien hangar de la CCI à Pantin

Un entrepôt sur le canal de l’Ourcq à Paris avec un espace autour réaménagé en parc végétal en partie couvert par le bâtiment permettant aux habitants de redécouvrir ce lieu. Dans le prolongement du parc, on découvrira un marché où seront vendus les produits cultivés dans les potagers intérieurs par nos « jardiniers ». Un accueil recevra les gens en demande de réinsertion, les renseignera, les inscrira et les dirigera vers les étages supérieurs.

Floraison

La 1ère étape de réinsertion se fait autour des plantes en floraison, aux deux premiers étages. C’est simple, il suffit de récolter et de préparer la vente. 1er contact des jardiniers avec les plantes. Les espaces de repos sont réduits à une simple chambre avec un lit, un placard et un bureau. Le reste se fait dans des espaces communs à ce stade. Ils servent à leur réapprendre les bases de la vie en commun (cuisine, sanitaires, laverie, lieux de détente…).

Les semis sont cultivés dans les potagers intérieurs cloisonnés.
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Les semis sont cultivés dans les potagers intérieurs cloisonnés.
©DR

La croissance

Se fait au 3è et 4è étage, c’est une période de transition où l’on surveille les plants. L’accès à une douche dans le logement devient une acquisition. Pouvoir s’isoler pour prendre soin de soi est un plus pour une bonne  réinsertion.

Le semis

On fait germer les graines au dernier étage qui est le plus lumineux. Cette étape importante et difficile ne peut être réalisée qu’en phase finale. A cet étage, le jardinier a un logement individuel et équipé. Il peut recevoir amis, famille  ou en fonder une.

Espaces de rencontre

Ils permettent de recréer des liens avec l’extérieur, de communiquer et échanger. Une cantine permet l’accueil d’écoles où les enfants pourront aussi déguster les légumes cultivés. Un jardin pédagogique leur sera ouvert afin que nos jardiniers leur fassent découvrir ce qu’ils ont appris.

Ainsi par l’élévation, ce lieu symbolise le processus de la réinsertion du communautarisme à l’individualisme.

Nda a trouvé ce projet utopique mais tellement positif…

Finalement avec plus de maturité et de développement… qui peut dire le devenir de ce projet?

Fiche technique:
Projet de David Prud’Homme
D3prudhomme@gmail.com
Tél. : 06 25 66 12 16

Académie Charpentier
2 rue Jules Chaplain
75006 Paris

www.ndamagazine.com

Article publié le 31 juillet 2012

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