A Bruxelles, la dentelle change de statut

De l’artisanat d’art à l’art contemporain, il y a un pas – de géant - que les organisateurs de la Biennale de Bruxelles ont franchi au risque de créer du rififi dans la dentelle…

raija jokinen (finlande)
Grand prix de la reine Fabiola 2006 : Erna van Sambeek (Pays-Bas)
« Si la dentelle bouge, c’est que tout est amené un jour ou l’autre à bouger… » Voilà l’opinion largement partagée par le public venu assister à la 12ème Biennale Internationale de la Dentelle de Bruxelles.

C’est qu’ici, plus que partout ailleurs, la dentelle est l’objet d’un véritable culte… C’est dire s’il était iconoclaste d’oser instaurer en cette ville une biennale qui récompenserait un créateur ayant permis de l’inscrire en tant que « medium d’art contemporain » !

De l'artisanat à l'art...

Fuseau d'Or 2006, Raija Jokinen (Finlande)
Ainsi, après l’éclatement de la peinture, l’explosion de la sculpture, le développement des installations les plus étranges dans les différentes foires d’art contemporain et l'essor considérable de l’art textile, c’est au tour de la dentelle de s’affirmer comme un support à part entière.

En manifestant leur désir d’émancipation de l’artisanat traditionnel, les artistes dentelliers sélectionnés à Bruxelles ont bel et bien entériné la révolution qui secoue l’univers de la dentelle.

L’œuvre avant toutes choses...

Fuseau de Bronze 2006 : le livre dentellier de Leïla Brett (France)
Quant aux débats qu’elle provoque, ils rendent bien compte de ce qui se joue ici. Querelle des anciens et des modernes alors ? Pas uniquement… Plutôt un changement de paradigme, l’émergence d’une autre notion de la dentelle, libérée du carcan du devoir artisanal… Tel semble être du moins, le positionnement de ces artistes.

Ces derniers pour qui seule compte l’œuvre ne veulent plus avoir à se justifier. Alors, qu’importe la technique pourvu qu’on ait l’ivresse ? Pas si simple… Suffit-il dorénavant de suggérer la dentelle pour être considéré comme un artiste ès dentelle ? A bien y réfléchir il semble que ce soit la question elle-même qui ne présente pas d’intérêt. Car comme le dit Fanny Viollet, ce qui compte en fin de compte, c’est l’œuvre et rien d’autre.

Jean-Charles Durand
Article publié le 18 mai 2009

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