L’Arum, belle de loin !

Il y a « Arum » et « Arum des fleuristes ». Cette dernière, belle et longue fleur blanche, souvent utilisée pour les bouquets de mariées ou les décorations d’églises n’est en fait pas un Arum, mais un Zantedeschia originaire d’Afrique du Sud. Symbole de beauté magnifique, elle reste encore très recherchée tout au long de l’année en France, en Italie et en Espagne pour sa tige élancée.
L’Arum, le vrai, est aussi une très belle fleur qui possède quelques caractéristiques supplémentaires : toxique et malodorante ! Comme quoi l’habit ne fait pas le moine, et la fleur ne fait pas le parfum.

L'Arum, la fleur symbolique des bouquets de mariées
Prénommé ainsi par les fleuristes après que tant d’amateurs de cette fleur n’aient trop souvent fait la confusion, l’Arum des fleuristes est une plante vivace à tubercules qui aime les terrains humides et ombragés. Au point qu’il lui arrive de perdre ses feuilles au cours de l’été lorsque le terrain est trop sec. Son parfum délicat est très apprécié. Quant à sa couleur, majoritairement blanche, elle peut-être aussi jaune, rose, orange, rouge et parfois presque noire.

Bien qu’elle soit très séduisante, son fruit, des baies qui poussent en grappe, reste tout de même toxique tout comme son feuillage et sa sève. Laissez-la donc hors de portée des animaux chez qui le masticage des ces fleurs peut devenir mortel. Pour les hommes aussi, elle n’est pas sans conséquences. Ingérer les feuilles ou les fruits entraîne une sensation immédiate de brûlure dans la bouche ainsi qu’un œdème local qui peut empêcher d’avaler et de respirer. Cela s’aggrave si on l’avale avec des douleurs du système digestif. Pour les plus téméraires, on peut néanmoins en manger le rhizome après une longue cuisson qui élimine les toxines.

L’Arum des fleuristes fleurit de mai à août et, pour les variétés blanches, peut résister au gel jusqu’à moins 14°C. Les variétés colorées, quant à elles, doivent être rentrées si le thermomètre descend en dessous de moins 10°C. Elle est aussi très facile d’entretien : un arrosage copieux pendant le printemps, moins important en automne, ainsi qu’une taille pour éviter la formation de ses fruits toxiques font l’affaire. Pensez également à la rempoter au mois de septembre. Enfin, bien qu’elle s’utilise beaucoup en bouquet, elle peut aussi se cultiver en pots, dans une véranda ou en massif.

Quant à sa cousine malodorante, l’Arum (tout court !), les botanistes la nomme Dracunculus vulgaris, le dragon serpentaire ou l'Arum puant. Tout un programme ! Son odeur est l’une des plus repoussantes du monde et sert à attirer les mouches qui transportent le pollen. Sa survie en dépend, car ce sont ces mouches qui assurent sa succession. L’Arum titan, dont l’inflorescence est la plus grande du monde avec ses 2 mètres de haut et ses 70 kilos, possède ainsi en son sein un véritable grouillement d’asticots.

De la famille des Araceae, cette fleur possède jusqu’à 25 espèces différentes, dont la plus grande diversité se situe sur les terres méditerranéennes. En outre, toutes ses parties, absolument toutes, sont vénéneuses. La toxicité vient de l'oxalate de calcium très dangereux et dont les enfants font encore trop souvent les frais.

Si vous décidez de planter une serpentaire dans votre jardin, ne la plantez pas trop près de la maison. Par beau temps et durant la floraison, l'odeur de charogne est insupportable. Mais vous pourrez toujours inviter vos amis pour leur faire deviner d’où vient l’odeur. Effet garanti !

Avec l’Arum, la nature prouve une nouvelle fois à quel point elle peut être étonnante.
Article publié le 5 mai 2010

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