Boro textiles japonais en indigo

En japonais Boro veut dire "guenille" ces textiles oubliés, réalisés à partir du XVIIIème par une population pauvre du nord est du Japon sont exposés pour la première fois à Paris à la Galerie Fronteria. Montés sur châssis, ils sont rendus admirables de délicatesse dans leur imperfection.

Maintes fois rapiécés, les pièces de tissus unis ou non sont assemblés avec délicatesse sur une autre toile créant un patchwork émouvant.

Au Nord est du Japon les villes d' Aomori et Akita, au XVIIIème et XIXème siècle sont couvertes de neige de novembre à mars. La population pauvre de cette région pendant l'époque Meiji, pêcheurs et fermiers récupéraient les textiles usagés en les rapièçant pour en créer d'autres, fixés au petit point et point de reprise dans le même esprit que le sashiko, de nouveaux textiles prenaient forme pour réaliser des vêtements, des futons, des couvres- lits,...

L'indigo est toujours présent, dans différentes tonalités du bleu au noir du délavé au soutenu.
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L'indigo est toujours présent, dans différentes tonalités du bleu au noir du délavé au soutenu.
©Laurence Wichegrod

Maintes fois rapiécés les boros racontent chacun leur histoire, la vie de tous les jours, le travail et les fêtes, les joies et les peines qui marquaient cette société agraire. La technique de couture utilisé par les femmes japonaises durant l'hiver pour réparer les futons et le vêtements de ferme (noragi) était simple : des morceaux de tissus recouvraient les zones usées et les trous dans les tissus afin de prolonger leur durée de vie.

Les toiles indigo de toutes provenance reprennent vie en assemblages asymétriques
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Les toiles indigo de toutes provenance reprennent vie en assemblages asymétriques
©Laurence Wichegrod

Boro, en japonais signifie "guenilles" ; c'est le terme utilisé pour décrire les vêtements et les toiles de lit en coton faits de tissus recyclés dans les tons indigo. La récup' n'était pas alors à la mode, mais juste une nécessité, pour se vêtir et se protéger du froid.

Un reprisage fin et serré permet de réutiliser les toiles élimées.
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Un reprisage fin et serré permet de réutiliser les toiles élimées.
©Laurence Wichegrod

L'indigo (sukumo) pour teindre en bleu et noir était cher et précieux, car il provenait du sud du Japon. Selon la région les gens teignaient aussi avec des plantes locales. Les tissus en coton étaient précieux, car les plantes à coton ne poussaient pas dans la région, Les japonais portaient des vêtements en chanvre, les superpositions permettait d'apporter de la chaleur et de se protéger du froid.

Des unis, des morceaux de toutes tailles se parsèment sur cette toile magnifique reconstituée.
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Des unis, des morceaux de toutes tailles se parsèment sur cette toile magnifique reconstituée.
©Laurence Wichegrod

Cette pratique culturelle est depuis longtemps disparue. Les boros inutilisés sont mis de côté, jetés et parfois même détruits volontairement par une société japonaise voulant cacher son passé, et peu sont pavenus jusqu'à nous.

Boros des guenilles devenues des toiles recherchées, témoins d'un passé et d'un savoir faire.
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Boros des guenilles devenues des toiles recherchées, témoins d'un passé et d'un savoir faire.
©Laurence Wichegrod

La Fronteria, Philippe Boudin ( Galerie Mingei Japanese Arts)  Gordon Reece vous accueille du 5 octobre au 5 novembre du mercredi au dimanche de 15H à 19h30,  11 rue Jules Chaplain Paris VIème

www.lafrontiera.info/
https://fr-fr.facebook.com/LaFrontiera11/

Article publié le 24 octobre 2017

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